Cinéma

FIFM 2013: Coup de projecteur sur le cinéma mondial à Marrakech

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fifmLa ville de Marrakech s’apprête à accueillir, vendredi soir, son désormais grand Festival international du film (FIFM) qui célèbre cette année son 13-ème anniversaire, fort d’un parcours remarquable qui a valu à la Cité ocre sa réputation de carrefour incontournable du cinéma national et mondial.

« Bienvenue à tous les amoureux du cinéma et du Maroc! », c’est ainsi que la directrice du FIFM, Mme Mélita Toscan Du Plantier, a voulu accueillir, dans une déclaration à la MAP, les invités de cette édition, fière de voir d’année en année s’accomplir « ce que nous avons toujours voulu que soit le Festival de Marrakech: le carrefour de la création en accueillant les artistes du monde entier ».

Jusqu’au 7 décembre, cinéphiles et artistes d’exception, au talent connu ou à reconnaître, du Maroc et d’ailleurs, investiront ainsi les différents lieux de la ville dédiés à la projection des films de la sélection officielle, y compris la très emblématique place Jamaa Lafna et le palais des congrès qui accueillera les cérémonies d’ouverture et de clôture.

Premier temps fort de cette édition, la cérémonie d’ouverture sera suivie par la projection, en hors compétition, du film indien « Ram-Leela », présenté simultanément dans ces deux endroits en présence de l’équipe du film, notamment le réalisateur Sanjay Leela Bhansali et la comédienne Deepika Padukone, une première dans l’histoire du festival qui aspire à s’ouvrir davantage au public.

Au total, plus de 110 films représentant 23 nationalités seront projetés durant le festival, dont une quinzaine en lice pour la très convoitée Etoile d’Or, une sélection qui, de l’avis du directeur artistique de l’événement Bruno Barde, « exprime à la fois un regard sur l’expérience cinématographique en cours et l’actualité de nos sociétés que narrent les cinéastes ».

« Nous sommes les observateurs privilégiés d’une création en mouvement qui s’accapare l’homme et le monde pour nous offrir des oeuvres personnelles, puissantes, audacieuses, courageuses, dont Marrakech est heureux d’être l’écrin », souligne-t-il en présentation de la sélection de cette année.

Les critères de sélection sont les mêmes que ceux des années précédentes, à savoir le sérieux du traitement de l’oeuvre, son originalité et la force du thème, a confirmé à la MAP le vice-président délégué de la Fondation du festival, Nour-Eddine Saïl qui met en avant une diversité de visions et d’expériences cinématographiques.

Comme chaque année depuis douze ans, l’accent sera mis sur la découverte avec la compétition dont un jury prestigieux, présidé par le grand producteur et cinéaste américain Martin Scorsese, aura la tâche de départager les quinze longs métrages, dont deux marocains, en lice pour les principaux prix de cette édition: l’Etoile d’or – Grand Prix du festival, le prix du jury, le prix de la mise en scène et les prix de l’interprétation féminine et masculine.

Scorsese sera assisté dans cette mission par la cinéaste marocaine Narjiss Nejjar, les comédiennes américaine Patricia Clarkson, française Marion Cotillard et iranienne Golshifteh Farahani, et les réalisateurs germano-turc Fatih Akin, mexicain Amat Escalante, indien Anurag Kashyap, sud-coréen Park Chan-wook, et italien Paolo Sorrentino.

Un jury dont le président se félicite de la qualité des membres, des personnalités intelligentes passionnées par le cinéma, appelées à émettre des jugements transparents respectant les différents points de vue, même si pour lui il ne peut y avoir de dissociation entre le jugement du coeur et celui de la raison.

En compétition officielle, le Maroc sera représenté par deux films : Traitors (USA-Maroc) de Sean Gullette, réalisateur américain basé à Tanger, et Fièvres (France-Maroc) du franco-marocain Hicham Ayouch.

Leurs oeuvres concourent avec treize autres longs métrages: AGAIN (Japon) de Kanai Junichi, BAD HAIR (Venezuela) de Mariana Rondon, BLUE RUIN (Etats-Unis) de Jeremy Saulnier, HAN GONG-JU (Corée du Sud) de Lee Su-jin, HOTELL (Suède) de Lisa Langseth, HOW I LIVE NOW (Maintenant, c’est ma vie) – Royaume-Uni, de Kevin Macdonald, IDA (Pologne) de Pawel Pawlikowski, LA MARCHE (France) de Nabil Ben Yadir, MEDEAS (Etats-Unis, Italie et Mexique) d’Andrea Pallaoro, THE GAMBLER (Lituanie & Lettonie) d’Ignas Jonynas, THE SWIMMING POOL (Cuba & Venezuela) de Carlos Machado Quintela, THE WISHFUL THINKERS (Espagne) de Jonas Trueba et VIVA LA LIBERTA (Italie) de Roberto Ando.

Le cinéma marocain sera aussi largement représenté à travers la Rubrique « Coups de coeur » qui fera un focus sur la création nationale avec la présentation de quatre films marocains (Derrière les portes fermées de Mohammed Ahed Bensouda, Kanyamakan de Said C. Naciri, Sara de Said Naciri, C’est eux les chiens de Hicham Lasri).

S’y ajoute la compétition Cinécole, lancée il y a trois ans et qui « permet de découvrir et encourager de jeunes talents marocains ».

Créé en 2010 pour la 10e édition du FIFM, ce concours de courts métrages est destiné aux élèves des instituts et écoles de cinéma du Maroc et offre, selon les organisateurs, l’occasion de présenter, pour la première fois au Maroc et dans le cadre d’une manifestation prestigieuse, le cinéma d’école.

Présidé par le cinéaste marocain Nour-Eddine Lakhmari, le jury de cette compétition comprend également la comédienne franco-espagnole Astrid Bergès-Frisbey, la réalisatrice et scénariste italienne Cristina Comencini, l’écrivain, réalisateur et scénariste afghan, Atiq Rahimi et la comédienne, réalisatrice, scénariste et écrivain française, Sylvie Testud.

Par ailleurs, les Masterclass, rendez-vous incontournable du FIFM donnant la parole aux faiseurs du cinéma, seront de retour, avec encore une fois la participation de poids lourds du grand écran à l’instar des cinéastes iranien, Abbas Kiarostami, et américain James Gray, mais aussi le jeune réalisateur danois Nicolas Winding Refn, reconnu à plusieurs reprises pour son style moderne et novateur.

Concernant les hommages du FIFM, très attendus par les festivaliers, les organisateurs ont décidé de célébrer cette année la cinématographie des pays scandinaves, après avoir honoré l’année dernière le cinéma hindi à l’occasion de son centenaire, et bien d’autres expériences cinématographiques auparavant, consacrant ainsi la tradition d’ouverture du festival sur les cinémas du monde.

La fiction Scandinave s’invite alors à Marrakech, avec pas moins de 34 films qui seront projetés et discutés par la communauté des artistes et des critiques du septième art.

Le festival prévoit également une série d’hommages à de grandes figures du cinéma mondial, aux côtés de l’acteur marocain populaire Mohamed Khouyi, notamment la star américaine Sharon Stone dont le rôle dans CASINO de Martin Scorsese, lui avait valu un Golden Globe ainsi qu’une nomination à l’Oscar de la Meilleure Actrice, ou encore la Française Juliette Binoche, comédienne au rare talent et reconnue internationalement, avec à son actif notamment les Prix d’Interprétation des Festivals de Cannes, Venise et Berlin, ainsi qu’un César, un BAFTA et un Oscar.

Du Japon, sera honoré le cinéaste Kore-Eda Hirokazu, acclamé par la critique internationale et sollicité par les plus grands festivals, dont Cannes et Venise, alors que le cinéma argentin sera célébré en la personne du réalisateur Fernando Solanas.

Les festivités du FIFM prendront fin samedi 7 décembre avec la projection, en hors compétition, du film suédois WE ARE THE BEST! de Lukas Moodysso, consécutive à l’annonce du Palmarès, lors de la cérémonie de clôture, ultime moment fort de cette 13-ème édition.

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