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Elections en Mauritanie: large victoire du pouvoir, les islamistes en seconde position

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elect-mauriL’Union pour la République (UPR) au pouvoir en Mauritanie, a largement remporté le premier tour des élections législatives et municipales du 23 novembre, loin devant le parti islamiste Tewassoul, a annoncé mardi la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Sur les 121 sièges attribués au premier tour parmi les 147 que compte l’Assemblée nationale, l’UPR en a remporté 56, soit 46%. Tewassoul en a obtenu 12, soit 10%, selon les résultats donnés par la Céni.

Un second tour est théoriquement prévu samedi pour renouveler 26 sièges dans 16 circonscriptions où l’UPR est en ballottage favorable.

Trois partis de l’opposition dite modérée arrivent après Tewassoul et obtiennent 19 sièges, soit 31 pour l’ensemble de l’opposition. Ces partis sont El-Wiam (8 sièges), dirigé par d’ex-hauts responsables du régime de Maaouiya Ould Taya (1984-2005), l’Alliance populaire progressiste (APP, 7 sièges) du président de l’Assemblée sortante, Messaoud Ould Boulkheir et l’Alliance pour la justice et la démocratie, mouvement pour la rénovation (AJD/MR, 4 sièges).

Ce dernier parti est dirigé par un journaliste, Ibrahima Moctar Sarr, candidat malheureux à la présidentielle de 2009.

Le reste des sièges, 34 au total, est partagé entre quatorze petits partis de la majorité présidentielle qui s’achemine ainsi vers une très large majorité dans la nouvelle Assemblée nationale.

L’UPR est également arrivée en tête du premier tour des élections municipales qui avaient lieu le même jour en gagnant 81 des 218 communes que compte la Mauritanie.

Dans ces élections, l’UPR est suivie du Sursaut de la jeunesse, un parti de la majorité présidentielle, qui a gagné dans quatre communes. Deux autres partis, El-Wiam et Tewassoul, obtiennent respectivement quatre et trois communes, alors que six autres se partagent six municipalités.

Un total de 120 communes sont à pourvoir au second tour dans lesquelles le parti au pouvoir est majoritairement en ballotage favorable, y compris dans neuf circonscriptions de Nouakchott où il sera face à Tewassoul dans cinq d’entre elles.

La date du samedi 7 décembre prévue pour le second tour des législatives et des municipales sera difficilement tenable et le report est désormais inévitable, assurent des experts électoraux.

A l’exception de Tewassoul, les dix autres partis membres de la Coordination de l’opposition démocratique (COD, dite opposition radicale) avaient boycotté ces élections organisées selon eux unilatéralement par le pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Ils ont demandé lundi leur annulation pure et simple.

La Céni avait annoncé vendredi que le taux de participation était de 75%, un record en Mauritanie, où elle s’était élevée à 64,5% lors de la présidentielle de juillet 2009 et à 73% aux dernières législatives et municipales de 2006.

Le score de Tewassoul dont c’était la première participation à des élections et le taux de participation, après l’appel au boycott de la COD, étaient les principaaux enjeux de ces scrutins auxquels étaient appelés à voter quelque 1,2 million d’électeurs.

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