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Culture du cannabis au Maroc: Le PAM tente de briser le tabou

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champ-cannabis-ketamaLes groupes parlementaires du PAM comptent élaborer une proposition de loi sur la régulation et la légalisation de la culture et de l’exploitation positives du cannabis (Kif) au Maroc.

Intervenant lors d’une journée d’étude organisée par les groupes du PAM au Parlement sur « le rôle de l’exploitation positive de la plante du Kif dans la création d’une économie alternative », M. Hakim Benchamass,  président du groupe du PAM à la Chambre des conseillers, a souligné que les deux groupes « comptent élaborer une proposition de loi qui portera sur la délimitation des surfaces cultivées notamment dans les régions où il est difficile de créer des économies alternatives et la mise en place d’un organisme public qui sera chargé de la culture et la commercialisation de ce produit » dans le sens de l’exploitation positive de cette culture.

Il a rappelé dans ce sens que près de 40 milles agriculteurs sont poursuivis et des avis de recherche ont été annoncés à leur encontre.

Et d’ajouter que cette journée d’étude tenue à la Chambre des représentants qui a bénéficié d’une large couverture médiatique nationale et internationale, vise à transposer le débat sociétal sur le Kif dans son espace naturel qui est le Parlement. Dans le même ordre d’idées, la présidente du groupe du PAM à la Chambre des représentants, Milouda Hazib, a appelé à ouvrir cette question au débat public afin de discuter de l’exploitation positive de cette plante et de son rôle dans l’économie alternative, affirmant que les groupes du parti sont parfaitement conscients des « risques sécuritaires, sociaux et économiques » inhérents à cette question.

Selon Mme Hazib, il est temps de réfléchir « collectivement et à haute voix » sur des propositions et recommandations pour la promotion d’une économie alternative s’articulant autour de cette plante, en mettant à profit les expériences de certains pays du monde qui ont légalisé, valorisé et introduit ce produit dans le cycle économique en orientant son utilisation vers les secteurs industriel, médical et pharmaceutique.

L’initiative des deux groupes parlementaires du PAM se fixe pour objectif la recherche d’une alternative économique pour près d’un million de personnes qui vivent des rentes de cette activité, en combinant les approches économique et sécuritaire, visant la protection de la société des méfaits de cette substance, a-t-elle indiqué.

Notant que cette question revêt des dimensions sociale, sécuritaire, économique et internationale, le président de la Chambre des conseillers, Mohamed Cheikh Biadillah, a appelé à l’ouverture d’un débat parlementaire « serein et responsable » sur ce sujet.

Ce dossier, dont le processus est « long, difficile et couteux », interpelle cinq parties, à savoir les consommateurs, les agriculteurs, l’Etat, les organisations internationales et les marchés de consommation internationaux « qu’il faut convaincre de l’utilité et de la crédibilité de l’industrialisation maîtrisée de cette substance en vue d’assécher les sources alimentant le trafic des drogues », a notamment relevé M. Biadillah, rappelant certaines utilisations industrielles et pharmaceutiques du cannabis.

avec map

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