Economie

Au Maroc, l’aéronautique aiguise l’appétit des investisseurs

bombardier-au-maroc

bombardier-au-marocConsidéré un secteur clé de l’industrie nationale, l’aéronautique est un marché très prometteur qui aiguise, de plus en plus, l’appétit des investisseurs étrangers à venir au Maroc;
Le Maroc se positionne, désormais, en destination privilégiée de la sous-traitance aéronautique, comme en atteste la forte présence des industriels français et canadiens qui ont confiance en le Royaume et aux divers atouts qu’il présente. Selon l’avis des experts, le secteur aéronautique au Maroc affiche un rythme moyen de croissance de 15 à 20 pc par an. Il a enregistré une croissance de 13,8 pc à fin octobre 2013, selon les chiffres de l’Office des changes.La plateforme aéronautique marocaine présente de nombreux avantages qui en font aujourd’hui la « plus compétitive » dans le bassin méditerranéen, avait affirmé à la MAP le Directeur général de l’Agence marocaine de développement des investissements (AMDI), en marge de sa participation fin novembre à Toulouse à la 13ème édition du Congrès aéronautique. »Le Maroc apporte une vraie solution à la question de la compétitivité, notamment pour les grandes compagnies aériennes qui renforcent et renouvellent leurs flottes pour satisfaire la croissance du marché et répondre aux exigences de leur rentabilité », avait fait savoir Ahmed Fassi Fihri.Cette expansion est le fruit du déploiement du Pacte national pour l’Emergence industrielle (PNEI), une feuille de route ciblée, qui, à travers une offre attractive et compétitive, des aides directes à la formation, ainsi qu’une infrastructure d’accueil de qualité, a permis l’édification de véritables centres d’excellence couvrant la production, les services, la maintenance et l’ingénierie.Le développement remarquable du secteur aéronautique s’est traduit par l’extension, en février, de l’usine de Tanger de la société Souriau, spécialisée dans la fabrication de solutions d’interconnexions dédiées aux marchés de l’aéronautique, de la défense et de l’espace, qui passe de 7.500 m² à 10.700 m² de surface de production.Ce développement s’accompagnera d’un plan d’embauches soutenu sur les trois prochaines années, qui permettra à Souriau Maroc de passer à plus de 550 salariés à l’horizon 2016.La zone franche d’exportation de Tanger (TFZ) a été retenue comme lieu d’implantation, en mars 2013, de deux unités industrielles spécialisées dans la fabrication de pièces élémentaires d’aérostructures et le traitement et revêtement de surfaces, à l’usage notamment du secteur de l’aéronautique.Le Royaume met, ainsi, à la disposition des investisseurs du secteur, un cadre favorable pour la réalisation de leurs projets, et ce à travers le programme de déploiement des Plateformes industrielles intégrées (P2I), dont la P2I de Nouaceur, Midparc. Sur le plan de formation des compétences, un partenariat a été établi entre l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA) et Bombardier aéronautique, pour la sélection et la formation de ses futurs employés, conformément aux spécifications et exigences du programme de formation de l’avionneur canadien.Réalisé pour un investissement global de 113,5 millions de dirhams, l’IMA, inauguré par SM le Roi Mohammed VI en mai 2011, a pour mission d’assurer au personnel des entreprises du secteur aéronautique et spatial des formations pré et post-embauche et des cours de perfectionnement dans le but de répondre aux besoins et exigences des entreprises.Pour sa part, l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) avait lancé, en février 2013, la première promotion des mécaniciens d’entretien d’aéronefs (MEA) composée de 90 techniciens spécialisés, dont 5 filles.L’OFPPT a placé le secteur de l’aéronautique, un des piliers du PNEI, parmi ses priorités. Ainsi, sur les 8.400 personnes employées actuellement par cette industrie, près de 90 pc sont des lauréats de l’OFPPT, recrutés par des entreprises comme CREUSET Maroc, EADS Maroc Aviation, Aircell Maroc, SERMP, Aéronautique SEFCAM, Casablanca Aéronautique et ATI.Ainsi, l’Institut spécialisé dans les métiers de l’aéronautique et de la logistique aéroportuaire (ISMALA) à Nouaceur, inauguré en septembre par SM le Roi Mohammed VI, s’impose en tant qu’institut leader destiné à accompagner les entreprises nationales et internationales du secteur de l’aéronautique et contribuer à l’essor économique du pays.Dans ce cadre, la ville d’Agadir a été dotée récemment d’un Institut de l’aviation civile et de l’espace (IACE), fruit d’un partenariat entre l’Université internationale d’Agadir et la société d’ingénierie marocaine « CORE ».Unique sur le Continent africain, ce projet d’un investissement de 10 millions de dirhams (MDH) pour la première année 2014, ambitionne d’être un pôle d’excellence avec de nombreux partenaires africains et européens.Le secteur aéronautique, qui affiche une coloration économique très prononcée, a nécessité l’inauguration, en septembre, de la plateforme industrielle intégrée dédiée aux métiers de l’aéronautique et de l’espace « Midparc ».Avec un investissement de l’ordre de 200 millions de dollars US, le projet Bombardier, qui sera construit au sein de cette plateforme, permettra à terme la création de 850 emplois directs et 4.400 indirects.La plateforme industrielle intégrée Midparc, dont le coût global s’élève à 887,6 MDH, s’étend sur une superficie de 124,4 ha aménagée en deux tranches. Dans ce cadre, quatre conventions ont été signées. Il s’agit des conventions d’investissement entre l’Etat et SAGEM Maroc pour la construction d’une unité spécialisée dans la fabrication d’équipements électriques et mécaniques aéronautiques, avec EADS Maroc Aviation pour la construction des bâtiments industriels et acquisition de biens d’équipement neufs pour la fabrication de composants aéronautiques.Ainsi, une convention entre l’Etat et MK AERO a porté sur la construction d’une unité spécialisée dans l’usinage, l’ajustage et l’assemblage des pièces aéronautiques, alors que celle avec SIMRA Maroc concerne la fabrication des pièces et traitement de surface pour le secteur aéronautique. La création d’un fonds d’investissement, dédié au secteur de l’aéronautique et à la sécurisation de l’approvisionnent de la plateforme en électricité, a également fait l’objet de la signature de deux conventions. Le secteur aéronautique entame, ainsi avec force, une nouvelle phase avec l’arrivée de nouveaux métiers et l’intégration de technologies innovantes à forte valeur ajoutée. Avec tous ces ingrédients, la recette aéronautique marocaine ne peut que séduire aussi bien les investisseurs nationaux qu’étrangers.

Sanae EL OUAHABI

Comments
To Top