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Algérie: la LADDH craint « l’irréparable » à Ghardaïa après la reprise des affrontements intercommunautaires

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ghardaiaLa Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH) a souligné craindre « l’irréparable » dans la région de Ghardaia, après la reprise des affrontements intercommunautaires en dépit de la récente visite du Premier ministre Abdelmalek Sellal dans cette wilaya.

« Les affrontements se poursuivent à Ghardaïa de façon dangereuse et la situation risque de balancer vers l’irréparable », met en garde la LADDH dans un communiqué rendu public samedi.

Les autorités sécuritaires et politiques du pays « ne maitrisent pas la situation, pire nous avons le sentiment qu’à chaque fois qu’elles interviennent cela ne fait qu’aggraver la situation », constate l’ONG, regrettant le manque de « fermeté » et « neutralité » dans la démarche des pouvoirs publics.

Les citoyens de Ghardaïa « pointent un doigt accusateur vers les forces de sécurité qui, par leur comportement, ont enflammé la situation », déplore la LADDH, appelant les populations « à œuvrer au retour du calme » et les autorités « à être à l’écoute des vrais représentants ».

Après le déclenchement en novembre dernier de ces incidents, qui sont partis de la localité d’El Guerrar, à 130 km du chef-lieu de la wilaya, la LADDH avait accusé les forces de l’ordre « d’attitude scandaleuse » et de « parti pris » dans les affrontements entre Mozabites et Chaambis.

L’ONG avait stigmatisé « le fait de cibler les Mozabites lors des interpellations alors que la destruction des biens privés, en plus de celle des biens publics, les a touchés particulièrement ».

La région de Ghardaïa est le théâtre de violences récurrentes entre la communauté mozabite berbérophone, de rite ibadite, et celle des Chaambis arabophones malékites.

Fin décembre dernier, la ville de Ghardaïa, à 600 km au sud d’Alger, a connu un regain de tensions communautaires sur fond d’échauffourées et d’affrontements nocturnes entre les jeunes des deux communautés ayant dégénéré en actes de vandalisme, de pillage, d’incendie des magasins et des véhicules, ainsi qu’en destruction des biens privés.

Un jeune blessé dans ces heurts, qui ont fait des dizaines de blessés parmi les citoyens et les forces de l’ordre, a succombé à ses blessures début janvier.

Lors du dernier Conseil des ministres, tenue le 30 décembre, le président Abdelaziz Bouteflika avait ordonné au gouvernement « d’apporter les solutions appropriées auxquelles aspirent les citoyens de cette wilaya ».

A cet effet, le Premier ministre Abdelmalek Sellal et des délégations représentant les deux communautés ont convenu d’une série de mesures devant permettre le retour à la normale à Ghardaïa, notamment la création d’un conseil de sages en tant qu' »espace d’arbitrage et de conciliation »

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