Cinéma

FNF 2014: « Derrières les portes fermées », un film pour dénoncer le harcèlement sexuel au travail

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bensouda-derriereQuatre ans après son premier long métrage « Moussem Lamchaoucha », le réalisateur marocain Mohamed Ahed Bensouda revient en compétition officielle de la 15-ème édition du Festival National du Film de Tanger (FNF), avec « Derrières les portes fermées », un plaidoyer pour l’adoption au Maroc d’une loi contre le harcèlement sexuel au travail.

Le film, déjà sorti en salles où il s’est hissé à la tête du box-office national pour la quatrième semaine consécutive, traite du phénomène du harcèlement sexuel qui atteint des proportions inquiétantes à travers le monde, mais qui reste jusqu’ici tabou dans les sociétés arabes et marocaine en particulier, confie-t-il à la MAP, en marge de la projection de son film dimanche soir à Tanger. A travers cette oeuvre « tout public », le réalisateur veut prouver qu’il est possible de s’attaquer, à travers le cinéma, à ce genre de tabous de manière tout à fait décente, de nature à ne pas heurter les sensibilités, et partant conforter les efforts de sensibilisation en cours, sous la houlette des associations féminines qui « doivent reprendre le flambeau dans la perspective d’arriver à une loi transparente protégeant la femme marocaine ».

L’objectif est donc à la fois de servir « une bonne cause » que d’offrir « un divertissement » au public, relève-t-il. C’est dans cette optique que « Derrières les portes fermées » aborde, sur un ton léger et humoristique, une question aussi grave que sensible que celle du harcèlement sexuel sous ses différentes manifestations (verbale, intellectuel, corporelle).

Le film raconte l’histoire de Samira (Zineb Obeid), une jeune femme mariée qui mène une vie paisible avec son mari et sa fille, jusqu’au jour où un nouveau directeur (Karim Doukali) va être nommé à la tête de la société où elle travaille. Ce dernier la harcèle et transforme sa vie en un enfer, entre harcèlement, menaces et intimidations.

S’engage alors tout un combat de la jeune femme pour prouver son harcèlement à son encontre, en l’absence d’un texte juridique protégeant la femme contre les agissements de « ce monstre » et de son abus de pouvoir, bénéficiant en cela d’un appui de haut niveau.

L’acteur Karim Doukali s’est félicité, dans une déclaration à la MAP, que l’image de « ce monstre » harceleur qu’il incarne sur le grand écran arrive bien au public, preuve que le message du film est bien assimilé. Mohamed Ahed Bensouda, qui signe son deuxième long métrage, appartient à la nouvelle génération de cinéastes marocains. Après une formation académique, il a accumulé une expérience intéressante auprès des productions internationales tournées au Maroc et n’hésite pas à varier les lieux et les décors de ses films, puisant son inspiration dans l’héritage des contes marocains.

Au total, 22 films sont en lice pour le Grand Prix dans la catégorie long-métrage du 15-ème FNF de Tanger, grande manifestation cinématographique de la ville du Détroit dédiée au 7-ème art national, dont le jury est présidé par l’ancien ministre et universitaire Abdallah Saâf.

Amal TAZI

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