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Vol MH370: les recherches s’orientent vers l’Océan indien

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rechercheLes recherches pour l’avion de Malaysia Airlines se sont étendues à l’Océan indien vendredi, après de « nouvelles informations » citées par la Maison Blanche suggérant que l’appareil a continué de voler pendant plusieurs heures après sa disparition des écrans radar il y a six jours.

« D’après ce que je comprends, sur la base de nouvelles informations, pas nécessairement concluantes, mais nouvelles, la zone de recherches serait élargie à l’Océan indien« , a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney.

Plusieurs médias américains, citant de hauts responsables, affirment que le Boeing 777 a continué de transmettre un signal automatique pendant plusieurs heures après avoir disparu des radars. Les systèmes de transmission ont régulièrement cherché à se connecter à un ou plusieurs satellites relais, selon ces mêmes sources.

La Marine américaine a envoyé un navire et un avion dans cette zone, a indiqué à l’AFP un responsable de la Marine américaine, sous couvert de l’anonymat.

« L’USS Kidd transite par le détroit de Malacca en route pour l’Océan indien« , a déclaré jeudi le responsable, se référant à l’un des deux destroyers américains qui participent aux recherches, aux côtés de l’USS Pinckney. Les deux navires étaient jusqu’à présent déployés dans le golfe de Thaïlande.

Le mystère reste entier

Près d’une semaine après sa disparition, le mystère reste entier sur le sort du vol MH370 qui effectuait la liaison Kuala Lumpur-Pékin avec 239 personnes a bord.

« Je ne me souviens pas d’une autre affaire de ce type, où l’on disposait d’aussi peu d’indices sur ce qui s’est passé« , déclare Ravikumar Madavaram, expert en aérospatial au cabinet de consultants Frost & Sullivan Asia Pacific.

Les recherches se sont concentrées dans un premier temps en mer de Chine méridionale, à l’est de la Malaisie, le long de la route que devait emprunter le Boeing 777. La dernière position connue était à mi-chemin entre les côtes de Malaisie et du Vietnam.

Echiquier et terrain de foot

Avec l’extension vers l’Océan indien, la troisième mer la plus vaste au monde caractérisée par une profondeur moyenne de presque 3900 mètres, la zone à balayer est immense.

C’est comme passer d' »un échiquier à un terrain de football« , a indiqué sur CNN le commandant William Marks, de la 7e flotte américaine. La Marine américaine continue d’opérer sous la coordination de la Malaisie, a ajouté le militaire.

Le gouvernement malaisien est au courant des informations de la Maison Blanche et des médias américains, et les examine, a indiqué à l’AFP un responsable des opérations, sans vouloir commenter plus avant.

L’absence d’indice sur le sort de l’appareil et la gestion jugée confuse de la crise a suscité colère et tristesse en Malaisie et en Chine, dont 153 ressortissants étaient à bord.

Le gouvernement malaisien a souligné la nature « exceptionnelle » de cette disparition, les pistes -qui jusqu’à jeudi se sont toutes révélées fausses- ayant tour à tour concentré les recherches vers l’est ou vers l’ouest de la péninsule malaisienne.

L’avion s’est volatilisé une heure après avoir décollé à 00H40 de Kuala Lumpur samedi. Les conditions météo étaient bonnes et aucun signal de détresse n’a été reçu.

« Les dernières (données) transmises par l’appareil ont eu lieu à 01H07 et indiquaient que tout était normal« , avait déclaré jeudi le ministre malaisien des Transports, Hishammuddin Hussein.

Fausses pistes, informations contradictoires et rumeurs les plus folles ont émaillé les recherches du Boeing 777, dont la disparition mystérieuse déroute experts et autorités.

Une désactivation manuelle?

Les tentatives d’explication vont de l’explosion à bord au détournement, en passant par de graves problèmes techniques, la frappe d’un missile, voire le suicide du pilote. Le Boeing 777 est l’un des appareils les plus sûrs au monde.

« Il y a tellement d’histoires qui circulent. Ce matin, un homme m’a assuré que l’avion avait atterri en Afrique« , a déclare Subramaniam Gurusamy, un Malaisien de 60 ans dont le fils était à bord. « Comment vais-je expliquer à mes petits-enfants que personne ne sait où est leur père?« .

Si l’appareil a effectivement continué de voler quatre heures, il a pu parcourir 2200 milles supplémentaires et atteindre l’Océan indien, le Pakistan ou même la mer d’Arabie, si l’on se base sur sa vitesse de croisière.

Gerry Soejatman, analyste dans le secteur de l’aviation, doute que le Boeing ait pu voler au-dessus de l’Océan indien pendant aussi longtemps sans apparaître sur des écrans radar, étant donné le nombre de radars militaires déployés sur cette zone par la Malaisie, l’Inde, la Thaïlande et l’Indonésie.

« Comment aurait-il pu faire? Et si c’est le cas, combien de militaires vont être virés?« , déclare-t-il.

Selon la télévision américaine ABC, le système d’enregistrement des données et le transpondeur -l’appareil qui permet de signaler la position en vol aux radars au sol et aux autres avions à proximité- ont arrêté de fonctionner à 14 minutes d’intervalle.

ABC avance que cet écart pointe vers une désactivation manuelle des deux systèmes.

Mais Gerry Soejatman là encore est circonspect. « Nous avons eu des cas où un incendie éclate dans le cockpit et les systèmes s’arrêtent l’un après l’autre« , note-til. Un laps de temps entre deux arrêts ne signifie pas que la désactivation a été volontaire, ajoute-t-il.

AFP

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