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Maroc : Le HCR déplore le « refoulement » d’un groupe de réfugiés syriens

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aeroport-casaLe Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a déploré lundi le « refoulement » par le Maroc de 15 réfugiés syriens, embarqués sur un vol vers la Turquie, et exhorté Rabat à accorder une protection temporaire aux autres ressortissants de ce pays.

« Ce matin, selon les informations que nous avons pu obtenir, sur un groupe de 21 personnes dont une dizaine d’enfants, 15 ont été envoyées par avion sur Istanbul », a déclaré à l’AFP la représentante du HCR au Maroc, Ursula Schulze-Aboubacar, précisant que les six autres –dont « une femme enceinte »– se trouvaient dans l’après-midi en « zone de transit » à l’aéroport de Casablanca.

« J’ai essayé de prendre contact avec les autorités, sans succès. J’ai contacté des organisations de droits de l’Homme, nous avons tout essayé. J’étais même à l’aéroport hier (dimanche) mais on ne nous a pas donné accès aux Syriens », a-t-elle ajouté.

Mme Schulze-Aboubacar a affirmé que le HCR avait arrêté le mois dernier l’enregistrement des réfugiés syriens au Maroc, après que les autorités eurent évoqué l’imminence d’un programme de régularisation, et avec la « promesse », d’ici là, d’une « garantie du non-refoulement ». « C’est pour cela que le refoulement de ce matin me déçoit », a-t-elle commenté.

Sollicitées par l’AFP, les autorités marocaines n’avaient pas donné suite en début de soirée.

Selon le HCR, ce groupe de 21 Syriens est entré au Maroc « il y a une semaine » via la frontière algérienne, « comme 90% » des réfugiés de ce pays, avant d’être appréhendés par la police à Saïdia (nord), ville frontalière sur la côte méditerranéenne.

« Comme pour les autres, ils ont traversé de façon irrégulière. Mais dans le droit d’asile, cela ne les criminalise pas. Surtout, concernant les Syriens, on fait des demandes aux pays du monde entier au nom de la solidarité », a plaidé la responsable onusienne.

– « Protection temporaire »

Plus généralement, « on demande aux pays d’être tolérants, de donner une protection temporaire jusqu’à ce que la situation s’améliore » en Syrie, a-t-elle fait valoir.

A ce titre, elle a appelé les autorités du royaume à « fixer une date » pour la mise en œuvre de ce statut temporaire, évoquant divers délais au cours des derniers mois.

Le HCR affirme avoir enregistré au total un peu plus d’un millier de réfugiés syriens, jusqu’en février dernier, date à laquelle il dit avoir obtenu de nouvelles assurances d’un programme spécifique imminent. « Depuis, nous attendons » un signe des autorités, a avancé Mme Schulze-Aboubacar.

Le Maroc a récemment durci le ton à l’égard des réfugiés syriens. Vendredi dernier, le ministère de l’Intérieur a menacé d’expulser certains de ces réfugiés, accusés de « perturber les mosquées et les fidèles » en s’adonnant à la mendicité voire, selon certains médias, en tenant des « discours politiques ».

Au début du mois, le ministère des Habous et des Affaires islamiques avait adressé une première mise en garde, affirmant avoir « appris que des ressortissants syriens (…) se rendent dans certaines mosquées des grandes villes où ils tiennent des propos qui ne doivent pas être prononcés dans des lieux de culte ».

D’après des responsables d’ONG, sous couvert d’anonymat, plusieurs centaines de Syriens se trouveraient par ailleurs à proximité des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres entre l’Europe et l’Afrique, où ils tenteraient de rentrer à l’aide de faux documents d’identité marocains.

afp

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