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Badou Zaki nouveau sélectionneur des Lions de l’Atlas

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zakilkjaaBadou Zaki est le nouveau sélectionneur de l’équipe nationale de football, a annoncé vendredi la Fédération royale marocaine de football (FRMF) en conférence de presse à Rabat.

Zaki, 55 ans, reprend en main les destinées des Lions de l’Atlas dix ans après les avoir conduit jusqu’en finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2004: défaite du Maroc devant la Tunisie 2 buts à 1.

Joueur comme entraîneur, Badou Zaki s’est imposé une discipline et une rigueur dignes des grands compétiteurs, quitte à faire grincer des dents et susciter des incompréhensions, voire des animosités.

Mais, ces griefs, généralement injustifiés, importent peu pour quelqu’un qui a joué dans la cour des grands, qui a connu la gloire avec les Lions de l’Atlas et qui est toujours considéré comme un héros dans sa ville adoptive, Majorque, la célèbre station balnéaire qui a érigé une stèle à son effigie, parce que grâce à ses miracles dans les bois, l’équipe locale a atteint les sommets en Espagne.

Tant dans la cage que sur le banc, Badou Zaki dégage la même autorité, la même exigence de dépassement de soi, la même envie de tout donner, le même amour pour les couleurs, surtout quand celles-ci sont en rouge avec une étoile en vert au milieu.

Tout au long de sa longue carrière de joueur et de coach, Zaki a développé un charisme exceptionnel qui lui a permis de cultiver une image de respect, doublée d’un flegme peu recommandable dans le milieu footballistique rompu aux complaisances, pour ne pas dire hypocrisie. La tiédeur de ses relations avec la presse et un professionnalisme poussé à l’extrême lui ont parfois joué de mauvais tours dans ce microcosme embourbé dans l’amateurisme.

Son départ de la barre technique de la sélection marocaine alors qu’il n’a concédé aucune défaite au cours des éliminatoires du Mondial-2006 a laissé des regrets chez ceux qui le voulaient continuer son œuvre, d’autant que les prémices d’une nouvelle génération étaient bien perceptibles.

Victime d’un lâche lynchage médiatique bien orchestré, il a préféré partir en toute dignité, son credo de toujours. Dix-huit mois auparavant, ceux qui l’ont descendu en flammes étaient ceux-là mêmes qui l’encensaient quand il a conduit les Lions de l’Atlas en finale de la CAN-2004.

Aujourd’hui remis en selle comme sélectionneur national, le « capitaine » a, encore une fois, la lourde tâche de reconstruire un groupe capable de se hisser à la hauteur des aspirations du pays organisateur de la CAN-2015.

Car la fête promise par le comité d’organisation à l’occasion de cette grand-messe africaine ne peut être complète qu’avec une belle prestation de l’équipe nationale, d’où l’immense challenge qui attend Badou Zaki, mieux renseigné que quiconque sur l’état des lieux de l’équipe nationale.

La longue traversée du désert du onze marocain et les grandes attentes de tout un peuple auraient dissuadé plus d’un de s’exposer au risque de l’échec, dans de telles circonstances. Mais, cela ne ressemble pas à Badou Zaki, qui fait partie des hommes qui grandissent dans l’adversité. C’est justement ce sens élevé de responsabilité, particulièrement dans les moments difficiles, qui a fait de lui le leader emblématique d’une génération qui regorgeait pourtant de talents hors pairs et de joueurs de caractère.

En 1986, Zaki et ses vaillants camarades ont fait rêver les Marocains, qui voyaient les quarts de finale de la Coupe du Monde plus près que jamais. En 2004, Zaki, depuis le banc de touche, a été à un cheveu d’offrir au Royaume son deuxième sacre continental.

Il faut espérer que ce n’est que partie remise, une décennie plus tard. Dans quelques mois, Badou Zaki devra rugir pour pousser ses nouveaux protégés à travailler dur pour que le rêve devienne réalité, cette fois.

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