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Drame minier en Turquie : 24 personnes arrêtées

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turquie-La police turque a arrêté dimanche vingt-quatre personnes, y compris les dirigeants soupçonnés de négligence de la société d’exploitation de la mine de Soma, dans l’ouest de la Turquie, où 301 mineurs ont été tués, selon les médias locaux. Les secouristes ont achevé leur travail samedi après avoir retrouvé les corps des dernières victimes de la catastrophe minière de Soma, l’accident industriel le plus meurtrier de l’histoire de ce pays.

Des dizaines de procureurs ont été assignés vendredi pour enquêter sur l’incendie et l’explosion – qui auraient été provoqués par un défaillance électrique – dans la mine privée de Soma. L’exploitant Soma Kömür Isletmeleri, accusé d’avoir privilégié la rentabilité au détriment de la sécurité de ses salariés, nie avec force toute négligence.

Le directeur général de la compagnie, Akin Celik, fait partie des cinq suspects que les procureurs ont envoyé devant un tribunal, demandant leur arrestation, a indiqué la chaine de télévision privée NTV. « Nous avons tous travaillé très dur. Je n’ai pas vu un tel incident en vingt ans », avait déclaré Akin Celik vendredi.

Le ministère du Travail nie toute responsabilité

Le ministère du Travail a également nié toute responsabilité dans le drame, soulignant que la mine avait subi une inspection tous les six mois. Un rapport d’expertise préliminaire sur l’accident, obtenu par le journal Milliyet, a mis en exergue plusieurs graves manquements aux mesures de sécurité, dont un manque de détecteurs de monoxyde de carbone.

La catastrophe a soulevé une vague de colère populaire en Turquie, non seulement contre l’entreprise Soma Kömür Isletmeleri, mais également contre le régime islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan. Dimanche, l’accès au site de Soma était verrouillé, des barrages ayant été mis en place sur les routes principales menant à la ville où toutes les manifestations ont été interdites, selon des correspondants de l’AFP sur place.

Seuls les enquêteurs et les membres des forces de sécurité étaient autorisés à accéder au site après le départ des équipes de secours. Vendredi, les forces de l’ordre ont violemment dispersé, à grand renfort de gaz lacrymogène et de canons à eau, 10 000 personnes qui s’étaient rassemblées à Soma pour exiger la démission du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.

Vingt-quatre heures après ces violents incidents, trente-six personnes, dont huit avocats, ont été brièvement détenues samedi pour avoir tenté de faire une déclaration publique, en violation d’un ordre du gouverneur interdisant tout rassemblement.

afp

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