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Mawazine souffle sa 13è bougie: Les rythmes du monde illuminent le ciel de Raba

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mawazineLa ville de Rabat, à la fois capitale moderne et cité historique inscrite depuis 2012 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, s’apprête à accueillir vendredi son festival musical annuel Mawazine-Rythmes du Monde qui souffle cette année sa 13ème bougie.

Pendant neuf jours, ce rendez-vous incontournable des mélomanes et des amateurs de musique venant de différentes régions du Royaume comme d’ailleurs, rassemble pas moins de 1.500 artistes, dont de grands noms de la scène marocaine et panarabe, des stars de renommée internationale et des interprètes reconnus des principales traditions musicales de la planète, autour d’un seul mot d’ordre : « Nos différences nous ont réunis ». Placée sous le haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, cette 13ème édition de Mawazine, organisée par l’association Maroc-Cultures, propose aux festivaliers une programmation « originale et exigeante », « riche et éclectique » qui offre un aperçu saisissant de la création musicale mondiale, avec une centaine de concerts répartis sur sept scènes à Rabat et Salé, en plus de spectacles de rue et d’ateliers au cours desquels les artistes invitent à la pratique musicale, à l’échange et à la découverte.

Dans les rues de la capitale, des troupes et fanfares du Maroc et d’ailleurs vont sillonner places et artères afin de proposer, durant toute la période du festival, des spectacles inédits et surprenants, parallèlement aux concerts prévus sur les traditionnelles scènes de Mawazine : OLM-Souissi, Théâtre National Mohammed V, Salé, Bouregrag, Nahda, Renaissance et Chellah.

Le public aura ainsi rendez-vous avec les plus grands noms de la musique nationale et internationale, à l’image de Justin Timberlake et Alicia Keys qui assurent respectivement les concerts d’ouverture et de clôture sur la scène de l’OLM Souissi, haut lieu des concerts emblématiques et des rassemblements les plus populaires. Y seront également attendus les stars Robert Plant, Ne-Yo et Stromae, des formations mythiques, telles que Kool & The Gang et IAM, ainsi que des interprètes aux talents immenses, à l’instar de Ricky Martin. Dans un cadre plus intimiste, la scène du Théâtre National Mohammed V propose aux festivaliers un voyage à travers des sonorités différentes en provenance des quatre coins de la planète, avec des concerts aussi prestigieux que surprenants donnés par The Commodores, Luz Casal, La Yegros, Bernard Lavilliers, Amancio Prada, Souad Massi & Eric Fernandez, Orquesta Aragon ou encore Hayat El Idrissi, avec Rehab Al Metawi et l’Orchestre Hafni de l’Opéra du Caire. Avec plus de 35 concerts dédiés aux répertoires marocains et arabes, Mawazine consacre, une fois encore, la moitié de sa programmation aux artistes nationaux. Musiques gnaoui, rai, chaâbi, amazigh, classique, électronique et urbaine : toutes les tendances musicales sont représentées sur les scènes de Salé, Nahda et Renaissance, qui accueillent les plus grandes voix du Maroc et de la région.

Chaque concert bénéficie d’une visibilité unique et reflète un état de la création panarabe grâce à la présence d’artistes confirmés, comme Kadhem Saher, Carole Samaha, Nancy Ajram, Bilal, Wael Jassar, Nawal Koweitia et Mohammed Abdou, mais aussi des jeunes talents, tels que Nassif Zeytoun, Mourad Bouriki, Jamila, Youssef Guelzim ou encore Mohamed Assaf.

A la Renaissance, les festivaliers vont découvrir l’art de l’aïta célébré par le maître Jamal Eddine Zerhouni, qui a commencé son apprentissage en 1967 et collaboré avec les plus grands. La musique andalouse sera aussi superbement représentée avec le maître Mohamed Bajeddoub, qui a organisé plusieurs tournées nationales et étrangères, notamment dans les pays arabes, ainsi qu’avec le chanteur algérien Abdelkader Chaou, qui modernise le chaâbi en y introduisant des instruments tels que le piano et la guitare.

Le melhoun sera de la fête avec l’immense cantatrice Majda El Yahyaoui, présentatrice de l’émission « Chada Al Alhane » sur 2M, dans laquelle l’artiste met en avant le patrimoine national et les musiques traditionnelles marocaines. Le public vibrera également avec une création unique de V-Djing, Rallumer les étoiles : Kan Ya Ma Kan, un spectacle mis en scène par Fatym Layachi qui revisite le flamenco, le malouf et la nouba en présence de quatre musiciens et deux chanteurs dont les Marocains Rachid Zeroual et Mohamed El Ouahabi.

En mémoire du grand luthiste irakien Mounir Bachir, le célèbre orchestre Mounir Bachir, composé de sept luthistes, rendra un hommage exceptionnel au maître à travers une célébration du patrimoine et de la culture irakienne et arabe. Originaire de Kairouan, Zine Haddad offrira une prestation riche en mélodies tunisiennes, tandis que le Marocain Badr Rami, étoile montante des mouachahates, proposera un style traditionnel et authentique, dans la lignée des grands noms de la scène musicale classique arabe.

A Nahda, les femmes marocaines seront à l’honneur avec les prestations de trois grandes chanteuses, Rachida Talal, Saida Charaf et Latifa Raafat, et la venue de la princesse d’Arab Idol, Salma Rachid, qui a gagné le cœur de centaines de milliers de fans. Le hip hop n’est pas en reste, puisque que le public va assister aux concerts de Hamid VFF, de Masta Flow et de Muslim.

A Salé, les festivaliers ont rendez-vous avec le meilleur des musiques actuelles. L’ouverture est confiée au lauréat de Génération Mawazine 2014, à Tarik Batma, à la sublime chanteuse Samia Tawil ainsi qu’à l’artiste casablancais Said Mosker. Les soirées marocaines vont s’enchaîner pendant neuf jours et offrir un aperçu complet de la scène nationale : Kawtar Nihad, Masta Flow, Cheb Kader et Hamid Serghini, les légendaires Tagada, Hamid Serghini, Mustapha Bourgogne et Zina Daoudia ainsi que les groupes Larsad, né dans les années 1970, et Tifyur, symbole de la musique amazighe. Les mélodies traditionnelles du Souss sont également représentées avec Ribab Fusion, tandis qu’une formation féminine de gnaouas, Bnat Gnaoua, la première du genre, est présente sous la direction du maâlem Abdenbi El Meknassi.

Profondément ancré dans son continent, Mawazine renouvèle également sa passion pour la musique africaine et met en lumière les grandes figures d’un territoire pluriel aux traditions et aux richesses sonores infinies. Certains interprètes sont de retour, à l’instar d’Angelique Kidjo, d’Hugh Masekela et de Manu Dibango, tandis que de nouveaux visages font leur apparition, comme Zebda, Ben L’oncle Soul, Bixiga 70, Iyeoka, Ebo Taylor et Youssoupha.

Ils devront se produire sur la scène de Bouregrag, édifiée sur une esplanade dallée, qui offre une vue imprenable sur la Kasbah des Oudayas, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle tire son nom du fleuve éponyme qui s’étire majestueusement le long du site.

Haut lieu de l’expérimentation et de la découverte, Mawazine consacre pour la scène du Chellah, autre site historique emblématique de la capitale, une programmation entièrement dédiée aux musiques des grands fleuves de la planète. Intitulée « Le Chant des Fleuves », cette création unique en son genre explore les patrimoines musicaux nés au bord des rives ancestrales du Nil, du Mississippi, de l’Euphrate ou encore du Danube.

Comme ces fleuves légendaires, ces musiques puisent dans un héritage très riche et charrient une infinité d’expériences sonores. Ce voyage musical mènera ainsi les festivaliers en Hongrie, aux Etats-Unis, en Mongolie, en Ethiopie, en Guyane, en Turquie, en Iran, et bien sûr au Maroc. Les formations Sarah Savoy (Etats-Unis), S?nd?rg? (Hongrie), Egschiglen (Mongolie), Selamnesh & Badume’s Azmari (Ethiopie), l’Ensemble Shanbehzadeh (Iran), Prince Koloni & Fondering (Guyane) et Ouled Benaguida (Maroc) vont livrer des spectacles inoubliables dans le cadre exceptionnel du Chellah, un site antique dont les murs conservent les traces des cultures millénaires qui ont forgé le Maroc.

Depuis 2001, le Festival Mawazine-Rythmes du Monde est le rendez-vous incontournable de la scène musicale marocaine et internationale. Chaque année au mois de mai, cette manifestation unique en son genre fait vibrer la capitale Rabat aux sons d’une musique ouverte aux quatre coins du monde grâce à un programme riche et inédit.

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