Economie

Transport aérien : Le Maroc vise 51 millions de passagers dans 10 ans

AEROPORT

AEROPORT● «Le secteur aérien au Maroc ambitionne de parvenir à une capacité aéroportuaire de 51 millions passagers dans moins de dix ans»
● «Le développement du secteur du transport aérien est le fruit d’une stratégie de développement clairement définie», Zouhair Mohamed El Aoufir, directeur général de l’ONDA

La stratégie de développement du secteur aérien au Maroc ambitionne de parvenir à une capacité aéroportuaire de 51 millions de passagers dans moins de dix ans à travers de nombreux projet d’investissement et d’extension, a annoncé, jeudi à Marrakech, le directeur général de l’Office nationale des aéroports (ONDA), Zouhair Mohamed El Aoufir.

Intervenant à l’ouverture de la 11e édition du Forum international Connect, un conclave des opérateurs de l’aérien organisé à Marrakech sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI avec la participation de 45 compagnies aériennes et 140 aéroports, El Aoufir a affirmé que le développement du secteur du transport aérien est le fruit d’une stratégie de développement clairement définie, concrétisée dès 2004 par la libéralisation du secteur et la signature d’un accord d’Open Sky avec l’UE en décembre 2006.

En accompagnant cette stratégie et en voulant faire jouer pleinement le rôle des aéroports dans la création des richesses, l’aménagement de l’espace et la mobilité des personnes et des biens, l’ONDA a mis en place un programme ambitieux d’accroissement des capacités aéroportuaires, a-t-il dit.

Et de préciser que c’est ainsi que la capacité d’accueil des aéroports du Royaume est passée de 12 millions de passagers en 2003 à 24 millions actuellement.

Ce bond majeur, a-t-il souligné, a pu être réalisé à travers deux grands projets que sont la construction du Terminal 2 de l’aéroport Mohammed V (2007) et l’extension du Terminal-1 de l’aéroport Marrakech-Menara (2008), en plus des divers projets structurants qui ont vu la construction de plusieurs terminaux ou l’extension des terminaux existants dans plusieurs villes comme Tanger, Essaouira, Al Hoceima, Oujda, Dakhla, Rabat et Béni Mellal.

Et d’ajouter que cette phase de développement accélérée comprend d’autres projets en cours de réalisation pour un développement important des capacités des aéroports de Fès, Marrakech et Casablanca ainsi que l’extension de plates-formes secondaires dans le cadre d’un programme de désenclavement régional de localités à fort potentiel touristique telles que Guelmim, Zagoura, Tantan.

«De même que nous avons pu rehausser la qualité et la capacité d’accueil et de traitement de passagers au sol, nous avons fait de notre ciel un espace sûr, fluide et sécurisé», a-t-il affirmé, citant, à ce sujet, l’augmentation de la capacité de l’espace aérien, l’extension de la couverture radar, l’installation des radars d’approche et la création de routes directes, permettant aux compagnies aériennes un gain en temps de vol et la réduction de la consommation carburants et des émissions de gaz carbonique et leur effet sur l’environnement.

Outre ces éléments déterminants, a-t-il relevé, le Maroc jouit d’une position géostratégique idéale, carrefour entre les continents, rendant Casablanca un hub incontournable entre l’Europe et l’Afrique.

Aujourd’hui, la taille de l’offre aérienne de Casablanca entre l’Europe et l’Afrique de l’ouest est en deuxième position, après Paris, mais ex aquo avec Londres, grace à la compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) et aux capacités de l’aéroport de Casablanca, a-t-il précisé à ce sujet, soulignant l’engagement du Maroc pour un partenariat stratégique avec l’Afrique qui se décline sur l’ensemble des politiques sectorielles dont le transport aérien.

Concernant les défis auxquels fait face le secteur de l’aérien depuis quelques années (phénomènes naturels, phénomènes extrêmes, épidémies et crise financière), El Aoufir a appelé l’ensemble des acteurs du secteur à faire preuve de mobilisation et d’ingéniosité, en développant leurs stratégies et réajustant leurs politiques, pour mieux surmonter ces difficultés conjoncturelles et préserver ainsi la qualité, la simplicité et la compétitivité du mode du transport aérien à l’échelle du globe.

Et de réaffirmer la volonté de l’ONDA de jouer pleinement son rôle, en tant que partenaire stratégique des compagnies aériennes et des prestataires du transport aérien, résolument engagé dans une politique responsable de promotion des lignes et de partage de risque avec l’ensemble des transporteurs aériens qui desservent ou qui projettent de créer de nouvelles liaisons vers le Maroc.

«Cette démarche traduit notre conviction profonde que le partenariat Win-Win entre gestionnaires d’aéroports et compagnies aériennes est un élément fondamental pour ériger une économie aérienne rentable et pérenne, créatrice de richesses pour elle-même et pour tous les secteurs économiques de nos pays», a-t-il dit.

Le ministre de l’Equipement, du Transport et de la Logistique, Aziz Rebbah, a évoqué, à cette occasion, la stratégie de développement du transport aérien, baptisée Ajwaa, dont l’élaboration est pilotée par la direction générale de l’aviation civile dans une approche participative impliquant les diverses parties concernées (tourisme, fret, industrie, transports, compagnies)

La stratégie devra avoir un caractère structurant et englober l’ensemble des dimensions du transport aérien, a-t-il dit, citant les effets de la libéralisation et les négociations internationales, les infrastructures aéroportuaires, la régulation du transport aérien, les compagnies nationales, le transport international, le transport intérieur, le fret des marchandises, l’accompagnement du développement touristique, la protection des passagers, l’industrie aéronautique, la formation et la valorisation des ressources humaines.

Le ministre a, également, évoqué la volonté du Maroc de développer une coopération régionale africaine dans le secteur du transport aérien dans un contexte marqué par une forte concurrence et la nécessité de regroupement des petites compagnies pour pouvoir s’assurer la compétitivité via l’effet de l’économie d’échelle.

Pour sa part, le ministre du Tourisme, Lahcen Haddad a évoqué la corrélation étroite entre le secteur du transport aérien et celui du tourisme. L’un des choix pertinents fait par le Maroc est indéniablement l’ouverture de son ciel en 2006 avec l’accord d’Open Sky qui a engendré pour le Maroc plusieurs impacts positifs, a-t-il rappelé.

Après avoir souligné la résilience du secteur touristique national avec une hausse de 7% des arrivées en 2013 et de 10% en 2013, il a tenu à affirmer que le transport aérien constitue l’une des clefs du succès de la «vision 2020» avec un contexte propice à l’accroissement des fréquences plus généralisées.

Parmi les défis stratégiques de la vision 2020 pour l’aérien, il a notamment évoqué la diffusion de la croissance sur le territoire national, l’essor du balnéaire, l’émergence de nouvelles destinations culture, nature et city-break, la diversification des bassins émetteurs et de la base d’opérateurs afin de réduire la dépendance vis-à-vis de quelques compagnies.

Le directeur général de l’Office national marocain de tourisme (ONMT), Abderrafie Zouiten, a, quant à lui, insisté sur la nécessité de maintenir des coûts compétitifs au niveau des aéroports afin de soutenir la desserte des compagnies aériennes sur la destination Maroc.

Il a rappelé, à ce sujet, les efforts de promotion déployés par l’Office dans le cadre de la campagne de promotion de la destination Maroc (400 millions de DH pour la promotion de Marrakech) et la diversification des marchés émetteurs, notamment le marché allemand et britannique qui disposent d’un fort potentiel et qui constituent près de 60% sur le marché ibérique.

Lors de l’ouverture de ce Forum, le président du Conseil régional du tourisme (CRT) de Marrakech, Hamid Bentahar a annoncé le lancement de nouvelles dessertes sur Marrakech à partir de Düsseldorf, Frankfurt, Hambourg et Glasgow.

L’ouverture de ce conclave des opérateurs du secteur touristique a été marquée par la signature de plusieurs conventions de coopération. Il s’agit d’une convention de jumelage entre les aéroports d’Essaouira et de la ville La Rochelle (France), d’un accord de coopération entre l’ONMT et la compagnie aérienne française Transavia, et un deuxième accord entre l’ONMT et l’ONDA.

La 11e édition du Forum international Connect , qui se tient pour la première fois en dehors du continent européen, est organisée par l’ONDA, en partenariat avec l’ONMT, le Conseil régional du tourisme (CRT) et la Ville de Marrakech.

Près de 400 participants internationaux prennent part à cette manifestation. Le format de «Connect» s’articule autour de quatre principaux axes: les conférences, les ateliers, les rencontres «One to One», le tout au sein d’un salon d’expositions attirant de nombreux fournisseurs de l’aérien.

«Connect» est un concept qui permet au pays hôte de se développer auprès d’une audience décisionnaire, doublée de réelles opportunités de contacts et d’affaires pendant tout l’évènement. La campagne de marketing intensive déployée tout au long de l’année permet également de valoriser l’hôte et la destination en amont de l’évènement.

Ainsi les aéroports francophones, européens et du reste du monde avec les compagnies aériennes, leurs fournisseurs et les professionnels du tourisme vont être en conclave pendant 3 jours, dans le but de stimuler la création de nouvelles lignes aériennes et de générer de nouveaux contacts et contrats.

– See more at: http://www.lematin.ma/express/2014/transport-aeroport_le-maroc-vise-51-millions-de-passagers-dans-10-ans/203659.html#sthash.O2UJe2Mv.dpuf

Comments
To Top