Economie

Sécurité alimentaire: le Maroc se tourne vers l’Afrique

Aziz-Akhannouch
Aziz-AkhannouchLe Maroc demeure engagé à partager avec les pays africains frères son expérience et son savoir-faire dans la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse visant à assoir leur sécurité alimentaire

C’est ce qu’a affirmé, lundi à Rome, le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch.

Lors d’une rencontre organisée par le Maroc au siège de la FAO en marge du 149ème Conseil de cette organisation onusienne, qui tient ses travaux du 16 au 20 courant à Rome, le ministre a indiqué que la coopération Sud-Sud en Afrique dans le domaine agricole pourrait concourir de façon significative à atténuer la fracture agricole dont souffre le continent, présentant, à cette occasion les actions de coopération Sud-Sud réalisées et celles envisagées à l’avenir par le Maroc et la FAO au profit de l’Afrique.

Outre les programmes de coopération mis en œuvre sur le plan bilatéral, le Maroc a initié une coopération triangulaire riche et diversifiée au service de la Coopération Sud-Sud avec la FAO et de nombreux pays africains dont le Burkina Faso, le Niger, la République Centrafricaine et Djibouti, a-t-il ajouté.

M . Akhannouch a en outre rappelé qu’un Fonds fiduciaire avait été créé au titre de l’accord-cadre signé avec le Directeur Général de la FAO lors des dernières assises de l’agriculture en avril dernier à Meknès. Ce fonds, a-t-il expliqué, est destiné à aider les pays africains à accroître durablement leur productivité agricole et à améliorer leur sécurité alimentaire.

L’accord-cadre, signé le 23 avril 2014, permet en effet la création d’un Fonds qui sert de levier financier à la Coopération Sud-Sud tripartite Maroc, FAO, pays bénéficiaire. Innovant, cet accord bénéficiera de l’appui financier de fonds gouvernementaux et privés. La Guinée est le premier pays bénéficiaire de cet accord. Un autre accord a également été signé entre le Crédit agricole du Maroc et la FAO dans lequel cette banque s’est engagée à participer au financement de ce fonds fiduciaire.

Lors de cette rencontre, animée par l’ambassadeur du Maroc en Italie, Hassan Abouyoub, l’accent a été mis en particulier sur le succès que connait le Plan Vert Maroc (PVM) et son impact positif sur le quotidien des personnes concernées dont de petits agriculteurs, des adhérents à des coopératives et des femmes rurales, dont les témoignages spontanés, contenus dans un documentaire projeté à cette occasion, expliquent amplement le succès du PVM qui a forcé l’admiration de nombre de pays notamment africains.

La FAO considère, à juste titre, ce Plan comme un modèle en matière de développement du secteur agricole constituant une « source d’inspiration importante » pour le développement de la sécurité alimentaire en Afrique, renforcer leur résilience aux menaces, et améliorer la gestion des ressources naturelles.

Cette reconnaissance, souligne-t-on, ne fait que conforter le Maroc dans son approche de transfert d’expertise et de coopération rapprochée avec ses partenaires africains.

Par ailleurs, l’assistance a pu également suivre, sur un écran géant, des extraits des discours prononcés par les Présidents malien et guinéen lors des dernières assises de l’Agriculture à Meknès. Le président de la république du Mali, Ibrahim Boubabakar Keita, avait notamment souligné que la vision clairvoyante de SM le Roi Mohammed VI en matière agricole est porteuse non seulement pour le Maroc mais aussi pour toute l’Afrique.

M. Keita avait relevé, dans ce cadre, que la lutte contre la pauvreté passe par la maitrise du secteur agricole ainsi que par la maitrise des ressources halieutiques, saluant la politique des barrages, initiée par feu SM Hassan II.

M. Keita avait sollicité, dans ce cadre, le soutien du Maroc pour assurer la survie du fleuve Niger, source de vie pour une grande partie de la région du Sahel, et qui traverse les zones arides du Mali et du Niger.

De son côté, le président de la République de Guinée, Alpha Condé avait sollicité le soutien du Maroc pour accompagner son pays dans le développement de son agriculture, en s’inspirant de l’esprit et de la philosophie du Plan Maroc Vert (PMV) qui se veut l’aboutissement de « la vision extraordinaire de SM le Roi Mohammed VI ».

En marge de cette rencontre, à laquelle ont pris part MM. Mohammed Sadiki, secrétaire général du ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime et Tariq Sijilmassi, président du groupe Crédit Agricole du Maroc, ainsi que des diplomates et les délégués de plusieurs pays représentés auprès de la FAO, il a été procédé à la distribution de CD relatifs au Réseau Virtuel d’Appui Conseil, de Recherche et de Communication (VERCON), lancé, en avril dernier, par SAR le Prince Moulay Rachid.

Cette initiative technologique permet d’améliorer la communication et l’échange d’informations entre des organismes de recherche agricole, les services du département de l’agriculture, les autres acteurs du développement rural et les petits agriculteurs et agricultrices. VERCON, baptisé ARDNA (notre terre) est mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime en collaboration avec la FAO.

La FAO avait décerné lundi matin au Maroc un prix pour ses « progrès remarquables » en matière de lutte contre la faim. Ce Prix a été remis à M. Akhannouch, lors d’une cérémonie officielle présidée au siège de la FAO par le Directeur général de l’organisation, José Graziano da Silva.

Cette distinction récompense le Royaume pour avoir réduit la prévalence de la sous-alimentation de 6,7 pc en 1990-92 à moins de 5 pc en 2011-13. Au cours de la même période, le nombre de personnes sous-alimentées est tombé de 1,7 million en 1990-92 à 1,6 million en 2011-13.

Ainsi, le Maroc a réduit la proportion des personnes affamées avant l’échéance 2015 du premier Objectif du Millénaire pour le développement ((cible de la faim de l’OMD-1)

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