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Yasmine Berraoui, une bachelière trisomique qui fait honneur à ses pairs

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yasmineDécrocher son bac avec mention quand on est atteint d’un handicap, ce n’est pas à la portée de tout le monde. Surtout lorsque ce handicap s’appelle « trisomie 21 ». Yasmine Berraoui, élève trisomique inscrite dans un lycée de Casablanca, était consciente de la double responsabilité qui pesait sur ses épaules en se présentant aux examens de la deuxième année du baccalauréat organisés récemment: rendre ses parents fiers d’elle et récompenser leurs sacrifices d’une part, et montrer, à tous ceux qui en doutent encore, qu’une jeune trisomique n’a rien à envier à ses congénères en termes d’intelligence et de capacité d’apprentissage, d’autre part.

Pari gagné, puisque la jeune fille vient d’apprendre, à sa grande joie et celle de ses parents, qu’elle a obtenu l’honorable note de « 12,3 » dans la branche des sciences physiques, clôturant ainsi, de la plus belle manière qui soit, un parcours scolaire sans faute. Son père, Jamal Berraoui qui s’est dit « aux anges », a confié à la MAP que, tout au long de sa scolarité, sa fille n’a jamais démérité. « En sixième année du cycle primaire, elle avait obtenu la mention +bien+ et, en troisième année du cycle collégial, la mention +assez bien+. C’est déjà une prouesse au vu des difficultés liées à son handicap », s’est-il réjoui.

L’exploit de Yasmine est d’autant plus impressionnant qu’elle n’a jamais eu droit à un soutien particulier ou à un « traitement de faveur » au sein de l’établissement dans lequel elle était scolarisée, affirme son père. « Nous avons toujours été, moi et sa maman, son soutien principal sur les plans matériel et psychologique. Nous avions tenu, d’ailleurs, à ce qu’elle soit traitée sur un pied d’égalité avec les autres élèves puisqu’elle est, somme toute, une élève comme les autres », explique-t-il.

Si Yasmine est devenue l’élève brillante qu’elle est actuellement, c’est qu’elle faisait l’objet, dès sa tendre enfance, d’une attention parentale toute particulière. « A sa naissance, les médecins nous ont affirmé que notre fille ne sera jamais comme les autres, qu’elle n’aura pas les mêmes aptitudes que les enfants de son âge, etc. Mais nous n’avons pas baissé les bras. Contrairement à certains parents qui tentent, une fois informés du handicap de leur enfant, de le cacher des regards, nous nous sommes battus pour assurer à Yasmine une scolarité normale. A coup de sessions d’éducation psychomotrice, d’appui psychologique, d’espoir et de foi, nous sommes parvenus, Dieu merci, à atténuer l’impact de cette infirmité sur elle », souligne Jamal Berraoui.

Afin d’alléger le fardeau qui pèse sur les parents des élèves trisomiques, le père de Yasmine souhaite voir se développer, dans les établissements scolaires, des structures destinées à appuyer les familles qui « paient le lourd tribut de cette maladie ».

Selon lui, s’il y a une leçon à tirer de cette belle histoire où la volonté et l’espoir ont eu le dernier mot, c’est bien que « prendre en charge un enfant trisomique et guider ses pas sur le chemin de la réussite, c’est difficile et coûteux, mais c’est possible à condition d’y mettre du courage et de la volonté car, là où il y a une volonté, il y a un chemin »

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