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L’EIIL annonce l’établissement d’un califat, change de nom

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eiilLes jihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), engagés dans le combat en Syrie et en Irak, ont annoncé dimanche le rétablissement du califat, le régime politique islamique disparu il y a près d’un siècle.

Dans un enregistrement audio diffusé sur internet, l’EIIL, qui a changé de donner pour devenir Etat islamique tout court, a également désigné son chef Abou Bakr Al-Baghdadi comme calife et donc chef des musulmans partout dans le monde.

Ce califat s’étendra de la région d’Alep, dans le nord de la Syrie, à celle de Diyala dans l’est de l’Irak, sur les régions conquises par ce groupe dans ces deux pays, a annoncé dans l’enregistrement Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole de l’EIIL. 

Lors d’une réunion, la choura (conseil) de l’Etat islamique a décidé d’annoncer l’établissement du califat islamique et de désigner le cheikh jihadiste Al-Baghdadi calife des musulmans, a-t-il dit.

Al-Baghdadi, appelé désormais le calife Ibrahim (en référence à son véritable prénom), a accepté cette désignation par allégeance et est devenu ainsi calife des musulmans partout (dans le monde), a-t-il indiqué.

Les mots Irak et Levant sont supprimés du sigle EIIL, dont le nom officiel devient désormais l’Etat islamique, a ajouté cheikh Adnani, pour qui le califat est le rêve de tout musulman et le souhait de tout jihadiste.

Dans une menace à peine voilée, il a prévenu les musulmans qu’avec l’annonce du califat, il est désormais de leur devoir de prêter allégeance au calife Ibrahim.

Le territoire qui est soumis désormais à son autorité s’étend d’Alep à Diyala, selon lui.

Dans son avancée fulgurante depuis le 9 juin en Irak, ce groupe jihadiste, qui bénéficie du soutien d’ex-officiers de Saddam Hussein, de groupes salafistes et de certaines tribus, a mis la main sur Mossoul et sur une grande partie de sa province Ninive (nord), sur des secteurs des provinces de Diyala (est), Salaheddine, Kirkouk et Al-Anbar (ouest).

En Syrie, il contrôle la majeure partie de la province de Raqa (nord), de larges parts de celle de Deir Ezzor (est), frontalière de l’Irak, et de certains secteurs de celle d’Alep (nord).

Il est temps que l’Oumma (nation) de Mahomet renaisse de ses cendres et se débarrasse de la honte et de l’humiliation, a lancé cheikh Adnani. Croyants, obéissez à votre calife et soutenez votre Etat qui devient plus fort de jour en jour grâce à Dieu (…).

Le calife désigne depuis la mort du prophète Mahomet son successeur comme émir des croyants dans le monde musulman.

Après les quatre premiers califes qui ont régné après la mort du prophète, le califat a connu son âge d’or au temps des Omeyyades (661-750) et surtout des Abbassides (750-1517) avant de connaître sa fin avec le démantèlement de l’Empire ottoman, lorsqu’il est aboli en 1924.

Musulmans! rejetez la démocratie, la laïcité, le nationalisme et autres ordures de l’Occident, revenez à votre religion (…) L’Occident et l’Orient se soumettront à vous, c’est la promesse de Dieu, a poursuivi le porte-parole. 

S’adressant aux autres groupes jihadistes et islamistes, il a lancé: Vous n’avez aucune excuse religieuse pour ne pas soutenir cet Etat. Sachez qu’avec l’établissement du califat, vos groupes ont perdu leur légitimité. Personne ne peut ne pas prêter allégeance au califat.

Apparu en Syrie en 2013, l’EIIL a été initialement bien accueilli par certains rebelles syriens, mais sa volonté d’hégémonie et les abus qui lui sont attribués les ont poussé à retourner leurs armes contre lui.

Dans le bastion de l’EIIL à Raqa, un militant utilisant un pseudonyme, Hani Salamé, a raconté à l’AFP avoir vu sept hommes entrer à cheval dans la ville comme signe de l’avènement du califat, suivi par un convoi de voitures transportant des dignitaires de l’EIIL.

Des membres du groupe ont lancé des tirs nourris en l’air en signe de célébration, a dit ce militant hostile aussi bien au régime syrien qu’à l’EIIL.

Pour lui, l’annonce d’un califat relève de la folie. L’EIIL se sert de l’islam pour parvenir à ses fins. La révolution en Syrie a commencé pour un Etat libre et démocratique, pas pour un califat.

AFP

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