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Brésil: naufrage et désolation

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teaserbreitgrossLe Brésil a quitté « son » Mondial sur une déroute historique par son ampleur (7-1) en demi-finale face à l’Allemagne mardi à Belo Horizonte, plongeant ses supporteurs et le pays dans la désolation.

Des pleurs qui emportent le maquillage, des regards hébétés… L’avalanche de buts qui s’est abattue sur la Seleçao en milieu de première période –quatre en six minutes– a déclenché la consternation dans le stade de Belo Horizonte, comme dans les zones réservées aux supporteurs, notamment à Rio, sur la plage de Copacabana, ou à travers ce pays de 200 millions d’habitants, grand comme 14 fois la France.

Les tribunes de Belo Horizonte se sont (un peu) vidées, dans un silence pesant, à peine déchiré par les encouragements des Allemands, massés dans un coin du stade. Les spectateurs qui sont restés ont même chambré leur équipe en fin de match, accompagnant les passes adverses de « Olé! » habituellement réservés aux adversaires.

Cette déroute, qui restera dans l’histoire comme le « Mineirazo », du nom du stade de Belo Horizonte, efface le « Maracanazo », lorsque la Seleçao de 1950 avait laissé filer le titre –déjà à domicile– face à l’Uruguay… Depuis, le Brésil est devenu le pays le plus titré sur la planète football et rêvait d’effacer définitivement cette tache en raflant un sixième titre dimanche au Maracana. Raté.

Les Brésiliens ont notamment été trahis par une défense totalement dépassée en l’absence du capitaine Thiago Silva, suspendu. Les Allemands ont récité tranquillement leur partition pour enfiler les buts. L’ouverture du score, par Muller (11e), a donné le signal. Ensuite, Klose, Kroos (deux fois) et Khedira, se sont précipités pour inscrire quatre buts en six minutes, entre les 23e et 29e minutes.

Ce succès historique permet à la Nationalmannschaft, trois fois championne du monde (1954, 1974 et 1990) d’accéder pour la huitième fois de son histoire en finale. Dimanche au Maracana, l’Allemagne y affrontera le vainqueur de l’autre demi-finale, Argentine – Pays-Bas, disputée mercredi à Sao Paulo.

Le Brésil, lui, se contentera de la « petite » finale, le match pour la troisième place, samedi à Brasilia, face au perdant de l’autre demi-finale.

 

En quatre jours, sur quels ressorts pourra agir le sélectionneur Luiz Felipe Scolari pour remobiliser ses joueurs ? Sans doute tentera-t-il de faire vibrer la fibre nationale.

Face aux Allemands, il avait appuyé sur la touche « seuls contre tous ». la Fédération brésilienne de football (CBF) avait demandé à la Fifa d’ouvrir une procédure disciplinaire contre le Colombien Juan Zuniga, auteur du coup de genou qui vaut à l’attaquant vedette Neymar une quarantaine de jours d’arrêt.

Mais la commission de discipline de l’instance mondiale avait rejeté cette requête, tout comme elle a fermé la porte au nez de la CBF qui demandait aussi l’annulation de la suspension de Thiago Silva.

La grave blessure de Neymar, forfait jusqu’à la fin du Mondial en raison d’une fracture d’une vertèbre récoltée face à la Colombie en quart de finale, avait également poussé Scolari à jouer sur cette corde sensible avant la déroute face aux Allemands.

Les Brésiliens sont arrivés au stade coiffés de casquettes portant l’inscription « Forza Neymar ». Le capitaine David Luiz et le gardien Julio Cesar, émus, ont même exhibé le maillot de l’absent pendant les hymnes… L’esprit du génial Neymar a flotté sur l’estadio Mineirao, jusqu’à l’avalanche cauchemardesque de la première période.

A la sortie de la demi-heure de jeu, le Brésil était mené 5 à 0… Et il restait une heure de match à tuer. Les Brésiliens sont arrivés tant bien que mal jusqu’à la mi-temps, sans encaisser de but supplémentaire.

Mission accomplie jusqu’à la mi-temps… Pour préparer la finale, le sélectionneur allemand Joachim Löw a sorti son « vieux » buteur Miroslav Klose (36 ans), qui avait profité du récital pour inscrire son 16e but en phase finale de Coupe du monde, pour devenir le meilleur réalisateur de tous les temps sous les yeux du… Brésilien « O Fenomeno » Ronaldo, ancien détenteur du record.

Son remplaçant ? Il s’appelle Andre Schürrle et joue à Chelsea. Et dans ce jour où tout réussit, il marqua les buts numéro 6 et 7 de la Mannschaft, qui inflige au Brésil la plus lourde défaite de son histoire, toutes compétitions confondues, depuis le premier match de la Seleçao en 1914. La précédente déroute (6-0) remontait à 1920… Cette défaite est également la plus lourde concédée par une équipe en demi-finale de Coupe du monde. C’est dire l’ampleur de la déroute… Et peu importe le but d’Oscar dans les derniers instants. Il ne sauva même pas l’honneur.

AVEC AFP

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