Politique

Maroc: pour ses 15 ans de règne, Mohammed VI s’attaque aux disparités sociales

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sm_le_roi___sm_le_roi__audience_Le roi Mohammed VI a déploré mercredi la persistance d’importantes disparités sociales au Maroc en dépit des progrès réalisés, à l’occasion d’un discours marquant le 15e anniversaire de son accession au trône.

Cette célébration constitue une opportunité pour procéder à un examen de conscience et nous interroger en toute franchise (…) sur ce qu’il y a lieu d’inscrire à l’actif ou au passif de la marche dans laquelle nous nous sommes engagés, a-t-il déclaré.

Il nous a déjà été donné de procéder en 2005 à une pause introspective, incarnée par le rapport du cinquantenaire de l’indépendance, a-t-il ajouté en jugeant nécessaire de renouveler cette pause.

Tout en évoquant les progrès réalisés, Mohammed VI a déploré une mauvaise répartition des richesses et sollicité l’élaboration d’une étude pour mesurer la valeur globale du Maroc entre 1999 et fin 2013.

Si le Maroc a connu des avancées tangibles, la réalité confirme que cette richesse ne profite pas à tous les citoyens, a jugé le monarque, affirmant noter lors de ses tournées certaines manifestations de pauvreté et l’ampleur des disparités sociales entre Marocains.

Pour prendre la pleine mesure de la situation, l’étude commandée auprès du Conseil économique, social et environnemental (CESE) devra présenter des recommandations pratiques, a-t-il dit.

Plus de trois ans après les événements du Printemps arabe, le souverain a par ailleurs jugé que nul ne pouvait nier l’évolution démocratique du Maroc, citant en exemple la Constitution de 2011, élaborée en réponse à des manifestations de rue.

Au Maroc, la contestation a été principalement incarnée par le 20-Février, mouvement qui continue de réclamer des réformes profondes. Ses activités ont toutefois sensiblement décliné, ses militants dénonçant une répression à leur égard, tandis que les autorités disent que l’essentiel des revendications a été satisfait.

La Constitution de 2011 ouvre la voie à une série de droits nouveaux, et est censée renforcer les pouvoirs du gouvernement, emmené depuis début 2012 par les islamistes du parti Justice et développement (PJD).

Avant ce nouveau texte, le première décennie du règne de Mohammed VI -qui a accédé au trône en 1999 à la mort de son père Hassan II- avait été marquée par une réforme du code de la famille (Moudawana) ou encore la création de l’Instance équité et réconciliation, chargée d’enquêter sur les violations passées des droits de l’Homme.

Mohammed VI a en outre consacré une large part de son discours à la religion -au Maroc, le roi est le commandeur des croyants- ainsi qu’à la question du Sahara  et aux relations avec Alger.

Selon lui, rien ne justifie la persistance de la fermeture des frontières depuis 1994 entre les deux pays, en conflit sur la question du Sahara .

Alors que le désaccord entre l’Algérie et le Maroc entrave la mise en oeuvre de l’Union du Maghreb arabe (UMA), un marché potentiel de cinq pays et 90 millions d’habitants, il s’est dit convaincu qu’il n’était pas une fatalité incontournable.

avec agences

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