Santé

Ebola, Coronavirus… le Maroc face aux nouvelles menaces sanitaires

ebola-les-etats-africains-ferment-leurs-frontieres-un-a-un
ebola-les-etats-africains-ferment-leurs-frontieres-un-a-unLes risques infectieux émergents nécessitent des systèmes de veille et de sécurité sanitaire efficaces, a affirmé lundi, à Marrakech, le ministre de la santé, El Houssaine Louardi

Les risques infectieux émergents, dont la maladie à virus Ebola et l’épidémie du Coronavirus du Syndrome respiratoire aigu au Moyen-Orient (MERS-Cov), constituent une menace globale nécessitant des systèmes de veille et de sécurité sanitaire efficaces,  a prévenu El Houssaine Louardi.

« Ces risques nécessitent l’entame de réformes importantes des systèmes de santé publique afin qu’ils soient plus réactifs et répondant à de multiples fonctions, dont la surveillance épidémiologique et l’étude et le contrôle des risques et menaces pour la santé publique », a-t-il indiqué à l’ouverture de la 9ème Conférence de l’Association Internationale des Instituts Nationaux de Santé Publique (IANPHI), dont les travaux se tiennent du 02 au 04 novembre à Marrakech.

La sécurité sanitaire, une priorité

La déclaration du gouvernement a fait de la veille et de la sécurité sanitaire une priorité, a rappelé M. Louardi, relevant que la réforme du système de santé publique passe nécessairement par la promulgation d’une loi qui permet de définir les règles et principes de base en matière de veille et de sécurité sanitaire, et de définir les rôles et les responsabilités des différents acteurs, ainsi que les instruments institutionnels et organisationnels de santé publique tels qu’un Institut national de santé publique.

« Ces réformes permettront d’harmoniser notre système de santé publique avec les exigences de la transition démographique et épidémiologique, et avec les exigences liées aux nouveaux défis de la sécurité sanitaire, selon une approche globale et intégrée prenant en compte les déterminants socio-économiques et environnementaux de la santé », a-t-il ajouté.

Des progrès importants ont été accomplis, ayant permis au Maroc de contrôler et d’éliminer un nombre important de maladies qui constituaient une menace réelle pour la santé publique, dont le choléra, la typhoïde, la malaria, la lèpre, la schistosomiase et certaines maladies cibles de la vaccination, a souligné M. Louardi.

Cependant, ajoute le ministre, des efforts sont à entreprendre en vue d’agir sur des problèmes de santé persistants ou émergents, dont la tuberculose, le Sida, les méningites, les toxi-infections alimentaires ainsi que certaines maladies chroniques, et de renforcer les capacités du pays en termes de réglementation, de diagnostic, de surveillance et de prise en charge pour consolider ce qui a été acquis et faire face à l’imprévu.

Nouvelles menaces sanitaires

« Les instituts de santé sont appelés à jouer un rôle plus efficace pour aider les autorités à faire face aux nouveaux défis sanitaires et à mettre en place des systèmes de veille contre les nouvelles menaces sanitaires », a relevé pour sa part, le directeur général du bureau régional de la Méditerranée orientale de l’Organisation mondiale de la santé (EMRO), Ala Alwan, qui a, par ailleurs, appelé à renforcer les compétences du personnel du secteur de santé.

Dans ce cadre, il a tenu à rappeler que l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) a pris plusieurs initiatives visant à renforcer les compétences du personnel médical.

Le président de l’IANPHI, Pekka Puska, a fait savoir que l’IANPHI est considérée comme le fer de lance de l’amélioration des systèmes nationaux de santé publique grâce à l’évaluation des capacités par les pairs, au soutien financier et technique aux gouvernements et aux efforts concentrés sur les Instituts Nationaux de Santé Publique (INSP) en plaidoyer, création, collaboration et durabilité.

M. Puska a appelé à un échange d’informations et d’expertises sur les nouvelles menaces sanitaires et à une forte coordination entre les pays pour venir à bout des crises sanitaires successives, qui menacent sérieusement la sécurité sanitaire de la population mondiale.

Organisée par le ministère de la santé et l’IANPHI, cette rencontre permettra de discuter des questions globales de la santé publique qui touchent les pays et réfléchir aux moyens de les résoudre.

Cette rencontre, qui connait la participation d’une centaine de membres de l’IANPHI issus de 80 pays, offre aussi l’occasion de débattre des jalons des réformes de la santé publique, des systèmes de veille et de sécurité sanitaires et de réfléchir collectivement sur les différents outils et instruments nécessaires à leur mise en œuvre.

Lors de ces assises, il est aussi question de réfléchir sur les orientations stratégiques et les actions prioritaires soutenues par le réseau, à même d’aider les gouvernements à conduire les réformes de leur système de santé publique et à renforcer les capacités de riposte et de gestion des crises.

Parmi les thèmes retenus pour cette édition figurent « la réforme des systèmes de santé publique et le rôle des Instituts nationaux de santé publique (INSP) », « INSP sur la ligne de front: Répondant à Ebola 2014 », « Surveillance et prévention des maladies non transmissibles », et « Détection, le confinement et la prévention de la prolifération des épidémies sous RSI: Impact d’une déclaration Urgence de Santé Publique de Portée Internationale (Polio, MERS-Cov, Ebola, entre autres) ».

map

Comments
To Top