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Les Palestiniens se déchirent pour les dix ans de la mort d’Arafat

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arafatannLes divisions palestiniennes ont éclaté au grand jour à l’occasion du 10e anniversaire de la mort de Yasser Arafat. Fatah et Hamas ont échangé accusations et invectives, après une série d’attentats contre des cadres du Fatah à Gaza.


Le président Mahmoud Abbas a lancé la première salve. Tenant le Hamas pour responsables des attaques, il a accusé le mouvement islamiste de « détruire » la réconciliation signée au printemps entre les deux formations rivales. Aussitôt, le Hamas a répliqué: tout cela n’est que « mensonges », « insultes » et « désinformation », alors que « le peuple palestinien a besoin d’un président courageux ».


Après les explosions qui ont visé vendredi les maisons et voitures de cadres du Fatah, le Hamas a annoncé que sa police ne pourrait pas sécuriser les célébrations. Elles ont été annulées. Aucune banderole ni portrait du leader défunt n’était visible. 


Le contraste était saisissant avec Ramallah, capitale de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie. Des milliers de personnes y brandissaient le drapeau jaune du Fatah dans la Mouqataa, où repose Yasser Arafat.


Mettre fin à l’occupation
« L’heure de la liberté et de l’indépendance a sonné », proclamait un poster géant sur l’estrade où Mahmoud Abbas a prononcé son discours. Les Palestiniens, qui ont obtenu en 2012 le statut d’Etat observateur à l’ONU, doivent soumettre en novembre au Conseil de sécurité un calendrier visant la fin de l’occupation israélienne.


Ce texte devrait être bloqué par un veto américain. Aussi, les Palestiniens ont-ils prévu d’autres étapes: l’adhésion à la Cour pénale internationale, qui leur permettrait de poursuivre les dirigeants israéliens pour « crimes de guerre », et la rupture des accords de coopération sécuritaire avec Israël.


« Pourquoi attendre? », a lancé de sa prison israélienne Marwan Barghouthi, figure du Fatah. Il faut « mettre fin immédiatement à la coopération sécuritaire » qui fait des policiers palestiniens des « supplétifs de l’occupant », a-t-il affirmé.


« Poursuivre le choix de la résistance globale et armée », c’est « être fidèle à l’héritage d’Arafat », poursuit-il dans une lettre publiée par la presse. Marwan Barghouthi est présenté comme la principale menace pour M. Abbas s’il pouvait concourir à une présidentielle.

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