Livres

Prix Cervantès 2014 pour Juan Goytisolo, résident à Marrakech

goytisolo

goytisoloL’écrivain espagnol Juan Goytisolo, 83 ans, a remporté lundi le prix Cervantes, considéré comme la plus haute distinction en littérature hispanique, a annoncé le ministre de la Culture espagnol José Ignacio Wert.

Les jurés ont récompensé l’écrivain en notant « sa capacité d’enquêter sur le langage, ses propositions complexes du point de vue du style », « développées dans divers genres littéraires », mais aussi « sa volonté d’intégrer les deux rives » de l’Atlantique et son « pari permanent en faveur du dialogue interculturel ».

Né à Barcelone en 1931, il est l’auteur de nombreux romans, reportages, essais. Son parcours avait démarré en 1954 avec « Jeux de mains ». Son oeuvre avait ensuite été en partie censurée par la dictature franquiste à laquelle il s’opposait.

Juan Goytisolo a raconté avoir découvert l’Espagne après l’âge de 20 ans, en faisant son service militaire notamment, car dans ce pays, avait-il expliqué, lorsque l’on est issu « d’un milieu bourgeois on ignore tous les autres ». Le livre où il raconte cette Espagne-là, « Pour vivre ici », avait également été interdit.

Très critique de la civilisation occidentale, Juan Goytisolo a longtemps vécu entre l’Espagne et la France et il était conseiller littéraire chez Gallimard. Il avait épousé la Française Monique Lange, écrivain comme lui. Il vit à Marrakech depuis une vingtaine d’années, et il est aussi connu pour son étude et sa défense du monde arabe.

Juan Goytisolo, qui a également enseigné la littérature aux Etats-Unis, est l’auteur d’une quinzaine de romans, dont « L’Exilé d’ici et d’ailleurs » (publié en Français en 2010), « Makbara » (2009), « Et quand le rideau tombe », (2005) sont les plus récents.

Il est le frère du poète José Agustín Goytisolo, décédé, et de Luis Goytisolo, romancier comme lui.

Le prix Cervantes est doté d’une récompense de 125.000 euros. En 2013, il avait été attribué à la mexicaine Elena Poniatowska, et un an plus tôt à l’espagnol José Manuel Caballero Bonald. Il est accordé par un jury de 11 membres, dont ses deux anciens détenteurs, des représentants du monde littéraire et universitaire hispanique, des journaux en Espagne et Amérique latine et d’un membre du ministère espagnol de la Culture.

Parmi d’autres illustres détenteurs du prix figurent le Péruvien Mario Vargas Llosa (1994), l’Argentin Ernesto Sábato (1984) ou le Méxicain Octavio Paz (1981).

afp

Comments
To Top