Politique

Propos anti-Marocains: Wilders sera jugé pour incitation à la haine

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geert-wildersLe parquet néerlandais a annoncé que le député néerlandais Geert Wilders serait jugé pour incitation à la haine, pour avoir créé une polémique en déclarant vouloir « moins de Marocains » aux Pays-Bas.

« Les hommes politiques peuvent aller loin dans leurs déclarations, grâce à la liberté d’expression, mais cette liberté s’arrête avec l’interdiction de discriminer », a indiqué le parquet dans un communiqué, soulignant qu’aucune date n’avait encore été décidée pour l’audience.

Geert Wilders est donc accusé d’avoir « insulté un groupe de personnes sur la base de leur race et d’incitation à la discrimination et à la haine », a précisé le parquet.

Lors d’une soirée après les élections municipales de mars, Geert Wilders avait harangué ses partisans, leur demandant s’ils voulaient « plus ou moins de Marocains dans votre ville et aux Pays-Bas ».

« Moins! Moins! Moins! », avaient scandé les partisans, ce à quoi Geert Wilders avait répondu: « Nous allons nous en charger ».

Ces déclarations avaient causé un véritable scandale aux Pays-Bas, provoquant un exode au sein de son parti populiste et une vague de protestation sans précédant : plus de 6.400 plaintes avaient été déposées par des citoyens et des organisations.

Des appels ont également été lancés pour la création d’un « cordon sanitaire » visant à isoler Wilders et son parti sur le plan politique en suspendant toute collaboration avec lui dans les différentes institutions.

« Signal positif »

De même, plusieurs députés de ce parti ont présenté leur démission en protestation contre les déclarations de Wilders, dont le parti a subi par la suite des défaites cuisantes dans les municipales néerlandaises et les élections du parlement européen où il s’attendait à une réelle percée.

Pour Mohammed Rabbae, du Conseil national pour les Marocains, la décision du parquet « est un signal positif à la société » : « cela montre que tout le monde est égal devant la loi », a-t-il déclaré à l’agence de presse néerlandaise ANP.

Connu pour ses formules incendiaires, Geert Wilders a par le passé comparé le Coran au Mein Kampf d’Adolf Hitler et qualifié l’Islam de religion fasciste.

Son Parti pour la liberté (PVV) reste populaire et se retrouve sur la première place du podium dans plusieurs sondages. Le PVV ne dispose pourtant que de douze sièges à la chambre basse du parlement néerlandais, sur les 150 disponibles.

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