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La Palestine présente son projet d’adhésion à la CPI

PAL-CPI

PAL-CPILe représentant palestinien auprès de l’ONU a présenté vendredi aux Nations Unies la lettre officielle de demande d’adhésion de la Palestine à la Cour pénale internationale (CPI).

En cas d’acceptation de l’adhésion de la Palestine à la Cour pénale internationale (CPI), cette instance pourrait permettre la poursuite de dirigeants israéliens.

La demande doit être examinée par le secrétaire général de l’organisation Ban Ki-moon qui doit avertir les Etats-membres de la CPI de la demande palestinienne dans les 60 jours.

«C’est un pas très important», a déclaré le représentant palestinien auprès de l’ONU Riyad Mansour. «Nous cherchons à obtenir justice pour toutes les victimes qui ont été tuées par Israël, la puissance occupante», a-t-il ajouté.

La mission d’observation palestinienne aux Nations Unies a également remis les documents de ratification de 17 autres traités internationaux.

Menace mise à exécution

Exaspéré par le blocage complet de l’entreprise visant à créer un Etat palestinien indépendant coexistant avec Israël, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a mis mercredi à exécution une menace brandie depuis des années en signant la demande d’adhésion à la CPI.

La cour, qui siège à La Haye, a pour mission de poursuivre les auteurs de génocides, crimes contre l’humanité ou crimes de guerre.

Une adhésion à cette cour est censée permettre aux Palestiniens d’engager des actions légales contre des dirigeants israéliens pour leur conduite des différentes guerres comme celle de juillet-août 2014 à Gaza, ou encore pour les agissements en tant qu’occupants.

Une des dernières cartes

La demande d’adhésion à la CPI ressemble à l’une des dernières cartes de Mahmoud Abbas. Après des mois de tensions, elle a été perçue par les responsables israéliens comme une déclaration de guerre diplomatique.

«Nous attendons de la CPI qu’elle rejette la demande hypocrite faite par l’Autorité palestinienne, qui n’est pas un Etat, mais une entité liée à une organisation terroriste, le Hamas, auteur de crimes de guerre», a ainsi indiqué Benjamin Netanyahu, qui a remporté jeudi avec environ 80% des voix l’investiture du Likoud pour conduire une liste très à droite aux législatives anticipées.

Par ailleurs, la direction palestinienne a décidé vendredi soir de présenter une nouvelle fois à l’ONU son projet de résolution prévoyant la fin de l’occupation israélienne qui a été rejeté mardi à New York, a indiqué un porte-parole.

Les Palestiniens entendent demander un nouveau vote du Conseil de sécurité sur ce texte pour parvenir «à la fin de l’occupation et à l’instauration d’un Etat de Palestine dans les frontières de 1967 ayant pour capitale Jérusalem-Est», a affirmé Nabil Abou Roudeina, le porte-parole de la présidence palestinienne.

Il n’a pas donné de date pour cette nouvelle initiative diplomatique mais a assuré que les Palestiniens soumettraient «prochainement» le texte au Conseil de sécurité. Mardi à New York, le projet de résolution présenté par les Palestiniens n’avait recueilli que huit voix sur les quinze membres du Conseil de sécurité alors qu’il en aurait fallu neuf pour être adopté.

Vive réaction

L’escalade diplomatique de Mahmoud Abbas a aussi attiré une très vive réaction des Etat-Unis, principal allié d’Israël mais aussi important bailleur d’aide à l’Autorité palestinienne.

Washington s’oppose depuis toujours aux démarches unilatérales des Palestiniens devant les organisations internationales et défend le principe de négociations directes israélo-palestiniennes pour résoudre le conflit.

Mais la dernière initiative du secrétaire d’Etat John Kerry en juillet 2013 s’est fracassée en avril, après neuf mois de dialogue direct infructueux. Cet échec a provoqué un coup de froid sans précédent entre les Américains et leurs indéfectibles alliés israéliens.

Un convoi diplomatique américain a d’ailleurs essuyé vendredi des jets de pierres, «apparemment» lancées par des colons israéliens, près d’une colonie sauvage de Cisjordanie occupée, selon la police israélienne.

AFP

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