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Essaouira: La Médina retrouve ses lieux et sa mémoire

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essaouirraLa Médina d’Essaouira, inscrite sur le registre du patrimoine de l’humanité par l’UNESCO depuis 2001, vit au rythme de nombreux projets visant à valoriser son patrimoine architectural et religieux.

C’est, en effet, une sorte de lifting général que subit la cité des vents, qui se singularise par cette osmose de la structuration d’inspiration européenne et des principes fondamentaux de l’urbanisme arabo-musulman, avec comme objectifs, selon la délégation provinciale du ministère de la Culture à Essaouira, de combler le vide en matière d’infrastructure culturelle dans la ville, appuyer un tourisme culturel de qualité, améliorer le circuit touristique, promouvoir l’art, l’histoire et le patrimoine culturel local et national, renforcer les capacités locales en matière de sauvegarde du patrimoine et améliorer le cadre bâti de la Médina.

Ainsi, la restauration et la réhabilitation de la synagogue Simon Attias, située au cœur de l’ancienne kasbah, un projet qui a démarré dernièrement, illustre bien les efforts engagés pour consacrer l’image d’Essaouira comme exemple de petit centre de diversité culturelle comme en fait preuve la coexistence, dès sa fondation, de diverses ethnies (arabes, amazighs et africains) et confessions (musulmans, chrétiens et juifs).

Ce projet, d’un coût de 8 MDH et qui vise, entre autres, à créer un centre d’accueil et d’information, selon un document de la délégation provinciale de la Culture, est de nature à restituer à la ville d’Essaouira une pièce majeure du puzzle qui constitue sa mémoire collective, en arrachant de l’oubli ce lieu de culte construit à la fin du XIX-ème siècle par un marchand de la ville nommé Simon Attias.

Restauration et réhabilitation du Borj Belvédère

Un autre monument qui présente un intérêt historique et architectural non négligeable fera également l’objet de restauration et de réhabilitation, à savoir Borj Belvédère (ou Borj Sud), qui se situe dans le prolongement de la Sqala et du port, dans la partie ouest des remparts de la médina.

Construit en même temps que la ville d’Essaouira par le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah en 1760, cet édifice défensif à l’architecture unique, puisqu’il se présente sous forme d’une tour carrée bâtie sur deux niveaux, sera transformé en un centre de documentation et d’information sur le patrimoine culturel de la ville. Ce projet d’un coût de 1,06 MDH, qui a démarré il y a quelques semaines, devra porter, entre autres, sur le traitement des façades et du sol qui souffrent de dégradations très visibles, tandis que les structures horizontales et verticales du borj sont en très bon état de conservation.

Dans la même visée de sauvegarder et promouvoir le patrimoine militaire d’Essaouira, s’inscrit une autre opération de restauration qui touchera la Sqala de la Kasbah, une véritable forteresse de style européen édifiée face à l’océan, exclusivement en pierres taillées. Ce projet, qui nécessite un investissement de 4 MD, intervient à point nommé pour restituer son aura à un des lieux les plus prisés par les visiteurs d’Essaouira, pour sa vue prenante sur l’océan et les remparts et bastions ouest de la Médina, sans oublier ses emblématiques pièces d’artillerie, dont la plupart sont fabriquées à Séville ou à Barcelone entre 1743 et 1782.

La muraille historique de la Médina toute neuve

Un coup de neuf a également été donné à la muraille historique de la Médina et de ses composantes (portes monumentales, bastions, contreforts, chemins de ronde), grâce à un projet de restauration qui arrive à terme.

Il a fallu ainsi quelque deux ans de travaux (2013-2014) et une enveloppe global de 5 MDH pour arriver à bout de cet ouvrage construit à partir du XVIIIème siècle sur ordre du Sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah, sur une superficie globale de l’ordre de 30 hectares et qui est percé à l’origine par cinq portes monumentales, un du côté de la mer (Bab Labhar) et quatre donnant sur le continent (Bab Laâchour, Bab Sebaa, Bab Marrakech et Bab Doukkala).

Dans un souci de préserver l’authenticité de cette muraille historique et assurer sa résistance aux différentes forces d’érosion, différents techniques et matériaux de construction ont été mis en œuvre, à savoir le pisé pour la façade continentale et le pisé recouvert d’un parement de pierres taillées pour la façade maritime.

Dans le même cadre, des travaux complémentaires sont prévus au niveau de certains monuments ayant déjà fait l’objet de projet de réhabilitation. C’est le cas notamment du Bastion Borj Bab Marrakech, un pur chef-d’œuvre de l’architecture militaire qui s’est parfaitement adapté à la mission d’exposition et animation culturelle qu’il assume actuellement, grâce à un projet de restauration qui a démarré en 2010 pour un montant global de 1 MDH.

Ainsi, cet important édifice défensif, construit par le sultan Moulay Abderahman en 1844 (même si certaines sources historiques soutiennent que le bastion existait déjà en 1809) et devenu un espace artistique convivial ouvert aux artistes et créateurs locaux, nationaux et internationaux, sera l’objet cette année de travaux de réfection du sol, des murs d’exposition et du système d’éclairage, d’aménagement d’une salle polyvalente à la terrasse et d’installation de caméra et de sonorisation, ce qui est de nature à conforter la nouvelle mission de ce bastion en tant qu’espace dédié aux spectacles, expositions, ateliers, formations et rencontres artistiques.

Des travaux d’entretien pour le conservatoire de musique

Idem pour le conservatoire de musique, un monument qui abritait la résidence du consul d’Espagne, avant de devenir un haut-lieu de promotion et de valorisation du patrimoine artistique et culturel local suite à des travaux de restauration (600.000 DH).

Incrusté timidement dans une ruelle de la Médina, ce monument, qui a fait parler de lui lors de la dernière édition du Festival des Andalousies Atlantiques, à travers la présentation d’une pièce musicale ancestrale ressuscitée par de jeunes chercheurs de ce conservatoire, a bénéficié également d’une collection d’instruments de musique (de 60.000 dhs) au titre de l’année 2014 et fera l’objet d’une quatrième tranche de travaux d’entretien en 2015.

La médina, le port et l’île de Mogador, rappelle-t-on, ont été inscrits sur la liste du Patrimoine Universel de l’Humanité par l’UNESCO le 14 décembre 2001, eu égard au rôle fondamental joué par Essaouira, depuis sa fondation au XVIIIème siècle et jusqu’au début du XXème siècle, en tant que port international d’échanges commerciaux entre le Maroc et le reste du monde et sa place comme exemple majeur de rencontre pacifique entre le modèle architectural et urbanistique européen et celui propre aux médinas arabo-musulmanes.

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