Politique

Aide humanitaire aux camps de Tindouf: Silence on détourne!

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smara_tindoufL’Office anti-fraude européen (OLAF) vient de rendre public un rapport qui lève un coin du voile sur un des secrets les mieux gardés du Polisario et de l’Algérie.

Une histoire de mafia, de trafiquants et d’un commerce juteux qui visiblement n’a jamais pris fin : le détournement à grande échelle de l’aide humanitaire internationale destinée aux populations des camps de Tindouf dans le sud algérien.

Dans cette affaire, il faut bien comprendre que la question du Sahara et les populations séquestrées dans les camps de Tindouf ne sont qu’un fonds de commerce qui rapporte gros aux dirigeants du Polisario et à leurs acolytes algériens.

Le système élaboré par ces derniers pour tirer profit de la manne humanitaire est digne des criminels de bas étage. Tout commence au port d’Oran en Algérie où l’aide humanitaire internationale est déballée dans un environnement qui échappe au contrôle des donateurs.

Les trafiquants entrent en jeu dès que l’aide humanitaire est à quai. C’est au sein du port d’Oran que s’opère le tri entre « ce qui doit arriver et ce qui peut être détourné ». Les aliments de bonne qualité destinés à être distribués aux populations des camps sont remplacés par leur équivalent de qualité moindre pour être revendus.

L’OLAF estime qu’à ce stade un tiers de l’aide alimentaire est tronqué pour être distribué sur place ou vendu localement. Les deux tiers restants qui prennent la direction de Tindouf n’échappent pas non plus au système de pillage savamment entretenu par les autorités algériennes. Une grande partie de l’aide est vendue sur le trajet pour le compte des dirigeants du Polisario et des généraux algériens.

L’OLAF fait observer à cet égard que le trajet entre Oran et Tindouf qui dure normalement cinq jours prend 15 à 49 jours pour les transporteurs des deux sociétés algériennes qui se partagent les contrats d’acheminement de l’aide humanitaire internationale depuis plusieurs années.

Une fois à Tindouf, l’aide humanitaire est triée encore une fois et répartie entre des entrepôts de stockage officiels et secrets. Les enquêteurs de l’OLAF font état de plusieurs entrepôts clandestins où est stockée l’aide destinée à être vendue et non à être distribuée aux populations des camps.

Du rapport de l’OLAF, l’on apprend aussi que lors des visites de contrôle annoncées des donateurs, ces entrepôts clandestins servent également à accueillir l’aide prélevée dans les réserves officielles qui sont montrées vides afin de pouvoir demander une assistance supplémentaire.

Plus surprenant encore, une partie de l’aide qui arrive aux camps de Tindouf est vendue aux populations des camps au lieu de leur être distribuée gracieusement, souligne l’OLAF qui fait remarquer que la majeure partie de l’aide est transvasée d’emballages marqués de l’identifiant de l’aide internationale vers des sacs anonymes en vue d’être écoulée sur les marchés algériens, mauritaniens et maliens.

L’OLAF pointe aussi du doigt les gains engrangés par les organisateurs des détournements grâce au troc, une pratique très répandue dans les camps de Tindouf et dont ceux qui s’y adonnent sont obligés de remettre un pourcentage de leur business aux hauts responsables du Polisario.

Parmi les autres pratiques frauduleuses constatées, l’OLAF indique que la plupart des infrastructures de Tindouf ont été construites par une main d’œuvre gratuite, à savoir les prisonniers alors qu’elles sont financées par les donateurs internationaux.

Pour l’Office anti-fraude européen, une des principales raisons qui ont rendu ces détournements possibles est la surestimation du nombre de la population de Tindouf et donc des aides fournies. La « distribution de l’aide pose également les pires problèmes en termes de fiabilité » étant donné la faible présence sur le terrain du personnel expatrié en charge du contrôle de l’octroi de l’aide.

Lorsque par exception certains donateurs sont autorisés par les responsables du Polisario et de l’Algérie à assister à la distribution de l’aide dans les camps, les transporteurs repassent plus tard pour récupérer une partie de la marchandise qui sera vendue ensuite, font remarquer les enquêteurs de l’OLAF.

Pour pallier à ces détournements massifs et organisés, l’Office anti-fraude européen a recommandé à la Commission européenne de régler le problème du recensement auquel s’opposent obstinément l’Algérie et le Polisario malgré les appels répétés de l’ONU, de revoir à la baisse la quantité de l’aide à pourvoir et de renforcer les procédures de contrôle.

Le rapport de l’OLAF jette une lumière crue sur le trafic de l’aide humanitaire internationale auquel s’adonnent les dignitaires du Polisario et leurs acolytes algériens, sans toutefois apporter une réponse précise à une question fondamentale: le montant de l’aide détournée depuis plus de 40 ans ?

Une autre question centrale reste également sans réponse. A quoi servent les millions d’euros amassés des détournements ? A gonfler les comptes offshores des dirigeants du Polisario et de leurs complices algériens où à alimenter le terrorisme et l’instabilité qui planent sur la région ?

MAP / Mohammed Hamiddouche

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