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Limogeage du Pr. Chraibi: le ministère de la santé s’explique

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le-professeur-chafik-chraibi-figure-de-proue-de-la-lutte-contre-l-avortement-clandestin-au-maroc-lors-d-un-congres-a-rabat-le-12-juin-2012La décision de démettre de ses fonctions le Pr. Chraibi est liée aux « violations » ayant accompagné la réalisation d’un reportage télévisé dans son service, rapporte le ministère de la santé

La décision de démettre le Pr. Chafik Bouhali Chraïbi de ses fonctions à la tête du service de la Maternité des Orangers du CHU de Rabat, est liée aux « violations » ayant accompagné la réalisation au sein de son service d’une émission télévisée diffusée par une chaîne française, a indiqué le ministère de la Santé.

Les informations relayées dernièrement par certains médias, selon lesquelles la sanction contre Pr. Chraibi est une réaction du ministère aux positions exprimées dans le reportage par le médecin qui a soutenu l’idée de réaliser des avortements volontaires dans les établissements sanitaires, sont dénuées de tout fondement, souligne le département dans un communiqué transmis mercredi à la MAP.

L’avis du Pr. Chraibi en faveur d’une pratique de l’avortement volontaire au sein des établissements de santé est une idée à débattre et que partagent nombre de personnes concernées par la question, souligne le communiqué, précisant que le ministère n’a pas pris en considération les propos exprimés par le Pr. Chraibi dans le reportage pour prendre la décision de le démettre de ses fonctions.

La même source rappelle qu’en 2012, le ministre de la Santé a été l’invité d’une émission d’une radio marocaine privée consacrée au phénomène de l’avortement clandestin, et avait défendu au cours du débat la possibilité de recourir à une interruption volontaire de grossesse dans des cas spécifiques tel celui d’une femme atteinte d’une maladie mentale, la grossesse résultant d’un inceste ou celle accompagnée cas de malformations congénitales majeures.

La décision a été prise dans le respect de la procédure de nomination et du retrait de nomination des médecins chercheurs et chefs de services, conformément à l’article 15 du décret N 2-98-548 portant statut particulier du corps des enseignants chercheurs en médecine, pharmacie et médecine dentaire, ajoute le communiqué, précisant que conformément à ce texte règlementaire, le dossier du Pr. Chraibi a été soumis à la commission scientifique de la faculté de médecine de Rabat qui comprend des enseignants chercheurs élus et présidée par le doyen de la faculté de médecine et de pharmacie relevant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Dans son rapport, la commission a jugé que le Pr. Chraibi a commis des violations ayant affecté le bon déroulement du service de Maternité concernant les conditions de tournage du reportage, souligne le communiqué, notant que sur la base de cet avis, le ministère de tutelle a reçu une proposition de la commission scientifique relative au retrait des fonctions du Pr. Chraibi sur la base des violations constatées et tous les rapports des commissions de recherche annexés au dossier confirment la responsabilité de l’intéressé.

Ces violations, poursuit-on, concernent entre autres l’accès, encadré par le Pr. Chraibi, de l’équipe de télévision française au service de la Maternité sans respecter le mode de fonctionnement des services hospitaliers, en violation de certains principes éthiques de la médecine, et sans que les parties concernées ne demandent l’autorisation ni de la direction de la Maternité ni du CHU Ibn Sina.

Au cours du tournage, ajoute la même source, des médecins et des infirmiers ont été filmés au cours de leur travail sans leur accord et des pensionnaires de l’établissement ont été montrées à visage découvert sans leur consentement écrit. Le communiqué rappelle, en outre, que le congrès de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC) de juin 2012 a été organisé sous l’égide du ministère de la Santé qui a également accordé à l’association un soutien financier pour contribuer au lancement d’une campagne de sensibilisation sur les risques de l’avortement clandestin.

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