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L’Egypte bombarde l’EI en Libye pour venger les chrétiens décapités

EGUBOM

EGUBOMLes avions de combat égyptiens ont bombardé lundi des positions de l’Etat islamique (EI) en Libye quelques heures après la revendication par cette organisation jihadiste de la décapitation de 21 chrétiens coptes égyptiens.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait convoqué d’urgence dimanche soir le Conseil national de défense et juré de punir les « assassins » de la manière « adéquate ». La décision de frapper a été prise en quelques heures.

« Nos forces armées ont mené lundi des frappes aériennes ciblées contre des camps et des lieux de rassemblement ou des dépôts d’armes de Daech en Libye », (l’acronyme en arabe de l’EI), lit-on dans un communiqué de l’armée.

L’armée a rendu publiques des images montrant des avions de combats –manifestement des F-16 de fabrication américaine– décollant en pleine nuit, en direction de la Libye selon les militaires. Des témoins ont assuré à l’AFP en Libye que des avions avaient frappé à Derna, fief des jihadistes. Il n’était pas possible de savoir si les forces égyptiennes avaient frappé ailleurs.

Avec ces exécutions revendiquées dimanche soir par sa branche libyenne, l’organisation jihadiste démontre qu’elle a exporté ses méthodes d’extrême brutalité en dehors des régions qu’elle contrôle en Syrie et en Irak où elle multiplie les atrocités.

– Deuil national –

Le Caire a annoncé un deuil national de sept jours.

Sur la vidéo diffusée sur internet, des hommes portant des combinaisons oranges, semblables à celles d’autres otages exécutés ces derniers mois en Syrie, sont alignés sur une plage les mains menottées dans le dos, avant que leurs bourreaux ne les décapitent au couteau

Derna, une place forte historique des islamistes radicaux, est située à 1.300 km à l’est de Tripoli, entre Benghazi et la frontière égyptienne.

En janvier, la branche libyenne de l’EI avait affirmé avoir kidnappé 21 coptes égyptiens et Le Caire avait confirmé que 20 de ses ressortissants avaient été enlevés en Libye voisine.

L’Eglise copte s’est dite « confiante » au Caire que le gouvernement ne laisserait pas s’échapper les auteurs de « ce crime abominable. » Al-Azhar, l’une des plus prestigieuses institutions théologiques de l’islam sunnite a qualifié ces exécutions de « barbares. »

Et tandis que Washington a condamné un « meurtre abject », estimant que « la barbarie de l’EI n’a pas de limites », le président français François Hollande, dont le gouvernement doit signer lundi la vente d’avions de combat Rafale avec l’Egypte, a « exprimé sa préoccupation face à l’extension des opérations » du groupe jihadiste en Libye.

L’Egypte doit en même temps « assurer la sécurité du canal de Suez » et combattre l’EI sur son territoire « dans le Sinaï », et « il y a dans le chaos libyen des risques de jonction entre ce qu’est Daech au Levant et Daech en Libye », a commenté le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, avant de s’envoler pour Le Caire.

-‘Nous sommes au sud de Rome’-

« Aujourd’hui preuve est faite qu’il y a des centres d’entraînement et des actions spécifiques de Daech en Libye. La Libye, c’est de l’autre côté de la Méditerranée, c’est très proche de nous, d’où la nécessité d’être très vigilant et d’être allié avec les pays de la coalition, comme l’est l’Égypte », a conclu le ministre.

« Aujourd’hui, nous sommes au sud de Rome, sur la terre musulmane de la Libye (…) cette mer dans laquelle vous avez caché le corps du cheikh Oussama ben Laden, nous jurons devant Allah que nous allons la mêler à votre sang », assène le jihadistye habillé en treillis militaire.

La dernière vidéo d’exécution diffusée par l’EI remontait au 3 février, lorsque le groupe avait montré un pilote jordanien brûlé vif dans une cage. Il avait été capturé en Syrie en décembre après le crash de son avion alors qu’il effectuait une mission dans le cadre de la coalition internationale antijihadistes menée par Washington.

Accusée de nettoyage ethnique et crimes contre l’Humanité, l’EI a reçu l’allégeance de plusieurs groupes jihadistes, notamment en Libye et en Algérie, exportant ses méthodes brutales et ses pratiques médiatiques.

Le premier groupe jihadiste d’Egypte, Ansar Beït al-Maqdess, s’est rallié à l’EI et revendique régulièrement des attentats spectaculaires contre les forces de l’ordre, publiant des vidéos-chocs tournées durant ces attaques ou filmant des décapitations.

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 de Mouammar Kadhafi, les autorités ne parvenant pas à contrôler les dizaines de milices formées d’ex-insurgés qui font la loi face à une armée et une police régulières affaiblies.

AFP

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