Politique

Journalistes français expulsés: plus de censure politique au Maroc

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khalfiLe ministre marocain de la Communication a affirmé mercredi que la censure pour des raisons politiques n’existe plus au Maroc, en réponse aux critiques nées de la récente arrestation et de l’expulsion de deux journalistes français en tournage dans le royaume.

Jean-Louis Perez et Pierre Chautard, de la société de production Premières Lignes, qui réalisaient un documentaire économique pour France 3, ont été arrêtés dimanche à Rabat dans les locaux de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), où ils effectuaient une interview. Ils ont été expulsés le lendemain vers la France, Reporters sans Frontières (RSF) dénonçant une censure odieuse.

La censure pour des raisons politiques n’existe plus au Maroc, a rétorqué mercredi à l’AFP le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Mustapha Khalfi.

Il faut respecter la souveraineté du pays en respectant ses lois, a-t-il ajouté, en marge d’une conférence de presse sur la liberté de la presse en 2014 dans le royaume.

Pour justifier l’intervention de dimanche, les autorités ont fait valoir que les deux journalistes français ne disposaient pas d’autorisation et qu’ils n’avait pas effectué de demande.

Les responsables de Premières Lignes affirment au contraire que de telles demandes ont été faites bien en amont, mais qu’elles n’ont donné lieu à aucune réponse.

M. Khalfi a fait valoir que le Maroc avait octroyé en 2014 près de 1.300 autorisations de tournage, dont une moitié pour des requêtes étrangères. Aucune n’a été refusée et seule la distribution de 30 parutions étrangères a été bloquée du fait de caricatures du prophète ou de photos à caractère pornographique, a-t-il ajouté.

RSF a demandé la restitution immédiate du matériel des deux journalistes, saisi par les autorités marocaines.

Cet incident est intervenu au lendemain d’une visite du ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, après une année de brouille diplomatique entre les deux pays et la suspension de la coopération judiciaire, qui n’a été rétablie que fin janvier.

Le 23 janvier, les autorités marocaines étaient intervenues à Rabat pour empêcher le tournage d’une émission de la chaîne arabophone de France 24, évoquant là aussi l’absence d’autorisation.

afp

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