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La situation des femmes marocaines, 20 ans après Beijing

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femmes-marocDes ONGs marocaines ont rendu public, mercredi à Rabat, leur rapport sur la mise en œuvre de la Déclaration et du programme d’action Beijing

Le rapport dresse l’état des lieux et propose des recommandations concernant la situation des femmes au Maroc, 20 ans après la quatrième conférence mondiale sur les femmes Beijing-1995.

Coordonné par l’Association démocratique des femmes du Maroc avec l’appui de l’Union Européenne, ce rapport présente les principales préoccupations et recommandations relatives à la situation des droits des femmes.

Le Maroc, qui a ratifié la plupart des instruments généraux et internationaux visant à instaurer et à promouvoir le principe de l’égalité hommes-femmes, notamment le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, est engagé politiquement et moralement dans le processus de la concrétisation des droits des femmes, note le rapport.

Mettant en avant les réformes législatives engagées pour améliorer la situation des femmes, le rapport fait état de « la persistance de discriminations basées sur le genre dans tous les domaines entravant l’instauration d’une égalité effective entre les femmes et les hommes ».

Selon le rapport, les lois régissant le domaine de la presse et de l’audiovisuel devraient inscrire l’égalité femmes-hommes parmi leurs principes structurants afin qu’elle s’applique à l’ensemble des métiers de ce secteur. Les médias sont en effet appelés à lutter contre les images stéréotypées des femmes et l’inégalité de l’accès et de la participation à tous les systèmes de communication.

Par ailleurs, les ONGs mettent en avant l’insuffisance des mécanismes de promotion de la situation de la femme, préconisant la mise en place d’un mécanisme national chargé de la coordination des politiques nationales qui aura pour tâche essentielle d’appuyer l’intégration de la problématique hommes-femmes dans tous les secteurs et toutes les entités de l’Etat.

Le rapport s’intéresse également à la question de la représentation des femmes dans les instances dirigeantes des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, soulignant que, selon les résultats de l’enquête emploi réalisée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) en 2012, les femmes restent sous représentées (24,2 pc) dans les fonctions de responsabilité notamment en tant que membres des corps législatif, responsables hiérarchiques de la fonction publique, directeurs et cadres dirigeants des entreprises.

Il recommande, dans ce sens, la mise en œuvre des mesures de discrimination positive conformément aux dispositions constitutionnelles afin de réduire les disparités vécues en terme d’accès aux postes de responsabilités dans la fonction publique. Pour lutter contre toutes les formes de violence à l’égard des femme, le rapport prône la mise en œuvre du Plan gouvernemental ainsi que l’opérationnalisation réelle et coordonnée des stratégies des différents départements ministériels avec l’implication de l’ensemble des acteurs concernés à tous les niveaux territoriaux.

En dépit des avancées enregistrées en matière de lutte contre l’analphabétisme, les femmes demeurent les plus touchées par ce fléau avec un taux de 47,6 pc en 2012 contre 25,3 pc pour les hommes, note le rapport qui appelle à la mise en œuvre de la loi sur l’obligation de la scolarisation à travers une stratégie d’application à court terme.

Les associations soulignent aussi le problème de travail des petites filles domestiques et les mariages précoces, prônant d’une part la révision du code de la famille et son harmonisation avec la nouvelle constitution et d’autre part l’abrogation des dispositions juridiques autorisant le mariage des mineurs.

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