Santé

Ebola: le Maroc « est sans doute mieux préparé »

ebola-les-etats-africains-ferment-leurs-frontieres-un-a-un
ebola-les-etats-africains-ferment-leurs-frontieres-un-a-unLe Maroc « est sans doute mieux préparé » pour faire face à une éventuelle importation de cas d’Ebola, a affirmé un responsable de l’Organisation mondiale de la santé

Le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Maroc, Yves Souteyrand, a affirmé, lundi à Rabat, que « le Maroc est sans doute mieux préparé que la plupart des autres pays de la région de la Méditerranée orientale pour faire face à une éventuelle importation de cas d’Ebola » sur son sol.

Dans son intervention à l’ouverture d’un atelier régional sur le « Renforcement des capacités pour la surveillance, la prévention et la lutte contre les épidémies: cas de l’Ebola », (du 2 au 5 mars), M. Souteyrand a fait savoir qu’une équipe d’experts internationaux a constaté l’importance des efforts du Royaume dans tous les domaines couverts par la réponse, y compris la surveillance et le suivi des contacts, la prise en charge, la coordination sectorielle, le laboratoire et le contrôle aux points d’entrée, rappelant que la Directrice générale avait publiquement félicité le royaume pour sa politique de transport aérien puisqu’il a été « le seul pays à poursuivre des relations aériennes quotidiennes avec les pays les plus touchés.

Cette politique, conformément aux recommandations de l’OMS, répond à l’impérieuse nécessité de solidarité avec des pays dont le développement est précarisé par l’épidémie, a-t-il ajouté lors de cet atelier organisé par le ministère de la Santé en collaboration avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et l’OMS, relevant que l’épidémie a démontré la défaillance des systèmes de santé et de surveillance qui laissait les pays dans l’incapacité de faire face à de telles menaces de santé publique et l’existence des failles dans l’application du Règlement sanitaire international, qui engage tous les Etats membres de l’OMS.

M. Souteyrand a souligné que la crise épidémique a démontré, grâce aux exemples du Nigeria, du Mali et du Sénégal, qu’il est possible de lutter contre l’Ebola, à travers une réponse immédiate en termes de prise en charge et d’isolement des cas respectant les standards internationaux, et surtout en termes de suivi très minutieux et organisé des contacts directs entre les personnes atteintes.

« Le monde sera confronté à d’autres agents infectieux aussi dangereux qu’Ebola », a-t-il averti, relevant que « les échanges mondiaux, la rapidité des transports, l’urbanisation croissante et les facteurs environnementaux, constituent des facteurs potentiels d’émergence et d’accélération de la propagation d’agents pathogènes ».

De son côté, l’ambassadeur du Japon au Maroc, Tsuneo Kurokawa a salué la décision « humanitaire et stratégique » du Maroc de maintenir les vols réguliers à destination des pays touchés par Ebola, ajoutant que cet engagement s’inscrit dans le cadre de la coopération liant le Royaume aux pays africains.

Il a affirmé que «  »étant donné les liens historiques, culturels et linguistiques avec les pays africains francophones, le Maroc constitue un partenaire privilégié dans le cadre d’une coopération tripartite ».

Le secrétaire général du ministère de la Santé, Abdelali Alaoui Belghiti a pour sa part appelé à œuvrer sur les faiblesses des systèmes de santé qui ont permis à la maladie de progresser et à valoriser les points forts de ces systèmes qui ont limité la propagation rapide de cette épidémie.

Il a affirmé que les principes de base et les pratiques de santé publique et de gestion, des urgences demeurent la meilleure défense contre des maladies comme celle à virus Ebola.

M. Alaoui Belghiti a affirmé que des mesures, notamment la préparation à la réponse, la surveillance efficace et réactive, la recherche des contacts, les procédures d’isolement, d’hygiène et d’assainissement et le contrôle de l’infection, ont permis de lutter contre les pandémies mondiales dans le passé et peuvent à nouveau être utilisées à condition d’agir rapidement et ensemble.

Cet atelier de formation est destiné aux participants de 13 pays d’Afrique, notamment le Bénin, Burkina Faso, Burundi, la Tunisie et le Maroc.

L’épidémie de la maladie à virus Ebola, qui sévit actuellement en Afrique de l’Ouest, a fait plus de 9.600 morts selon les chiffres de l’OMS.

Comments
To Top