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Tunisie: un animateur et un humoriste vedettes arrêtés pour offense au président

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moezbengharbiTunis – L’animateur vedette de télévision Moez Ben Gharbia et l’humoriste Wassim Lahrissi ont été arrêtés vendredi pour offense au président tunisien Béji Caïd Essebsi et seront jugés le 25 mars, a indiqué le parquet à l’AFP.

Il s’agit des premières arrestations du genre depuis l’élection en décembre 2014 de M. Caïd Essebsi. Le parquet a décidé de les placer en détention, a dit le porte-parole du parquet, Sofiène Sliti.

Selon lui, les deux hommes ont été arrêtés pour avoir commis une offense au chef de l’Etat, une escroquerie et s’être indûment attribués des titres. 

On n’entre pas dans les détails de l’affaire car c’est ce qu’exige le bon déroulement de l’enquête, a-t-il dit, en ne précisant pas si les délits dont sont accusés les deux hommes ont été commis dans le cadre de leurs activités médiatiques.

Ils resteront en détention jusqu’au début de leur procès le 25 mars, a ajouté M. Sliti.

Selon la radio Mosaïque FM, qui emploie Wassim Lahrissi –surnommé Migalo– comme imitateur et humoriste, ce dernier se serait fait passer pour le chef de l’Etat lors d’un entretien téléphonique avec un homme d’affaires tunisien.

Cet homme d’affaires aurait précédemment demandé à M. Ben Gharbia d’intercéder en sa faveur auprès du président Caïd Essebsi.

Contactés par l’AFP, les responsables de la radio n’ont pas souhaité dans l’immédiat commenter cette affaire.

M. Ben Gharbia était un présentateur star de l’une des principales télévision privées du pays, Ettounsiya. Il a depuis quitté cette chaîne et prépare le lancement de la sienne.

L’offense au chef de l’Etat est passible de trois ans de prison (article 67 du code pénal), l’usurpation de titres de deux ans (article 159) et l’escroquerie de cinq ans (article 291).

La présidence tunisienne n’a pas réagi dans l’immédiat à l’arrestation des deux hommes.

Béji Caïd Essebsi, 88 ans, a été élu en décembre à la présidence. Ce vétéran de la scène politique tunisienne avait notamment servi comme ministre de l’Intérieur du père de l’indépendance tunisienne, Habib Bourguiba, et brièvement comme président du parlement sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali, renversé par la révolution de janvier 2011.

Il s’est toujours engagé à respecter la liberté d’expression acquise depuis le soulèvement. 

afp

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