Politique

Forum Crans Montana: Quand l’Algérie se tire une balle dans le pied

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montadakhlaRabat – Le débat byzantin autour du nombre et de la qualité des participants au Forum de Crans Montana n’est qu’un écran de fumée qui cache mal la frustration d’une Algérie résignée à voir défiler à Dakhla le gotha de la société civile internationale, après avoir remué ciel et terre afin de faire échec à cet événement.

A coups de calomnie, de mensonges et d’attaques odieuses, l’Algérie, qui a subi une cuisante défaite au plan diplomatique, a mobilisé ses relais de propagande médiatique pour attenter à la dignité et à l’honneur des éminentes personnalités qui se sont rendues dans le sud du Royaume, dans le noble objectif de débattre, entre autres, des moyens d’aider le continent africain à se prendre en charge.

Quelques heures après l’ouverture, vendredi, en grandes pompes du Forum, ce qui a manifestement plongé dans le chagrin les gouvernants d’Alger, l’agence officielle APS va transgresser toutes les règles déontologiques pour attribuer au chef de la diplomatie espagnole José Manuel Garcia-Mallargo des propos imaginaires sur l’illégalité du conclave de Dakhla. Sauf que tout le monde n’a pas la mémoire courte pour s’apercevoir aussitôt que les citations reprises entre guillemets sont, en fait, des passages d’un précédent communiqué de l’Union africaine.

Faut-il rappeler que l’APS n’est pas à son premier impair du genre. En avril 2014, elle avait déformé des déclarations du secrétaire d’Etat américain John Kerry, en visite à Alger, en vue de légitimer le processus de réélection du président Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat. Et en dépit d’une mise au point américaine, l’agence a persisté dans le tort

Après avoir constaté que le succès éclatant du Forum ne peut souffrir le moindre doute, la diplomatie algérienne a cru trouver la parade en se lançant dans des calculs d’épicier. “Près d’une soixantaine de pays ont ainsi décidé de ne pas prendre part aux travaux de cette réunion en signe de protestation contre son déroulement dans une ville sahraouie occupée”, a soufflé samedi une source diplomatique à la même APS.

Même sur ce terrain, l’Algérie a essuyé un sérieux revers, puisque les organisateurs du Forum Crans Montana ont confirmé la participation de représentants de haut niveau venus de 112 Etats, en plus d’une vingtaine d’organisations régionales et internationales. Au décompte final, les présents sont le double du chiffre avancé par la “source diplomatique”, dont l’authenticité des statistiques est, pour le moins, sujette à caution.

Là aussi, il convient de rappeler que toute la machine diplomatique algérienne a été mise en branle afin de saboter le rendez-vous de Dakhla. “L’Algérie mobilise sa diplomatie pour faire échec à la manifestation et afin d’ôter la portée symbolique de la tenue de cet événement”, avait rapporté un média algérien, généralement bien informé.

La même source avait révélé que Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères, “a demandé aux représentations diplomatiques algériennes dans les différents pays participants de se mobiliser aux fins de dissuader ces Etats de participer au Forum de Crans Montana de Dakhla”.

Sur les plateaux de télévision algériens, des pseudos chercheurs et politologues ont été appelés à la rescousse pour ressasser la même rengaine, comme quoi la réunion de Dakhla s’est soldée par un échec retentissant. En ce moment-là, les populations du Sud algérien, excédées par le mépris de leurs revendications, étaient dans les rues pour protester contre l’exploitation du gaz de schiste.

Dans leurs convulsions, des orateurs zélés ne se privent jamais de mâcher les mêmes stéréotypes et les mêmes accusations contre le Maroc. Ainsi, le Royaume est présenté comme la source de tous les maux économiques et sociaux de l’Algérie, comme un pays oppresseur et comme un facteur de déstabilisation dans la région. De quoi révulser les scrutateurs les plus neutres.

Cerise sur le gâteau, un média lié organiquement aux services secrets algériens (DRS) affirme, sans vergogne, que le Forum de Crans Montana n’est qu’un “grand flop”. Heureusement que le ridicule ne tue plus. Les 600 invités étrangers, toutes des personnalités de marque, n’ont pas été captés par les radars de ce média, qui avait juré que l’édition de Dakhla allait être purement et simplement annulée, grâce au lobbying de l’Algérie et à son aura dans le monde, principalement en Afrique où elle est la plus écoutée.

En étant l’unique pays de la planète Terre à contester la tenue d’un événement destiné essentiellement aux élites mondiales de divers horizons, l’Algérie prouve, à qui veut l’entendre, qu’elle est partie prenante du conflit du Sahara, alors qu’elle prétend, depuis quatre décennies, qu’elle ne fait que soutenir le sacro-saint principe d’autodétermination des peuples.

L’Algérie, qui dit respecter le processus chapeauté par l’ONU, trahit, à chaque fois, sa présumée neutralité en adoptant des attitudes hautement hostiles au Maroc. Une animosité difficilement compréhensible et pathétique, d’autant qu’elle rend impossible toute solution à la question du Sahara, puisque le polisario, qui vit sous la coupe des dirigeants algériens, ne peut que s’aligner sur ces positions, aussi abstraites soient-elles

Jamal CHIBLI

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