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Accident de montagne au Maroc: Rabat et Madrid accusés d’obstruction et inaction

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sp2Des compagnons des deux Espagnols morts dans un accident de montagne au Maroc et des secouristes ont dénoncé jeudi à Grenade (sud de l’Espagne) l’obstruction des autorités marocaines et l’inaction de Madrid ayant empêché qu’elles soient secourues rapidement, selon eux.

C’est un assassinat. Un assassinat commis par les autorités marocaines et consenti par le gouvernement d’Espagne, a déclaré à la presse Jose Morilla, membre de l’expédition, tandis que Juan Bolivar, un autre randonneur, évoquait sa rage lors d’une conférence de presse à Grenade (Andalousie, sud) d’où étaient originaires les deux victimes.

Des mesures judiciaires seront entreprises, a ajouté M. Morilla après avoir accusé les autorités marocaines d’avoir refusé des renforts espagnols et Madrid de ne pas être intervenu pour plaider la cause de ses secours.

M. Morilla s’exprimait lors d’un conférence de presse où le randonneur resté avec ses deux camarades accidentés, dont l’un n’est décédé que six ou sept jours jours après l’accident, a décrit celui-ci, dans le Haut Atlas, puis l’attente et les dernières heures de son compagnon.

Le sauvetage des trois spéléologues espagnols, partis au Maroc avec six autres randonneurs dont ils s’étaient séparés quelques heures avant l’accident le 29 mars dans un ravin du Haut Atlas, fait l’objet d’une polémique depuis l’annonce dimanche de la mort de la deuxième victime.

Je lui donnais à manger et à boire, on parlait de son fils, et ce jusqu’au samedi 4 avril au petit matin, a raconté le survivant Juan Bolivar, un policier de 27 ans, en précisant que son téléphone portable s’était rapidement déchargé.

Pendant ce temps leurs compagnons avaient donné l’alerte sur leur disparition et tentaient de les retrouver. Ils se sont vus reprocher par le consulat espagnol d’être restés sans guide, ni GPS, ni balise, a raconté M. Morilla, en assurant qu’ils étaient très expérimentés. Les randonneurs les ont finalement localisés vendredi soir et transmis leurs coordonnées.

Samedi deux personnes avec des cordes m’ont fait des gestes et me laissaient entendre que tout allait bien. J’ai dit (à Jose Antonio) tiens bon encore cinq minutes, on y est, on rentre à la maison, a raconté Juan Bolivar, la voix entrecoupée de sanglots.

Un membre de la gendarmerie marocaine est alors parvenu jusqu’au blessé. Selon les spéléologues, il n’était aidé que par un deuxième gendarme et sous-équipé.

Les deux gendarmes n’ont pas réussi à extirper le blessé placé sur un brancard et qu’ils ont du tirer à l’aide d’une corde sur 300 mètres de dénivelé. Epuisés, ils ont fini par le laisser dans une rivière où il a passé une septième nuit avant de mourir. La garde civile espagnole n’a été autorisée à intervenir que dimanche, et n’a pu que récupérer deux corps sans vie.

Il y a trois niveaux de responsabilité, à mettre en cause a de son côté assuré Juan de Dios Perez, coordinateur du club de spéléologie auquel appartenaient les randonneurs. Le premier est celui des deux gendarmes, mais il est mineur car ils ont tenté de secourir Martinez et ont travaillé jusqu’à l’épuisement. Le deuxième est à rechercher au niveau du commandement des gendarmes, qui n’a consacré que deux hommes à cette tâche et le troisième au niveau du gouvernement marocain qui n’a pas accepté l’aide qualifiée proposée par l’Espagne.

Jeudi soir, ni Madrid ni Rabat n’avaient réagi à ces nouvelles accusations.

Lundi le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy avait remercié le Maroc pour son grand effort en vue du sauvetage des trois spéléologues.

avec afp

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