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Maroc: au moins 33 morts, dont de jeunes sportifs, dans un accident d’autocar

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autocaraccidentTrente-trois personnes, dont de nombreux enfants de retour d’un séjour sportif, sont mortes vendredi matin lorsqu’un bus est entré en collision avec un camion avant de prendre feu, un drame qui témoigne du fléau de l’insécurité routière au Maroc.

L’accident, un des pires du genre dans l’histoire du royaume, s’est produit en début de matinée au niveau de la commune de Chbika, à près de 1.000 km au sud-ouest de la capitale Rabat.

« Trente-trois personnes ont trouvé la mort dans l’accident survenu vendredi matin dans la province de Tan-Tan, suite à la collision frontale entre un autocar et un camion semi-remorque », ont indiqué les autorités locales dans un dernier bilan provisoire.

« Deux blessés graves parmi les neuf évacués vers le centre hospitalier provincial ont succombé à leurs blessures », ont précisé les mêmes sources, citées par l’agence MAP.

Les raisons ayant conduit à cette collision n’étaient pas connues dans l’immédiat.

Une majorité des victimes sont des enfants âgés de 8 à 14 ans, a affirmé à un correspondant de l’AFP un responsable régional du ministère de la Jeunesse et des sports.

D’après plusieurs médias, le bus, appartenant à la compagnie CTM –l’une des principales du pays– transportait notamment de jeunes athlètes et leurs accompagnateurs, de retour d’une compétition sportive qui s’est déroulée entre Rabat et Casablanca, en cette période de vacances scolaires. Selon le site Medias 24, il s’agissait des « Jeux nationaux des écoles de sport ».

Les premières images diffusées témoignent de la violence du choc et montrent l’autocar en flammes, en grande partie calciné. Plusieurs victimes dormaient au moment du drame, d’après des témoins.

– ‘Toute l’équipe est perdue’ –

« C’est un accident terrible, le bilan est énorme. Pendant la collision, le feu s’est déclaré dans l’autocar mais aussi dans la remorque du camion, ce qui a aggravé le bilan (…). Un ancien champion est parmi les victimes, un responsable (du ministère) de la Jeunesse et des Sports, des enfants qui participaient à des jeux scolaires… Toute l’équipe est perdue », a réagi sur la chaîne publique 2M un acteur associatif, El Hassan Mouline, présent sur les lieux.

Selon Medi1TV, un difficile travail d’identification des cadavres est en cours. Quatre ou cinq enfants ont survécu mais souffrent de « brûlures au troisième degré », a affirmé le correspondant de la chaîne. Des parents se sont précipités à l’hôpital de Guelmim pour demander les noms des victimes.

Une délégation officielle comprenant le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad devait se rendre sur place dans l’après-midi, d’après les médias.

Dans un communiqué diffusé par la MAP, le roi Mohammed VI a adressé des messages de condoléances aux familles et annoncé qu’il prendrait « en charge personnellement les frais de transfert des dépouilles et leurs inhumations, ainsi que les soins des blessés ».

Près de 4.000 personnes décèdent chaque année sur les routes marocaines, soit en moyenne de 11 décès quotidiens, dans un pays de 34 millions d’habitants.

Les autorités ont mis en œuvre diverses mesures pour tenter de combattre ce fléau, en particulier dans le sillage du pire accident de bus vécu par le royaume en septembre 2012 (42 morts). Un autocar, qui empruntait le plus haut col du pays reliant Marrakech à Ouarzazate (sud), avait terminé sa course dans un ravin.

Dès octobre 2010, un nouveau code de la route plus coercitif a été instauré. L’an dernier, un renforcement des contrôles et un programme spécial d’aménagements des infrastructures sur la période 2014-2017 –pour un montant de 250 millions d’euros– ont également été annoncés.

Le gouvernement a fait valoir à plusieurs reprises que la grande majorité des accidents était due à un facteur humain.

D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’insécurité routière au Maroc représente un « coût socio-économique » d’un milliard d’euros par an, soit près de 2% du PIB national.

afp

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