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Majida El Roumi à Mawazine : Deux spectacles inédits en une soirée presque interminable

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majdaPoignante et sublime, la soprano libanaise Majida El Roumi à gratifié son public de Mawazine par deux spectacles forts en émotions en une soirée presque interminable, une première dans sa longue carrière de chanteuse.

“Il m’est arrivé de faire quatre spectacles en une semaine, mais deux spectacles en une soirée, ç’est la première fois”, a confié la chanteuse à son public. “C’est la meilleure soirée de ma vie”, a-t-elle lancé à un public épris d’art pur.

Ainsi, pour sa 14ème édition, le festival Mawazine-Rythmes du Monde a de nouveau frappé un grand coup en réaménageant, dimanche au Théâtre Mohammed V à Rabat, avec l’icône de la chanson arabe, deux concerts pour répondre à la demande pressante du public.

Accompagnée du grand chef d’orchestre libanais Elie Al Alya, la diva libanaise touche au sublime. Que ce soit la musique, les textes ou la voix, Majida El Roumi domine par sa présence impériale et rend parfaitement hommage à l’élégance raffinée de la femme arabe.

Avec une voix d’une pureté hallucinante, un piano aérien, un saxophone ténor, une accordéon toute en atmosphères et une batterie délicieusement caressée, le Maestro Elie Al Alya et ses musiciens propulsent sur un petit nuage en un instant magique, juste avant la montée sur scène de la diva incontestée de la chanson orientale, qui arrive subrepticement.

Elle est déjà très belle mais en Caftan marocain, Majida El Roumi a encerclée la scène comme un collier de jasmin. Dès qu’il chante, une sorte de miracle se produit au point qu’on se laisse transporter dans l’univers étrange, rustique, déjanté et authentique de cette femme qui tout sauf ressemblante à Madame tout le monde.

Avec l’intelligence de chaque mot et de chaque note, elle enchaine trois airs inoubliables, “Ebalny Hayk”, “Ya Saken Afkari”, “Eaatazalt El Gharam”. Des leçons d’amour d’une magicienne des mots, d’une prêtresse des temps modernes dont la voix et les gestes vous bouleverse. Bref d’une artiste pas comme les autres avec une voix sublime.

Sans aucun temps mort et extrêmement poignante, Majida toute élégante se déhanche sur ses titres, mime les paroles avec ses mains sans oublier d’envoyer des baisers à une foule ensorcelée par la magie de sa voix.

A la fois par le timbre très particulier de sa voix et sa capacité à incarner les paroles qu’elle chantait, la chanteuse poursuit son cours d’amour en interprétant trois chansons de son répertoire musical romantique, “Khedni Habibi”, “Hoboka”, “Am yesalouni”. .

Chanteuse engagée en faveur des causes patriotiques, la perle d’Orient a ouvert une parenthèse pour rendre hommage à son pays, le Liban, en chantant “Ambahlamak ya lebnan”, un hymne magnifique pour la paix et l’amour.

De puissants projecteurs, qui changent de couleur selon les chansons, balaient la scène, le public, complètement ébloui au point de devoir fermer les yeux, et se braquent de temps en temps sur elle, la vedette de la soirée, sous les applaudissements nourris de dizaines de milliers de fans, enchaine dans une production au naturalisme élégant et racé des chefs-d’œuvre du poète Nizar Kabani, dont son grand succès “Kalimat”, repris en choeur par toute la salle.

Et pour conclure en beauté ses deux concerts de partage et de beauté à guichets fermés (19h30-21h00 et 22h30/12h00), l’icône libanaise met le public à ses pieds en interprétant avec succès deux très belles chansons marocaines, “Alach ya Ghzali” et “Ya Bent Bladi”

“Majida El Roumi prouve que c’est bien elle la dernière diva arabe digne de ce nom”, juge une spectatrice, qui n’a pas pu retenir ses larmes quand l’artiste quitta la scène.

Icône du monde arabe, Majida El Roumi est connue pour ses grands succès en chansons orientales, romantiques et patriotiques. Prônant la paix, la renaissance et l’union de la nation, Majida El Roumi chante les paroles de grands poètes et collabore avec des compositeurs à succès.

Née en 1956 à Kfarshima au Liban, Majida est la fille de Halim El Roumi, musicien libanais et compositeur à succès. C’est donc bercée de musique que la jeune femme a grandi auprès de ses deux sœurs Maha et Mouna ainsi que son frère Awad.

L’artiste participe régulièrement aux plus importants festivals du monde arabe comme celui de Jarash, Beiteddine, Carthage, Bosra, la Maison Egyptienne de l’Opéra, le Festival des musiques sacrées de Fès. Elle s’est également produite dans les plus prestigieuses salles du monde, à Paris, au Palais des congrès et à L’Olympia , à New York au Avery Fisher Hall du Lincoln Center, Carnegie Hall et Hunter College, au Michigan au Fox Theatre, à Montréal à la place des arts et à Londres au Royal Albert Hall.

Cette troisième journée du festival a aussi été marquée par le deuxième atelier organisé par la troupe française “Ceux Qui Marchent Debout” autour de l’étude de la musique et de ses arrangements. La compagnie s’est également promené au coeur de Rabat pour offrir aux visiteurs des animations inédites, tout comme les compagnies marocaines Colokolo, Beat That Drum ainsi que les Indiens de La Danse du Paon.

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