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chantage au Maroc: La défense de la partie marocaine sereine quant à l’issue du procès

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Fonds_MarocDans une déclaration samedi à la MAP, après la mise en examen des deux journalistes pour «chantage» et «extorsion de fonds», l’avocat de la partie marocaine Me Eric Dupond-Moretti, a estimé que cette mise en examen était «la moindre des choses» eu égard aux charges qui pèsent sur les mis en cause, pris en flagrant délit.

«C’est eux qui ont contacté le Cabinet Royal, c’est eux qui ont reçu l’argent, c’est eux qui ont signé un document dans lequel ils s’engagent à ne pas faire paraitre un ouvrage soi-disant compromettant contre le Maroc, en contre partie d’une somme de 3 millions d’euros», a-t-il fait valoir.

«Si ce n’est pas un chantage et une extorsion de fonds, alors les mots n’ont plus de sens», a insisté M. Dupond-Moretti, qui avait auparavant relevé que les actes commis par les deux suspects attestent de leur «culpabilité, de leur chantage et de leur racket digne de voyous».

Après une garde à vue de plus de 30 heures dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), juste après leur interpellation jeudi, les deux journalistes avaient été déférés vendredi soir devant un juge d’instruction qui les a mis en examen pour «chantage» et «extorsion de fonds» et les a remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Selon Me Dupond-Moretti, le journaliste français Eric Laurent avait contacté le Cabinet Royal pour annoncer qu’il se préparait à publier, avec Catherine Graciet, un livre sur le Maroc, mais qu’il était prêt à y renoncer si on lui remettait trois millions d’euros.

Après une première réunion entre le journaliste et un avocat représentant la partie marocaine, le Royaume du Maroc a décidé de déposer une plainte auprès du procureur à Paris. Une nouvelle réunion avec le journaliste français a été organisée sous le contrôle de la police et du parquet au cours de laquelle les propos d’Eric Laurent ont été enregistrés et des photos ont été prises.

Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris et trois juges d’instruction ont été chargés d’instruire ce dossier qui est «exceptionnellement grave», a estimé Me Dupond-Moretti.

Au cours de la troisième réunion tenue jeudi, sous le contrôle de la police, des sommes d’argent ont été remises aux deux journalistes, qui les ont acceptées et signé un contrat où ils s’engagent à ne pas faire paraitre un ouvrage sur le Maroc.

La tentative d’extorsion de fonds au Maroc a été vigoureusement dénoncée par les professionnels marocains de la presse, soulignant qu’en cas de condamnation, cette affaire constituerait «le scandale du siècle» et un prélude à un débat sur l’objectivité et l’intégrité de la presse internationale.

Diffusion de la lettre accablant Laurent et Graciet

La chaîne française de télévision BFM TV, a diffusé samedi la lettre contractuelle signée par les deux journalistes, Eric Laurent et Catherine Graciet, soupçonnés d’avoir tenté d’extorquer des fonds au Maroc.

BFM TV s’est procurée en exclusivité ce document manuscrit, daté du 27 août 2015 et dans lequel les deux journalistes s’engagent à «ne plus rien écrire sur le Royaume du Maroc» et à «ne plus jamais s’exprimer publiquement sur ce pays directement ou indirectement ou par personnes interposées», «ni à faire quelques révélations (…) sur ce sujet».

Dans cette lettre, publiée sur le site internet de BFM TV, Eric Laurent et Catherine Graciet s’engagent également à «ne partager en aucune façon les documents et informations en (leur) possession avec qui que ce soit».

En échange de ces concessions, les deux journalistes attestent avoir perçu un acompte de 80.000 euros sur les deux millions d’euros qu’ils ont voulu extorquer au Maroc.

Eric Laurent et Catherine Graciet ont été mis en examen dans la nuit de vendredi à samedi pour «chantage» et «extorsion de fonds».

MAP

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