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Attentats de Paris: l’enquête progresse, trois des kamikazes déjà identifiés

APPELTEMOINS

APPELTEMOINSL’enquête sur les auteurs des attentats les plus meurtriers jamais commis en France progressait dimanche, avec l’identification de trois des sept kamikazes et un appel à témoin pour retrouver le frère de l’un d’eux, considéré comme « un individu dangereux ».

Au cœur des investigations: l’identification des membres des « trois équipes de terroristes », évoquées par la justice, qui s’en sont pris vendredi soir au Stade de France, au Bataclan et à plusieurs bars et restaurants parisiens, faisant au moins 129 morts et 352 blessés dans des attaques revendiquées par l’organisation jihadiste État islamique (EI).

Outre un premier kamikaze identifié dès samedi, « deux nouveaux terroristes (…) ont aujourd’hui été formellement identifiés après relevé et comparaison de leurs empreintes papillaires », a annoncé dimanche le parquet, sans préciser leur nom. Tous deux, résidant en Belgique, sont de nationalité française.

L’un, âgé de 30 ans, est un assaillant qui s’est fait sauter près du Stade de France, et l’autre, âgé de 31 ans, s’est fait exploser boulevard Voltaire, sans faire de victimes.

Ce dernier fait partie d’une fratrie sur laquelle se concentrent les enquêteurs: un de ses frères a été placé en garde à vue en Belgique. Les services antiterroristes sont sans nouvelle du troisième, nommé Salah Abdeslam, qui pourrait être lui aussi un des kamikazes ou en fuite, selon des sources proches du dossier.

La justice belge a émis un mandat d’arrêt international, et la police française a lancé dimanche soir un appel à témoin à l’encontre de cet « individu dangereux ».

L’un des frères Abdeslam avait loué une Polo noire utilisée par les kamikazes et retrouvée garée devant le Bataclan, où s’est déroulée une prise d’otage sanglante menée par trois kamikazes, avec au moins 89 morts.

Outre la Polo noire, une Seat noire utilisée par les assaillants a été retrouvée à Montreuil, en proche banlieue parisienne. A son bord, plusieurs fusils d’assaut kalachnikov et des chargeurs vides.

Sept personnes au total ont été interpellées samedi en Belgique.

Mostefaï, fiché pour radicalisation

L’identité d’un premier kamikaze a déjà été rendue publique: un Français de 29 ans, Omar Ismaïl Mostefaï, qui a participé à l’attaque du Bataclan. Né à Courcouronnes (Essonne), il était fiché pour sa radicalisation islamiste, mais n’avait « jamais été impliqué » dans un dossier terroriste, selon le procureur de Paris François Molins.

Il fréquentait la mosquée de Lucé, près de Chartres (Eure-et-Loir), selon une source proche de l’enquête. Dimanche, le président de cette mosquée a assuré qu’il ne le « connaissait pas ». « Il s’est radicalisé à Chartres », où la police l’a « repéré » en 2010, a dit le maire de la ville Jean-Pierre Gorges, précisant que le jeune homme avait quitté la ville en 2012.

Les enquêteurs tentent de confirmer qu’il a bien séjourné en Syrie en 2014, selon des sources policières.

Condamné à plusieurs reprises pour des délits de droit commun, mais jamais emprisonné, il a été identifié par ses empreintes, grâce à un doigt sectionné retrouvé au Bataclan, où se tenait un concert rock lors de l’irruption des jihadistes.

Sept membres de son entourage familial, avec lesquels il ne semblait plus guère avoir de liens, ont été placés en garde à vue.

Les enquêteurs ont par ailleurs trouvé, près du corps d’un des trois kamikazes du Stade de France, un passeport syrien, au nom d’Ahmad alMohammad, 25 ans, un migrant enregistré en Grèce, selon Athènes. Les enquêteurs français se gardaient toutefois de tirer des conclusions, une source indiquant qu’il n’était pas établi que le titulaire du passeport figurait parmi les kamikazes. Une autre source évoquait l’hypothèse d’un faux passeport.

Deux jours après, les Français prenaient peu à peu connaissance du nom de ceux qui ont été tués dans les attentats.

La police a demandé sur son compte Twitter de ne pas diffuser d’images des scènes des attentats, « par respect pour les victimes et leurs familles », après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une photo qui aurait été prise à l’intérieur du Bataclan, montrant une trentaine de corps ensanglantés.

« Il y a eu 103 corps identifiés, il y a 20 à 30 personnes qui n’ont pas été encore identifiées », a déclaré dimanche matin le Premier ministre Manuel Valls.

Hollande reçoit la classe politique

Manuel Valls, qui s’est rendu dimanche à Paris auprès de familles de victimes et des forces de l’ordre, a défendu une « union sacrée » en France après les attaques et a tendu une main à l’opposition, assurant que l’exécutif serait « très attentif » à ses propositions. Main saisie par Marine Le Pen à l’issue d’une rencontre à l’Élysée, qui a toutefois demandé des « décisions fermes »?

Elle a été reçue, comme les autres chefs de parti, les présidents de l’Assemblée et du Sénat par François Hollande, qui s’exprimera lundi devant le Congrès. Premier à être reçu, Nicolas Sarkozy a demandé « des modifications drastiques de notre politique de sécurité », ainsi qu’une « nouvelle politique de l’immigration » au niveau européen.

M. Hollande a décidé de porter à leur niveau maximum – 10.000 hommes – le nombre de militaires déployés sur le territoire.

Dimanche, premier des trois jours de deuil national, était placé sous le signe du recueillement. Les cathédrales ont sonné le glas et une messe en hommage aux victimes a débuté à Notre-Dame à 18H30. Une cérémonie est aussi prévue à la Grande synagogue de la Victoire à Paris.

Ces cérémonies, comme l’atmosphère dans Paris, réveillent le douloureux souvenir des attaques contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts en janvier.

Dimanche, les alentours du Bataclan étaient toujours bouclés. Toute la journée, une foule nombreuse s’est recueillie devant les différents sites touchés, en déposant fleurs, messages et bougies.

Des centaines de personnes se sont rassemblées en fin de journée sur la place de la République, symbole de la résistance post-Charlie. En début de soirée, des rumeurs de fusillades y ont provoqué panique et confusion.

AFP

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