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France: l’extrême droite ne remporte aucune région

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marine-le-penL’extrême droite française n’a remporté dimanche aucune région au second tour d’un scrutin à fort suspense, après avoir engrangé des résultats record au premier tour, grâce à la mobilisation des électeurs pour l’empêcher d’accéder au pouvoir.

Ces résultats, à 16 mois de la présidentielle de 2017, sont un camouflet pour les trois figures emblématiques du parti Front national: sa présidente Marine Le Pen, perdante dans le Nord, sa nièce Marion Maréchal-Le Pen qui a dû s’incliner dans le Sud, et Florian Philippot, stratège du parti, dans le Grand Est.

Selon des estimations provisoires, la droite et la gauche remportent au moins cinq régions chacune, sur treize au total en métropole.

« Le danger de l’extrême droite n’est pas écarté, loin de là », a réagi le Premier ministre socialiste Manuel Valls. Il a salué un « élan très digne » mais assuré que les résultats ne donnaient lieu à « aucun soulagement, aucun triomphalisme ».

Marine Le Pen a dénoncé « un régime à l’agonie » dans une virulente déclaration. « Rien ne pourra nous arrêter », a-t-elle dit. Le chef de l’opposition de droite, Nicolas Sarkozy, contesté dans sa formation Les Républicains, a jugé que ces résultats ne doivent « sous aucun prétexte faire oublier les avertissements » du premier tour.

Selon le politologue Jean-Yves Camus, le résultat de ce dernier scrutin avant la présidentielle de 2017 « tend à confirmer qu’il y a une impasse pour le Front national: c’est un excellent parti de premier tour, mais il ne sait pas aller au-delà ». Pour 2017, les instituts de sondage donnent Marine Le Pen qualifiée au deuxième tour, après une arrivée en première position au premier tour.

Les treize régions françaises, redessinées l’an dernier pour porter leur taille au niveau des Länder allemands, sont les seules collectivités à pouvoir aider directement des entreprises. Elles ont aussi compétence en éducation et dans les transports.

Avec au soir du 6 décembre le plus fort score au niveau national (28%, et jusqu’à 40% dans le Nord et le Sud), le Front national espérait conquérir plusieurs régions. Elle tablait à la fois sur le rejet des partis traditionnels, impuissants à résoudre la crise économique, et sur les peurs provoquées par les attentats jihadistes il y a un mois le 13 novembre à Paris (130 morts et des centaines de blessés).

– Moins d’abstention –

La participation des Français au second tour a été nettement plus importante qu’au premier tour, signe d’une plus grande mobilisation. Cette semaine, Manuel Valls avait brandi la menace d’une « guerre civile » si le FN prenait le pouvoir.

La forte poussée du FN le 6 décembre a braqué les regards de l?Europe entière sur la France, et l’entre-deux tours avait été dominé par la mobilisation face à l’extrême droite. La gauche a sacrifié ses listes dans le Nord et le Sud en appelant à voter pour la droite. Des personnalités du monde économique et culturel se sont elles aussi engagées contre le FN.

Parti europhobe et anti-immigrés, le Front national est à la tête d?une dizaine de municipalités en France, mais il n?a jamais dirigé aucune région.

Fondé en 1972, il est présidé depuis 2011 par Marine Le Pen qui a entrepris de dédiaboliser le parti en brandissant une « image différente » de celle beaucoup plus radicale et provocatrice imposée par son père Jean-Marie, co-fondateur de du Front.

Signe de cette volonté de normalisation, Jean-Marie Le Pen a été exclu du parti en août, au terme d?un psychodrame aux accents familiaux, pour des propos réitérés sur les chambres à gaz pendant la Seconde guerre mondiale qualifiées de « détail de l?Histoire ».

Les lendemains du scrutin pourraient mettre à mal les ambitions pour 2017 de l’ex-président Nicolas Sarkozy (2007-2012): sa stratégie, consistant à disputer à l’extrême droite ses thèmes fétiches (sécurité, immigration, identité nationale), n’a pas freiné l’érosion d’une partie de l’électorat conservateur vers le FN et divise sa formation.

A gauche, le « front républicain » face au FN prôné par les socialistes, en déclin aux régionales, est vu par certains comme une stratégie visant à présenter le président François Hollande, dont la popularité a rebondi après les attentats, comme le meilleur rempart en 2017.

AFP

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