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Syrie: la Turquie et l’Arabie saoudite prêtes à envoyer des troupes contre l’EI

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La Turquie et l’Arabie saoudite pourraient mener une opération terrestre contre le groupe Etat islamique (EI) en territoire syrien, a annoncé samedi le chef de la diplomatie turque, ce qui pourrait encore compliquer la donne en vue d’un dénouement de la crise.

A Munich (sud de l’Allemagne), où il participe à la conférence sur la sécurité, le secrétaire d’Etat John Kerry a rappelé que le dossier syrien se trouvait à un « moment charnière » entre guerre et paix.

« S’il y a une stratégie (contre l’EI), alors la Turquie et l’Arabie saoudite pourraient participer à une opération terrestre », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, lui-même de retour de Munich.

Selon lui l’Arabie saoudite, qui est devenue au cours des derniers mois l’un des plus proches alliés de la Turquie, va également déployer des avions de chasse sur la base militaire stratégique d’Incirlik, dans le sud de la Turquie, où se trouvent déjà des avions de la coalition conduite par les Américains.

Des responsables saoudiens « sont venus et ont effectué une reconnaissance de la base. Pour le moment, il n’est pas encore clair combien d’avions » seront déployés, a dit le ministre turc en évoquant « une coalition islamique contre la terreur ».

D’après lui, Ryad a indiqué être prêt à « envoyer des troupes quand le temps viendra pour une opération terrestre ».

L’annonce du ministre turc intervient au lendemain de déclarations incendiaires du président syrien Bachar al-Assad contre la Turquie et l’Arabie saoudite, qu’il a accusées de soutenir le « terrorisme ».

Dans une interview à l’AFP, il a affirmé vouloir reconquérir toute la Syrie, quitte à mener de « longs » combats.

L’Arabie saoudite et la Turquie estiment que le départ de Bachar Al-Assad est indispensable pour une solution en Syrie, où la guerre a fait plus de 260.000 morts en près de cinq ans et jeté sur les routes plus de la moitié de la population. Les deux pays soutiennent les rebelles et craignent que l’Occident n’assouplisse sa position à l’égard du président syrien, considéré comme un moindre mal face aux jihadistes.

– « Ne menacez personne » –

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Ryad Adel al-Jubeir a annoncé cette semaine que le royaume était prêt à dépêcher des troupes au sol en Syrie, dans le cadre de la coalition internationale contre l’EI. Et Washington, par la voix de responsables du Pentagone, a dit voir d’un bon oeil cette offre saoudienne.

Mais le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a mis en garde samedi contre toute intervention au sol des pays membres de la coalition emmenée par les Etats-Unis.

« Ne menacez personne avec une opération au sol », a-t-il déclaré lors d’un discours à la conférence de Munich, au cours duquel il a affirmé que le monde était entré dans une nouvelle guerre froide.

La Russie a annoncé samedi l’envoi en Méditerranée d’une corvette lance-missiles, le Zelyony Dol, et celle-ci se dirigerait vers les côtes de la Syrie, selon des informations de presse.

Le départ du Zelyony Dol pour la Méditerranée intervient alors que les Etats-Unis et la Russie viennent de tomber d’accord sur une « cessation des hostilités » en Syrie dans un délai d’une semaine, à l’exception de l’offensive contre les jihadistes, afin de relancer le processus de paix et de stopper l’exode de civils.

Les Etats-Unis accusent la Russie d’avoir « exacerbé » le conflit en Syrie par son appui militaire aux forces gouvernementales, notamment dans l’offensive en cours contre les rebelles à Alep, la grande ville du nord.

Et John Kerry a appelé samedi Moscou à « changer de cibles » militaires sur le terrain. « Aujourd’hui la très grande majorité des attaques russes se concentrent sur les groupes d’opposition légitimes. Pour adhérer à l’accord (sur la trêve), il est essentiel que la Russie change de cibles » en Syrie, a-t-il dit.

afp

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