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Algérie: Baisse de 70% des recettes pétrolières en moins de deux ans

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Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a indiqué, mercredi, que les recettes pétrolières de l’Algérie ont chuté de 70 pc en moins de deux ans.

Le président algérien a rassuré sur la capacité de l’Algérie à faire face à cette crise provoquée par la chute drastique des cours du pétrole, alors que les prix des hydrocarbures persistent dans la baisse.

« Nous sommes, à l’heure actuelle, en mesure de faire face à l’effondrement des prix du pétrole qui ont chuté de près de 70 pc en moins de deux ans », a affirmé le président Bouteflika dans un message adressé à l’occasion du double anniversaire de la création de la Centrale syndicale UGTA et de la nationalisation des hydrocarbures en 1971.

Le choc de la chute des prix s’est traduit par la baisse des réserves du pays en devises de près de 26 milliards de dollars depuis juin 2014, qui coïncide avec le début de l’effondrement des prix du pétrole.

Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, avait annoncé, en janvier dernier, que les réserves de change du pays ont baissé à 152 milliards de dollars à fin septembre dernier, contre 178,94 milliards de dollars à fin décembre 2014, soit la plus forte baisse mensuelle depuis des années. A ce rythme, les avoirs du pays en devises seront consommés en 15 mois.

Sous l’effet de l’effondrement de ces recettes pétrolières, la balance commerciale de l’Algérie a enregistré un repli alarmant de près 14 milliards de dollars en 2015, contre une situation excédentaire une année auparavant.

En effet, les ventes d’hydrocarbures, qui accaparent plus de 94 PC des rentrées en devises du pays, ont baissé à 35,72 milliards de dollars en 2015, contre 60,30 milliards en 2014, soit une perte de presque la moitié des revenus extérieurs, selon des chiffres officiels.

En 2012, l’excédent commercial du pays a atteint 20,2 milliards de dollars, avant de tomber à 9,3 milliards en 2013, puis à 4,6 milliards en 2014.

Des projections officielles estiment qu’avec une moyenne de 50 dollars le baril, les réserves en devises chuteront à 9 milliards de dollars dans quatre ans, contre quelque 200 milliards en 2012. Le Premier ministre algérien avait reconnu que l’année 2016 risque d’être difficile pour l’Algérie au vu des prévisions pessimistes des experts du marché pétrolier et des pertes financières enregistrées jusqu’à présent.

D’après le Fonds monétaire international, le pays a besoin d’un baril de plus de 110 dollars pour maintenir ses équilibres budgétaires et préserver sa position financière extérieure, désormais dans une situation critique.

Face à cette baisse drastique des prix du pétrole, le gouvernement a adopté une loi de finances d’austérité comportant une série de mesures portant notamment sur l’augmentation des prix des carburants à la pompe, la limitation des importations et l’abandon de nombreux projets d’infrastructures.

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