Economie

Le projet Renault, « point d’inflexion de l’industrie automobile »

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Le nouveau projet du groupe Renault, « Ecosystème Renault », dont le Roi Mohammed VI a présidé, vendredi à Rabat, la cérémonie de lancement, constitue un point d’inflexion de l’industrie automobile

C’est ce qu’a souligné le ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, Moulay Hafid Elalamy.

Ce projet stratégique et important transforme complètement le marché marocain perçu par les équipementiers et leur donne un intérêt pour venir s’implanter au Maroc, a indiqué le ministre, lors d’une conférence de presse conjointe avec le Directeur des Opérations de la Région Afrique-Moyen Orient-Inde du groupe Renault, M. Bernard Cambier.

Selon le ministre, il y a eu le besoin d’atteindre la taille critique du marché de façon à pouvoir attirer tous les équipementiers qui gravitent autour du secteur de l’automobile, ce qui a été concrétisé dans ce nouveau projet avec le groupe Renault, ajoutant que le Maroc s’est occupé très fortement du secteur depuis une dizaine d’années avec des stratégies successives qui ont donné des résultats probants.

Faisant état d’une vision claire de l’industrie comme moteur d’intégration inclusive, le ministre a souligné que le Souverain a fixé comme orientation faire de l’industrie non pas seulement un vecteur de développement du pays, mais aussi un secteur inclusif, créateur d’emplois et intégrateur au sein de l’économie marocaine.

Le plan d’accélération industrielle prévoyait un objectif ambitieux celui de créer 500 mille emplois à l’horizon 2020, augmenter la part de l’industrie dans le PIB de 14 actuellement à 24 pc et contribuer à réduire le déficit de la balance commerciale du Royaume, a-t-il rappelé, précisant que le secteur de l’automobile est celui qui exporte le plus ces trois dernières années avec 50 milliards de dirhams en 2015.

L’Etat souhaite créer de l’emploi, que le taux de l’industrie dans le PIB soit plus important, ainsi que la contribution de l’industrie à l’amélioration de la balance commerciale, a dit le ministre, relevant que l’Etat est disposé à accompagner un secteur, une activité et une entreprise s’alignant sur ces objectifs.

Il a à cette occasion salué le dynamisme des membres de l’association marocaine pour l’industrie et le commerce automobile (Amica), qui ont été, selon le ministre, les premiers à avoir « emboité le pas » au plan d’accélération industrielle, à prendre ce plan et à restructurer en quelques semaines leur stratégie pour la rendre compatible avec les objectifs de l’Etat. Le ministre a rappelé que Renault est présent au Maroc depuis 1966, notant que le groupe a pris ces dernières années un « positionnement extrêmement fort », avec l’usine de Tanger, qui constitue, dit-il, une « fierté pour le Maroc », et la SOMACA, à Casablanca, qui a évolué d’une unité de montage pour donner place à une véritable usine qui fabriquent aujourd’hui plus de 70 mille voitures.
« Nous avons décidé ensemble de pouvoir construire davantage, vers un enracinement de l’industrie marocaine dans le sillage de la locomotive automobile », a insisté le ministre en se félicitant du fait que le Royaume est parvenu, à la faveur du plan d’accélération industrielle, à intégrer le cercle fermé des 31 pays producteurs et exportateurs de moteurs sur un total de 197 pays.

S’agissant de l’impact du projet écosystème Renault, le ministre a relevé que ce dernier, qui mobilise des investissements de l’ordre de 10 milliards de dirhams, vise à générer un chiffre d’affaires additionnel de 20 milliards DH par an, triplant ainsi le montant des achats par le constructeur Renault, de pièces fabriquées sur le territoire marocain, tripler les emplois générés par Renault, en créant 50.000 nouveaux emplois permanents pour atteindre un taux d’intégration locale de 65 pc.

Il a tenu , par ailleurs, à saluer l’engagement des opérateurs économiques nationaux du secteur automobile, notant que le Maroc dispose d’un véritable tissu économique national dans ce secteur, « qui fait plaisir ».

De son côté, le Directeur des Opérations de la Région Afrique-Moyen Orient-Inde du groupe Renault, a rappelé que le groupe Renault est présent au Maroc depuis près de 75 ans, notant que la vision de SM le Roi Mohammed VI et du PDG du groupe Renault a permis la mise en place de l’usine de Tanger, « un premier pas extrêmement important pour la création de la filière automobile au Maroc ».

Et de souligner que le choix porté sur le Maroc s’explique notamment par le positionnement géographique du Royaume et la « collaboration de ces autorités ».

« Nous avons définis des conditions d’accompagnement pour qu’aujourd’hui encore plus des fournisseurs automobile et d’équipementiers soient compétitifs », a-t-il dit, notant que le gouvernement et le ministère de l’Industrie « nous ont donnés les moyens pour être compétitifs ».

Les fournisseurs ont été séduits par les propositions du Maroc, et sont convaincus qu’ils trouveront toutes les conditions positives nécessaires pour développer leur chiffre d’affaires et leur productivité, a encore indiqué M. Cambier, précisant que les fournisseurs sont « extrêmement positifs suite aux messages qui leur ont été passés aujourd’hui par le gouvernement marocain ».

« Le Maroc est une base régionale importante qui va exporter beaucoup plus avec un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euro dans quelques années », a souligné le Directeur des Opérations de la Région Afrique-Moyen Orient-Inde du groupe Renault.

« Nous sommes extrêmes satisfaits pour s’être implantés et faire le choix du Maroc, je suis certain que les deux parties pourront trouver de meilleurs challenge » à relever ensemble dans le futur, a-t-il estimé.

La rencontre a été marquée par la diffusion d’un témoignage du PDG du Groupe Renault Carlos Ghosn.

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