Musique

Mawazine 2016: une programmation aussi éclectique que festive à Salé

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Chaâbi, hip-hop, aïta, gnaoua… si tous les goûts sont dans la nature, ils seront aussi représentés sur la scène de Salé pour une édition particulièrement riche et variée.

Ahouzar, Hoba Hoba Spirit, Douzi, Stati et Najat Aâtabou, entre autres, seront les dignes ambassadeurs de la scène musicale marocaine au Festival Mawazine 2016.

Le festival Mawazine Rythmes du Monde promet une fois de plus des moments exceptionnels pour tous les mélomanes avertis du Royaume. Ainsi, le dimanche 22 mai, c’est Ahouzar qui mettra les festivaliers en émoi en interprétant ses chansons, véritables hymnes à l’amour, la paix, la fraternité et l’espoir. Depuis les années 80, où sa carrière a débuté, ce sont plusieurs générations déjà qui sont touchées par la sensibilité et la générosité de cet artiste au grand cœur originaire de l’Atlas, et notamment les nostalgiques du patrimoine folklorique marocain et des rythmes traditionnels. Bien décidé à être à la hauteur de la tradition musicale de l’Atlas, il se produira sur la scène de Salé.

Le surlendemain, mardi 24 mai, et dans un tout autre registre, c’est le groupe emblématique de la Hayha Music, Hoba Hoba Spirit, qui foulera les planches de la scène de Salé pour sa cinquième participation au festival ! Mêlant subtilement les genres – fusion, afro, rap, gnaoua, rock ou encore reggae – pour insuffler à la jeunesse marocaine un message d’espoir et de paix, leur musique fait état des problématiques rencontrées par la nouvelle génération du Royaume. Il en est ainsi dans Kalakhnikov (2003) ou Blad Schizophrene (2005), deux albums dont les morceaux résonnent encore dans nos mémoires…

Une autre star, et pas des moindres, viendra se produire sur la scène de Salé le même soir : le grand Abdelaziz Stati. Véritable symbole de la fête et de la joie, il est le maître incontesté du chaâbi marocain. Ses débuts, il les doit en partie à son oncle, Bouchaib Benrahhal, chanteur populaire qui l’initie au violon et lui transmet sa passion dès son plus jeune âge. Depuis la création de son groupe en 1985, Stati n’a de cesse de peaufiner sa technique pour devenir l’un des plus grands joueurs de kamanja contemporains. Les succès s’enchaînent inévitablement, fidélisant ainsi un public de plus en plus large.

Que les férus de hip-hop marocain se rassurent. Eux non plus ne seront pas en reste ! Dans un tout autre registre, donc, c’est le groupe H-Kayne qui se produira au même endroit le jeudi 26 mai. Le signe particulier de ce groupe phare de la musique urbaine marocaine ? Un hip-hop empli de messages d’espoir et d’enthousiasme, loin des discours habituels des standards du genre. Créé en 1996, c’est son premier prix au Boulevard des Jeunes Musiciens, obtenu en 2003, qui signe véritablement le début de la carrière du quatuor, qui compte aujourd’hui 3 albums dont H-Kaynology (2006), un opus qui marque un véritable tournant dans le domaine du rap marocain. A ce jour, H-Kayne est le seul groupe du genre à s’être produit sur la prestigieuse scène parisienne du Bataclan. Il a également été nommé, en janvier 2011, Ambassadeur de bonne volonté au Maroc pour le Programme des Nations unies.

Muslim sera aussi de la partie ce soir-là. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que 2016 est une année charnière dans sa carrière ! Son dernier titre, Dmou3 L7oma (Les larmes du quartier), qui tourne en boucle sur les ondes marocaines, est un hommage à ces jeunes qui cherchent leur voie. Des jeunes qu’il côtoie depuis toujours, étant lui-même issu d’une famille relativement modeste de Jmaâ, à Tanger. Un quartier dont les rues sont d’intarissables sources d’inspiration pour le rappeur, qui écrit ses textes principalement en darija pour « utiliser le langage des jeunes et leur parler vrai. J’exprime ainsi le fond de ma pensée et la leur. Je crie haut sur scène ce que les Marocains pensent tout bas », dit-il. Des textes qui atteignent invariablement leur cible, tant Muslim excelle dans l’art de l’écriture. Sa carrière compte pas moins de 6 albums, dont l’excellent Al ttamarod, sorti en 2010.

Un autre artiste voit aussi sa carrière prendre un joli tournant avec son dernier single, Douni labladi. Il s’agit évidemment de Douzi. Résidant belge né d’un père marocain et d’une mère algérienne, « l’enfant prodige du raï » a su faire de cette mixité un atout de taille. Repéré lors d’une émission de télévision alors qu’il est âgé de seulement 5 ans, il devient très vite la coqueluche des Marocains. Un statut qui se confirme dès la sortie de son premier album, Goulou Imumti tjini, en 1994. Un premier opus qui sera suivi d’une dizaine d’autres, interprétés en français, en arabe, en turque ou encore en hindi, lui ouvrant ainsi les portes du monde. Un best of de ses meilleures chansons vient également de voir le jour. Il se produira sur la scène de Salé le vendredi 27 mai prochain.

Et pour terminer la semaine en beauté, c’est l’incontournable Najat Aâtabou qui mettra le feu aux planches de la scène de Salé, le samedi 28 mai. Femme libre et moderne, ses chansons sont pour elle le meilleur moyen de lutter contre les inégalités dont les femmes sont victimes. Il en est ainsi de Hedi Kedba Bayna  ou encore J’en ai marre, enregistré frauduleusement par un invité lors d’un mariage dans lequel elle se produit à l’insu de sa famille, qui ne la soutient pas dans sa démarche. Mais la chance lui sourit lorsque Mustapha El Mils, célèbre producteur, tombe sur l’enregistrement et lui propose son aide. C’est le début de la folle épopée de cette chanteuse à la verve tranchante que l’on surnomme, après une dizaine d’albums au compteur, « la lionne de l’Atlas ».

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