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Une cinquantaine d’agents d’autorités sanctionnés en deux ans

Hassad
Une cinquantaine de sanctions, dont 10 radiations des cadres, ont été prises contre des agents d’autorité au cours des deux dernières années, a indiqué mardi le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad.

Le ministre, qui répondait à des questions sur les « abus » des agents d’autorité et sur les cas des caïds de Deroua et d’une annexe administrative à Kénitra posées par plusieurs groupes parlementaires à la Chambre des représentants, a souligné que ces sanctions ont été prononcées par 18 conseils de discipline qui ont statué sur les cas de 70 agents d’autorité.

Hassad a, toutefois, déploré la recrudescence du phénomène des agressions commises sur les agents d’autorité au cours des quatre dernières années, précisant qu’un total de 2.610 agressions ont été recensées durant cette période et font l’objet de procédures devant la police judiciaire ou sont portées devant les tribunaux du Royaume.

La moyenne de ces agressions est passée de 43 cas en 2012 à 68 cas en 2015 et elles ont trait essentiellement à l’intervention des autorités locales contre l’habitat insalubre ou la libération du domaine public, a-t-il poursuivi.

Il a fait part de sa préoccupation devant l’augmentation des cas d’agressions contre les agents et auxiliaires d’autorité qui peuvent aller jusqu’à la menace de mort et les insultes, offenses et outrages.

Le ministre a passé en revue les mesures prises rapidement par son département dans le cas du caïd de Deroua, qui a été révoqué, et celui de l’annexe administrative de Kénitra, soulignant qu’il s’agit d’un exemple de fermeté qui prouve que le ministère de l’Intérieur traite ces dossiers « d’une manière proactive et préventive ».

« Chaque fois qu’un abus est enregistré, des mesures administratives idoines sont prises dans l’immédiat », a-t-il dit, assurant que le ministère de l’Intérieur fait confiance en la justice pour le traitement des affaires qui lui sont soumises.

Hassad a noté que le ministère de l’Intérieur intervient rapidement, et dès qu’il est informé des circonstances de ces cas, rappelant notamment que la suspension, le 27 février 2016, du caïd de Deroua, « soit bien avant que ce dossier ne soit évoqué par les médias et les réseaux sociaux, et ce parallèlement aux enquêtes menées par la Gendarmerie royale sous la supervision du parquet compétent ».

L’intéressé a été ensuite présenté, le 12 avril, devant le conseil de discipline qui a décidé, à l’unanimité de ses membres, sa radiation à vie du rang des agents d’autorité, a-t-il ajouté.

Concernant le cas du caïd de l’annexe administrative de Kénitra, le ministre de l’Intérieur a affirmé qu’une commission de l’inspection générale de l’administration territoriale s’est déplacée à Kénitra pour mener les investigations nécessaires au sujet de cette affaire ayant trait à la libération du domaine public avec comme conséquence le décès d’une femme après s’être immolée par le feu.

A la lumière des résultats de cette enquête, a expliqué Hassad, l’intéressé a été déchargé de ses fonctions de caïd et affecté à l’administration centrale du ministère de l’Intérieur le 25 avril, et ce « en tant que mesure préventive dans l’attente de l’issue de la procédure judiciaire en cours ».

Deux auxiliaires d’autorité qui exerçaient dans cette annexe administrative sous l’autorité du caïd en question, ont été révoqués sur décision du conseil de discipline réuni les 22 et 23 avril.

Le ministre de l’Intérieur a indiqué que son département est soucieux d’approfondir les investigations au sujet des manquements aux règles et à la discipline, à travers l’envoi de commissions administratives ou de commissions de l’inspection générale de l’administration territoriale en vue d’enquêter et d’établir les responsabilités.

Il a fait remarquer que des cas isolés d’abus ne doivent pas être généralisés à tout un corps qui compte pas moins de 4.000 agents d’autorité, précisant que ce corps, appuyé par 30.000 auxiliaires d’autorité, veille à accomplir sa mission avec dévouement et abnégation et dans le respect de l’intérêt général.

Le ministre a salué les efforts déployés par les agents d’autorité dans l’exercice de leurs fonctions, les invitant à concrétiser la politique de proximité et à servir davantage l’intérêt général dans le strict respect de la loi et des règles de déontologie.

avec map

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