Musique

Le festival Gnaoua d’Essaouira revient pour une 19e transe collective

gnaoua
19 ans et toujours là. Le Festival Gnaoua continue de faire rêver et revient pour une 19è transe collective qui débute ce jeudi avec un hommage posthume à Mahmoud Guinea, grande figure de l’art gnaoua

« Chaque édition doit être plus intense que la précédente ». Le défi de Neila Tazi, productrice du festival, n’est pas des moindres. Et pourtant, comme chaque année, en passant sous les murailles ventées de la cité des alizés, on a cette certitude que la magie va de nouveau opérer. En un quart de tour, grondements de tambours, sons guembris et voix koyos vous rassurent et augure d’une énième ronde vertigineuse.

Depuis quelques éditions déjà, l’évènement précurseur de la vague des festivals au Maroc, a choisi de revenir à l’essentiel, à savoir l’essence même du festival, la culture gnaoua, mais aussi au jazz qui donne ce cachet si particulier aux fusions. Neila Tazi explique « ce festival est un réel laboratoire de fusions musicales et nous tenons à ce qu’il continue d’en être ainsi. Nous protégeons cette spécificité et cette authenticité qui caractérisent cet événement, qui lui donnent du sens et de la crédibilité ». Qui de mieux que Randy Weston, à l’affiche de cette édition, pour incarner cet esprit.

Pionnier de la fusion gnaoua-jazz qu’il a longtemps expérimenté avec  Maâlem Abdallah El Gourd, Randy Weston met sa musique au service d’une fusion qui mêle ses racines africaines au jazz américain.

Le public souiri aura l’occasion de redécouvrir les notes d’une œuvre construite sur plus d’un demi-siècle, dont de nombreuses années consacrées à l’art gnaoua.

Cette édition sera aussi l’occasion de découvrir une autre figure du jazz, Jamaaledden Tacuma bassiste hors paire, il a compagnon un temps Carlos Santana, Ornette Coleman et Jeff Beck. Comme chaque année le festival accueillera aussi des nom moins connus, mais pleins de promesse comme le trompettiste Christian Scott.

Essaouira accueillera aussi des habitués de la nouvelle scène comme Hoba Hoba Spirit, des nouvelles figures moins connu d’une toute autre nouvelle scène, celle du Ghana, Blitz the Ambassador qui mélangent sonorités africaines et hip hop.

« Mais les stars, ce sont avant tout les Gnaoua », rappelle la productrice du festival. La fête débutera ainsi par un hommage à un monument de l’art gnaoua, Mahmoud Guinea qui nous a quittés l’année dernière. Le festival rendra par ailleurs hommage au percussionniste sénégalais Doudou N’diaye Rose.

Le frère de Mahmoud, Mokhtar Guinea, sera accompagné par 12 percussionnistes enfants de Doudou. Le festival baissera le rideau sur un autre concert hommage, celui-là destiné à Tayeb Sadiki grand dramaturge marocain décédé cette année, mais surtout acteur de la naissance de groupe mythiques que sont Nass El Ghiwane, Lamchaheb ou Jil Jilala. A cette occasion, Mohamed Derham qui sera rejoint par Nabil El Khaldi, Omar Sayed et Maâlem Mustapha Baqbou.

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