Santé

30.000 cas de piqûres de scorpions enregistrés chaque année au Maroc

Scorpion
Le Centre national anti-poison et de pharmacovigilance enregistre 30.000 cas de piqûres de scorpions par an au niveau national, notamment dans les zones rurales.

C’est ce qu’a affirmé, vendredi à Marrakech, le ministre de la santé, El Houssaine Louardi, lors du lancement de la Campagne nationale de lutte contre les envenimations qui résultent des animaux nuisibles en général, notamment les piqûres des scorpions, organisée cette année sous le thème « protégeons nous contre la piqûre du scorpion ».

Le ministre s’est dit fier des résultats réalisés par le Maroc pour lutter contre ce fléau. Dans ce cadre, il a indiqué que le taux de mortalité à cause des piqûres des scorpions est passé de 1,5 cas de décès sur 100 cas à 0,2 cas de décès actuellement, ce qui équivaut à une réduction de la mortalité résultant des piqûres de scorpions de 10 fois.

Le ministère de la santé accorde une attention particulière à cette problématique à travers la création du Centre national anti-poison et de pharmacovigilance en 1989 et la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre les piqûres des scorpions basée sur les recherches scientifiques précises et appropriées avec la réalité marocaine pour éviter le décès de n’importe quel enfant à cause des piqûres des scorpions, a-t-il ajouté.

Pour parvenir à cet objectif, renchérit Louardi, le ministère a adopté une stratégie basée sur la légalisation et l’unification de la prise en charge des malades, la formation des cadres médicaux et paramédicaux, et l’octroi aux services médicaux de médicaments, ainsi que la mise en place d’un programme de sensibilisation et d’éducation sanitaire pour la prévention au profit des citoyens.

« Objectif zéro décès »

Il a, par ailleurs, mis en relief les énormes efforts consentis par les professionnels de la santé aux niveaux régional ou central et les cadres du Centre national anti-poison et de pharmacovigilance, relevant que l’objectif du ministère consiste à parvenir à « 0 décès ».

Pour réaliser ce vœu pieu et réduire les cas de piqûres de scorpions, le ministre a mis l’accent sur la nécessité de la mobilisation de tous les secteurs concernés du fait que ce problème est lié au mode de vie des populations rurales.

La problématique des piqûres de scorpions ne concerne pas uniquement le ministère de la santé, ce qui appelle à la conjugaison des efforts et la coordination entre les établissements concernés tout en veillant à impliquer les communes rurales, les élus, les ONG, les populations et les acteurs de la société civile.

Pour parvenir à lutter contre ce fléau, Louardi a insisté sur la nécessité de lutter contre l’habitat insalubre, la lutte contre les déchets ménagers, la lutte contre l’analphabétisme et l’élévation du mode de vie des populations dans ces régions.

La directrice du Centre national anti-poison et de pharmacovigilance, Rachida Soulaymani Bencheikh, a pour sa part, présenté des explications additionnelles sur la stratégie nationale de lutte contre les piqûres de scorpions et sur le Plan d’action du ministère et les attentes.

La stratégie, qui vise à réduire les piqûres des scorpions et les morsures des serpents et les cas de décès qui en résultent, se base sur plusieurs axes relatifs notamment à la formation des professionnels de la santé, l’intensification des activités médiatiques et éducatives et la communication avec les populations, l’utilisation des insecticides, l’unification de la méthodologie de prise en charge des piqûres scorpions et les morsures des serpents et la mise en place d’un système informatique pour accompagner le développement des différents indicateurs de la maladie.

De son côté, le directeur régional de la santé à Marrakech-Safi, Khalid Zenjjari, a présenté l’état des lieux de ce fléau dans la région, précisant que la région connait les plus forts taux de cas des piqûres scorpions au niveau national.

Dans ce cadre, il a indiqué que les cas des piqûres de scorpions enregistrés dans la région avoisinent les 8.000 cas annuellement sur 30.000 au niveau national, notamment dans les provinces des Rhamna, Kelaât des Sraghna, Essaouira et Chichaoua.

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