Musique

Essaouira, des artistes du monde en quête de spiritualité

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Loti dans une ces étroites ruelles d’Essaouira, le riad Al Amane présente une devanture sobre avec pour uniquement ornement une petite porte bleue que nous poussons. Rencontre:

Nous avons rendez-vous avec Jamaladeen Tacuma, bassiste free jazz invité de la dix-neuvième édition du Festival gnaoua et musiques du monde.

Arrivé quelques minutes plus tard, large sourire au lèvre, l’artiste américain s’installe dans le confortable patio et entame sa première interview avec une chaîne de télévision. « Le public est ici incroyable » s’empresse-il de répondre.

On a alors envi de se dire que c’est une réponse bateau, le genre de courtoisie inutile dont sont friands nos télévisions. Mais non. Il y a dans le sourire de l’artiste, l’expression d’une sincérité, celle d’avoir vécu, vendredi soir, une expérience musicale et humaine peut-être unique dans sa carrière.

Son concert de fusion avec Hassan Boussou, Jameldeen l’a vécu comme une course poursuite avec un train fou, « a runaway train », celui des gnaoua, dont les codes musicaux sont un défi permanent pour les nombreux artistes internationaux venus à Essaouira.

A l’entendre, il y a de la pureté dans le guembri. « L’instrument agit comme un filtre », explique-t-il. Au fur et à mesure de l’entretien, on comprend que la date souri de son agenda sera marquée d’une pierre blanche.

On comprend aussi que la musique ici joue un rôle social crucial que que l’on a tendance à oublier mais que Jameldeen a saisi dès ses premiers pas à Essaouira.

Elle est au service d’une communauté, qui bien qu’elle se plie le temps d’un festival aux politesses d’usage nécessaires à sa survie économique, n’en n’oublie pas pour autant les vertus socialement thérapeutiques de ce patrimoine.

Bien qu’alterée par quelques pirouettes folkloriques, la spiritualité défend le nid qu’elle s’est bâti dans le cœur des gnaoua. En témoignent les Mlouks qui accompagnent Jameldeen.

« Je les entends me parler, ils sont là. Il me rappelle que j’ai des comptes à rendre ». Ma musique doit être porteur d’un message comme celle des gnaoua.

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