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Brésil: Dilma Rousseff destituée, Michel Temer nouveau président

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Le Sénat s’est prononcé, mercredi à Brasilia, en faveur de la destitution de la présidente Dilma Rousseff, pour maquillage des comptes publics.

Lors d’une séance de vote qui s’est ouverte peu après 11H15 locales, sous la conduite du président de la Cour suprême (STF) Ricardo Lewandowski, 61 sénateurs sur les 81 représentés à la chambre haute du Congrès brésilien, se sont exprimés en faveur de la destitution de la présidente Dilma Rousseff, alors que 20 ont voté contre.

Il s’agit là d’un vote sans surprise étant donné que les sondages des intentions de vote des sénateurs affichaient depuis plusieurs jours des chiffres proches du plancher des deux tiers du Sénat (54 voix) nécessaires à la destitution de la présidente.

A l’issue de ce vote, les sénateurs ont scandé l’hymne national et arboré des drapeaux du pays, tandis que les Brésiliens de la capitale ont accueilli l’impeachment avec un concert de klaxons et des feux d’artifice entrecoupés de slogans comme « Fora Dilma » (Dehors Dilma).

« Aujourd’hui est le jour où 61 personnes, dont beaucoup sont accusées de corruption ou corrompues, ont jeté à la poubelle les votes de 54 millions de Brésiliens », a dénoncé Mme Rousseff sur les réseaux sociaux, quelque minutes après le verdict.

Son avocat José Eduardo Cardozo a de son côté annoncé que la présidente destituée ferait appel de ce jugement devant la Cour suprême.

Contrairement aux attentes, Mme Rousseff n’a pas été déchue de ses droits civiques pendant huit ans comme stipulé par la Constitution brésilienne en cas de destitution, après que sa base alliée ait soumis au président de la STF une demande pour tenir un vote séparé sur cette question.

Cette mesure a été critiquée par bon nombre de sénateurs, qui ont estimé qu’un vote séparé sur les droits civiques de la présidente risquerait de faire précédent et servir les intérêts de personnes comme l’ancien président de la chambre des députés Eduardo Cunha, qui fait lui aussi face à un processus de révocation pour corruption et blanchiment d’argent.

Malgré les réticences, 42 sénateurs ont voté pour que Mme Rousseff conserve ses droits, 36 ont rejeté la proposition et trois se sont abstenus, ce qui permet à Mme Rousseff d’occuper des fonctions publiques.

Michel Temer prête serment en tant que président du Brésil

Suite à la destitution définitive de l’héritière politique de l’ancien président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, Michel Temer est devenu le nouveau président du Brésil.

Ancien vice-président de Mme Rousseff dont il a précipité la chute, l’homme fort du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre droit) a prêté serment au Sénat, lors d’une courte cérémonie d’investiture n’ayant pas dépassé 11 minutes. Il dirigera un Brésil dans la tourmente jusqu’aux prochaines élections législatives et présidentielle fin 2018.

« Je promets de garder, de défendre et de faire respecter la Constitution, obéir aux lois, promouvoir l’intérêt général du peuple brésilien et soutenir l’unité, l’intégrité et l’indépendance du Brésil », a déclaré Michel Temer avant de signer l’acte d’investiture et de quitter le Sénat au milieu des applaudissements de ses alliés.

Le nouveau président du Brésil n’a pas fait de déclarations lors de cette cérémonie conduite par le président du Sénat Renan Calheiros, à l’issue de laquelle il a entamé son premier voyage officiel vers la Chine pour représenter le Brésil au sommet du G20, prévu les 4 et 5 septembre prochain à Hangzhou.

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