Politique

Le parlement adopte l’Acte constitutif de l’Union Africaine

La Chambre des représentants, a adopté à l’unanimité, mercredi lors d’une séance plénière, le projet de loi N° 01.17 portant approbation de l’acte constitutif de l’Union africaine (UA), signé le 11 juillet 2000 à Lomé (Togo) tel qu’amendé par le protocole adopté le 03 février 2003 à Addis-Abeba (Éthiopie) et le 11 juillet 2003 à Maputo (Mozambique).

Présentant ce projet de loi, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Salaheddine Mezouar, a passé en revue des aspects de la reprise de la présence du Maroc au sein de sa famille institutionnelle continentale, soulignant que le Roi Mohammed VI, grâce à la sagesse et à la clairvoyance qui Lui sont connues, a voulu qu’il était temps que le Maroc retrouve sa place au sein de sa famille institutionnelle continentale en adhérant à l’UA.

Cette décision « historique » est le couronnement d’un riche processus de renouvellement des relations du Maroc avec le continent africain et de capitalisation sur la richesse de ses liens multiséculaires avec le continent, qui s’est concrétisé par l’élaboration d’une politique africaine exhaustive répondant à la fois aux aspirations légitimes du Maroc et au renforcement de sa présence continentale et internationale, mais aussi aux besoins de l’Afrique de se réaffirmer en tant que puissance indépendante, acteur entendu et partenaire aspirant à un traitement d’égal à égal dans les relations internationales, a-t-il dit.

Le Maroc a traduit cette approche, conformément aux Hautes orientations royales, à plusieurs niveaux, à leur tête la coopération Sud-Sud qui, érigée crédo de la politique africaine du Royaume, s’est soldée par de nombreux partenariats que le Roi s’est assuré en personne de leur lancement, développement et suivi à travers les multiples visites royales effectuées dans les pays africains frères.

Elle s’est matérialisée également à travers les prises de positions communes, le rapprochement des vues en relation avec les questions régionales et internationales, la participation responsable et sage à la résolution des conflits, la défense de l’Afrique au sein des fora internationaux, la contribution à la sécurisation et la stabilisation du continent et à la diffusion de la sécurité spirituelle et des valeurs du juste milieu, ainsi que l’élaboration d’une politique nationale inédite en Afrique en matière de migration qui a permis à des milliers de ressortissants de pays africains de retrouver leur dignité, a-t-il ajouté.

Il est évident que ce couronnement contribuera à la construction de destins communs entre plusieurs espaces africains en œuvrant au sein de la structure institutionnelle du Continent africain, a souligné M. Mezouar, ajoutant que le Maroc a réaffirmé sa détermination à retrouver sa place naturelle au sein de la famille panafricaine lors du 27-ème Sommet de l’UA tenu du 17 au 19 juillet à Kigali, à travers le message royal adressé aux Chefs d’Etat et de gouvernement africains participant à cette rencontre.

A cet égard, le ministre a rappelé que 28 pays ont exprimé leur soutien à l’approche marocaine, relevant que la présidente de la Commission de l’UA a retardé la diffusion de la demande du Maroc aux membres de l’UA, et ce en violation de la Charte de l’Union.

Il a fait noter que la demande marocaine n’a été diffusée à l’ensemble des membres de l’Union Africaine que le 3 novembre suite à une intervention royale décisive.

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération a fait savoir en outre que le Royaume a entrepris une vaste campagne visant à mobiliser un appui rapide et large à cette demande, ce qui a permis à ce jour d’obtenir plus du quorum requis qu’exige l’acte constitutif de l’UA pour l’admission d’un membre, soulignant que 40 pays soutiennent la demande marocaine.

Il a relevé dans ce sens que le Maroc attend « en toute confiance et tranquillité » la décision qui sera prononcée lors du prochain Sommet africain à l’égard de sa demande d’adhésion, affirmant que le Royaume anticipe en même temps les obstacles que certaines parties tentent de dresser pour entraver l’initiative marocaine. C’est dans ce cadre que s’inscrit initiative d’accélérer les procédures internes relatives à l’approbation de l’acte constitutif de l’Union africaine, a ajouté M. Mezouar.

Il a indiqué que cette décision, outre son caractère proactif, va priver les adversaires du Royaume d’une carte de pression qu’ils tenteront d’utiliser pour retarder le processus d’adhésion du Maroc au sein de sa famille institutionnelle, insistant sur le fait que la détermination du Royaume de reprendre sa présence au sein de l’Union africaine se fait dans le respect total de la légalité.

Le ministre a conclu que l’adoption du projet la loi portant approbation de l’acte constitutif de l’UA n’est pas uniquement un acte procédural, mais une décision politique qui émane de la confiance du Maroc dans les sages frères africains, et constitue aussi un message diplomatique claire quant à l’unité nationale et au sérieux du Royaume dans ses initiatives visant l’activation de son intégration à l’UA, lors du prochain sommet prévu fin janvier à Adiss-Abeba, et ce en application des Hautes orientations royales.

Les interventions des différents composantes de la Chambre de représentants, groupes et groupements parlementaires, ont été unanimes à souligner que l’adoption du projet de loi portant approbation de l’acte constitutif de l’UA, lors de la première séance plénière de la Chambre, constitue une étape historique par « excellence » qui illustre la communion nationale au service de l’intérêt supérieur de la patrie, ajoutant qu’à travers cette adoption, les députés envoient un message par lequel ils réaffirment qu’ils sont mobilisés derrière le Roi pour la défense de la Cause nationale.

A signaler que la Chambre des conseillers tiendra, jeudi, une séance plénière consacrée à l’examen et au vote de ce projet de loi portant approbation de l’acte constitutif de l’UA.

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