Sciences

Découverte des plus anciens Homo sapiens au Maroc

Des restes d’Homo sapiens mis au jour au Maroc, vieux de 300.000 ans, font reculer de 100.000 ans les origines de notre espèce, selon deux études publiées mercredi dans la revue Nature. « Cette découverte représente la racine même de notre espèce, l’Homo sapiens le plus vieux jamais trouvé en Afrique ou ailleurs », explique le Français Jean-Jacques Hublin, directeur du département d’Évolution humaine de l’Institut Max Planck à Leipzig (Allemagne) et coauteur des travaux.

Une équipe internationale a mis au jour des restes d’Homo sapiens primitifs, datant d’environ 300.000 ans, associés à des outillages de pierre et des restes de faunes à Jbel Irhoud dans la province de Youssoufia (région de Marrakech-Safi), a annoncé mercredi l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine.

Les fossiles humains, découverts par la méthode de thermoluminescence par une équipe codirigée par le professeur Abdelouahed Bennacer de l’Institut national d’archéologie et du patrimoine et le professeur Jean-jacques Hublin de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire (Leipzig, Allemagne) et du collège de France (chaire de paléoanthropologie), datent d’environ 300.000 ans et représentent les plus anciennes traces de notre propre espèce, connues à ce jour, a indiqué l’institut dans un communiqué.

Leur âge est de 100.000 ans supérieur à celui des plus anciens Homo sapiens connus jusqu’à présent, a précisé le communiqué, notant que ces découvertes font l’objet de deux articles dans le numéro du 8 juin 2017 de la revue Nature.

Le site de Jbel Irhoud est connu depuis les années 60 pour avoir livré des fossiles humains et des outillages du « Middle Stone Age » (Paléolithique moyen), a fait savoir la même source.

« Cependant, l’interprétation de ces fossiles a longtemps été obscurcie par l’imprécision persistante qui entourait leur âge géologique », a expliqué l’institut. Les nouvelles fouilles, entreprises dans le site à partir de 2004, ont livré de nouveaux fossiles d’Homo sapiens in situ, dont le nombre est passé de 6 à 22, faisant de Jbel Irhoud le plus ancien et le plus riche gisement africain du « Middle Stone Age » qui documente la première phase évolutive de notre espèce.

A Jbel Irhoud, les fossiles humains sont associés dans les dépôts archéologiques à des restes d’animaux chassés, au premier rang desquels figurent des gazelles.

Les outils de pierre, qui appartiennent au « Middle Stone Age », montrent l’utilisation de la technique de débitage dite « Levallois », qui caractérise cet âge, avec une dominance de pointes, a noté le communiqué, ajoutant que ces outils ont été fabriqués avec du Silex de bonne qualité importé dans le site.

Les bifaces et d’autres types d’outils, couramment présents dans des sites plus anciens, sont absents.

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