Essaouira, vingtième transe gnaouie pour un festival pionnier

0
Devenue le lieu mythique de la transe gnaouie, la place Moulay Hassan a accueilli, jeudi soir, la première partition du Festival d’Essaouira qui, cette année, célèbre sa vingtième édition.

« Vingt ans, c’est long chemin », se félicite Neila Tazi, fondatrice du festival. « Ceux qui l’ont vu naitre savent par quoi on est passé pour pérenniser ce projet », ajoute-t-elle. « Le paysage culturel marocain s’est transformé grâce à ce festival. Il est important de savoir d’où nous venons ».

En effet, il y a vingt ans naissait sous les alizés d’une ville oubliée, un projet fou. Essaouira accueillait un évènement culturel d’un genre tout nouveau. Loin des rébarbatives semaines culturelles organisées par les collectivités locales, quelques passionnés s’étaient mis en tête d’organiser, loin des grands centres urbains, une sorte de moussem des temps modernes.

L’idée était d’abord de ressusciter la culture ancestrale des gnaouas, descendants d’esclaves venus d’Afrique noire, longtemps ignorés et classés dans les tiroirs des curiosités folkloriques.  Il s’agissait ensuite de proposer à de jeunes artistes urbains, à la fois occidentalisés et jaloux de leur culture, un espace d’émancipation.

Vingt ans plus tard, l’objectif est atteint puisque le festival Gnaoua et musique du monde a permis d’offrir à l’art gnaoua une renaissance inespérée. Mieux encore, les puissantes pulsations du guembri, l’instrument fétiche des gnaouas, ont fait des adeptes partout le monde.

Le festival d’Essaouira revient donc pour une vingtième messe Gnaoua avec une pointe de nostalgie et comme à l’accoutumée l’indémodable fusion proposée à profusion.

On retiendra de cette programmation plusieurs fusions teintées de nostalgie à l’image de la résidence créée par le Maâlem Abdeslam Alikane et Ray Lema, ou encore de la collaboration entre Loy Ehrlich et Band of Gnawa. Comment parler nostalgie sans évoquer Amazigh Kateb et son Gnawa Diffusion qui reviendront faire vibrer les remparts pour une troisième fois.

Mais le moment fort du festival sera incontestablement la montée sur scène de Lucky Peterson dont le blues légendaire va côtoyer les puissantes pulsations de Maalam Mustapha Baqbou.

Les festivaliers pourront enfin découvrir en live la sublime voix d’Ismaël Lô, star des disquaires souris. On notera par ailleurs le rendez-vous avec le jazz aérien de Bill Laurance et les rythmes endiablés de Carlinhos Brown.

Cette vingtième édition sera aussi l’occasion de présenter plusieurs résidences spécialement conçues pour la vingtième, comme le mariage entre le soufisme indo-pakistanais et la tagnaouite proposé par Titi Robin, ou le voyage de Guinée à Sidi Ali Ben Hamdouch créé par le Maâlem Hassan Boussou et ses compagnons.

Share.

About Author

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :